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Parfois, trop lire de guides peut être un inconvénient.
Dans l'un d'eux, on nous signalait les dangers animaux et végétaux : parmi les 10 espèces de serpents, dont le boa constrictor bahamien et le boa pygmée, aucune n'est venimeuse.
Pas de problème, donc ! Mais la veuve noire, que tout Parisien reconnaît facilement à sa couleur noire et une tache rouge en forme de sablier sur le dos, en revanche, est redoutable.
Nous n'en avons jamais vu, non plus que des grenouilles arboricoles cubaines, venimeuses, naturellement...
En fait, ce qu’on voit surtout, ce sont les papillons, dont il existe ici 90 espèces différentes, et les oiseaux, surtout marins : hirondelles volant au ras des flots, élégants phaétons blancs, aigrettes suspendues dans le ciel ou posées à la cime d’un arbre, hérons, pélicans, perroquets, flamants roses…
Comme on dit aussi qu'il ne faut pas se promener seul la nuit à Nassau (Bon sang, James Bond, tu ne lis jamais les guides touristiques ?), on se demande ce qui est le plus à craindre : l'homme ou l'animal ?
Eh bien, pour être franc, notre séjour a été enchanteur : ni méchante bestiole, ni vilain coquin : tout ne fut que luxe, calme et volupté, sous l'enchanteur climat des Tropiques....
Les plages s'étendent en arc de cercle à perte de vue, blanches ou roses, et la mer efface sur le sable les pas des nageurs émerveillés.
La température de l'eau est comprise entre 25 °C en hiver et 30 °C en été : c'est un plaisir d'y entrer sans réfléchir, de s'y prélasser ou de se prendre pour Esther Williams, la belle sirène !
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Sable blond, eau turquoise et végétation caribéenne : ce sont les Bahamas ! | |
On comprend l’émerveillement de premiers Européens qui se sont installés ici. Les Britanniques qui ont découvert le site à la fin des années 1600 y ont fondé un fort et une ville baptisée Charlestown, en l’honneur du roi Charles.
On se souvient alors que la majorité de la population était constituée de corsaires et de pirates, qui y avaient instauré la "Privateer's Republic", du nom des navires commandés par des capitaines indépendants.
Après la destruction de la ville en 1703 par une flotte franco-espagnole, Edward Teach, le fameux Barbe Noire, s’en est instauré le magistrat. Mais en 1714, le traité d'Utrecht déclarait les pirates hors la loi. Cela ne les a nullement empêchés de continuer à attaquer les navires de toute nationalité et de piller les villes et les plantations des Caraïbes pendant encore un siècle.
Néanmoins, en 1718, la Grande-Bretagne a fait des Bahamas une colonie et y a nommé l’ancien corsaire Woodes Rogers premier Gouverneur Royal. C’est lui qui a chassé les pirates de Nassau, a restauré la loi et l’ordre, et édifié le fort. C’est lui qui a inventé la nouvelle devise du pays : "Expulsis Piratis - Restituta Commercia" (pirates expulsés, commerce restauré).
La ville a pris alors le nom de Nassau, en l’honneur de William, prince d’Orange-Nassau et successeur au trône d’Angleterre.
Mais avec la disparition des pirates, les îles perdaient leur principale source de revenu. Les habitants ont survécu en chassant les tortues ou en exploitant le sel, mais surtout en provoquant le naufrage des bateaux croisant dans leurs eaux jusqu’à la magnifique invention du tourisme, qui représente aujourd’hui 60% des revenus du pays !
Nous jouons les Robinson de luxe au coeur du parc du Club Med, niché dans une verdure de plus d'une centaine d'espèces de plantes exotiques.
On trouve, en effet, plus de 1 370 espèces végétales dans l'archipel, dont l'acajou des Bahamas, qui fait partie des 120 espèces indigènes. Le parc nous en offre une bonne partie : frangipaniers odorants, pins, gommiers, flamboyants, catalpas, palmiers de toutes sortes et de toutes hauteurs, sous-bois de fougères…
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Au cœur de la verdure, quelques bâtiments anciens nous font rêver. | |
Au bord de l’eau, sous le vent, à l'ouest, on a gardé la bordure de palétuviers, seuls arbres à pouvoir survivre les racines plongées dans l'eau salée.
Les fleurs abondent autour de nous. Orchidées, cannas, lis, roses porcelaine, allamandas, hibiscus, forment des massifs colorés, et les bougainvilliers, la passiflore ou l’aristoloche grimpent à l’assaut des arbres, des murs ou des maisons.
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Un vieux cloître, sous les palmiers et les acajous. | |
Quelques bâtiments anciens ajoutent le charme des vieilles pierres à cette végétation luxuriante : les ruines d’un vieux cloître, un bassin de pierre où flottent les nénuphars, une maison coloniale géorgienne aux tons pastels souvenir de ces époques héroïques.
Elle a servi de décor aux rencontres de Deneuve et Montand pour le Sauvage, et apparaît dans plusieurs autres films.
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Le parc dessine ses allées à l'ombre des grands arbres . | |
Quant aux couchers de soleil, ils se dégustent à bord d'un voilier, un verre de champagne à la main, sous des harmonies de musique classique.
On longe, sur la côte, les villas de quelques richissimes célébrités (qui ne sont pas là, évidemment !) et on rentre ensuite à l'hôtel profiter des spécialités bahamiennes.
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Comment mieux apprécier le coucher du soleil que du pont d'un voilier ? | |
Qu'elle soit d'origine indienne, française, italienne, chinoise, la cuisine des Iles Bahamas est très variée. Les spécialités culinaires locales sont intéressantes : le Peas'n Rice est le plat national. Il est composé de porc cuisiné avec des oignons, du céleri, des tomates, du riz et des pois.
Les produits de la mer se dégustent aussi sur l'ensemble de l'archipel. Cotriade de conques (ce consommé associe la conque, la tomate, le porc, les légumes et les herbes), salade de conques, conques grillées... La conque est sûrement le fruit de mer le plus cuisiné dans ces îles.
Les nombreux poissons sont délicieusement préparés et surtout les langoustes, qu'on appelle indifféremment crayfish ou lobster (lobster veut théoriquement dire homard, mais les homards n'existent pas dans ces eaux...).
A la fin du séjour, on quitte à regret la magie des Tropiques : paysages enchantés, galeries de bois ouvragé et cocotiers..

