Le Pic du Corcovado




 

 

Ce matin, nous allons monter au Corcovado pour admirer la statue du Christ Rédempteur, une figure emblématique de Rio de Janeiro.

 

 


 

le Bondinho moderne, rouge, et l'ancien, vert

Le Christ domine la ville du haut de ses 710 m et, lorsqu’il fait beau, la vue sur Rio offre d’autres perspectives que celle du Pain de Sucre qui lui fait face.

Le nom de Corcovado est une déformation du mot « bossu » en portugais (corcova) et décrit bien la forme de la colline.

Nous allons y monter par le chemin de fer à crémaillère, comme 600 000 personnes le font chaque année. Nous prenons le funiculaire, le Bondinho, à la station du "Bonde do Corcovado". Inauguré en 1884 par Dom Pedro II, il nous promène à travers la forêt de Tijuca, que l’on dit être la plus grande forêt urbaine au monde. Elle occupe 20% de la surface de la ville et descend presque jusqu’au centre. Plusieurs sentiers la traversent et mènent à plusieurs pics dont un de 1082 m, le Pico da Tijuca.

Quant à nous, nous passons successivement au milieu de belles maisons, de favelas plus tassées et d’un bois à l’allure sauvage et romantique. En 20 min, la balade est agréable et permet de reconnaître quelques essences exotiques signalées par des pancartes sur les arbres.

en route vers l'aventure

 

croisement dans la forêt

l'armée nous surveille, une beauté carioca !

 

 


le Corcovado vu de la ville

 

contre-jour en contre-plongée

Lorsque nous quittons la station, il fait beau. Beau toujours lorsque nous arrivons au pied de l’ascenseur réalisé en 2003 par le Français Otis (décidément !) qui nous mène à la dernière plate-forme, mais… le Christ est dans la brume à partir du socle : quelle déception !

Nous en profitons pour recueillir quelques chiffres : sur un socle de 8 m, le Rédempteur est haut de 30 m, ses mains étendues couvrent une envergure de 28 m, il pèse 1 145 tonnes avec le socle, 800 tout seul, (chaque main pèse 8 tonnes pour 3,20m) et 56 piques dressées sur sa tête comme une couronne d’épines sont autant de paratonnerres…

De style Art Déco, il a été projeté par l’ingénieur brésilien Heitor Silva Costa et c’est le sculpteur français Maximilien Paul Landowski qui l’a exécuté : Cocorico !

petit à petit, le Rédempteur se révèle à nous

 

 


 

l'attente dans les nuages

Après 5 ans de travail, en 1931, il a été monté par morceaux, mis à plat sur la plate-forme et remonté en volume : c’est la technique de l’anastylose.Il a été classé monument historique en 1973.

On fait le tour de la plate-forme, on cherche la vue sur Rio : peine perdue, on est juste dans le nuage. On en profite pour taquiner les singes cachés dans les arbres d’une des terrasses.

Mais, depuis quelques minutes, un petit vent s’est levé, et les multiples spectateurs restent le nez en l’air, poussant une exclamation de joie chaque fois qu’une déchirure se produit dans la brume et qu’on aperçoit un détail du Christ.

Les nuées s’effilochent au fur et à mesure de notre attente. Il est amusant de voir tous les spectateurs, massés sur le belvédère extérieur, lever d'une seule main leurs appareils et essayer de mitrailler, dans un ensemble parfait, le Rédempteur à chaque trouée de ciel bleu... mais le temps d'appuyer et un nuage malicieux est revenu !

Enfin, après 25 à 30 mn d'attente de plus en plus fébrile, des successions de "Ho !" et de "Ha !" internationaux, nous poussons un dernier cri général : nous sommes au milieu de l'azur le plus pur, le Seigneur est là, en majesté, face à nous, les mains ouvertes pour nous bénir. L’émotion est perceptible, la vue est belle à couper le souffle.

le Christ en majesté

 

 

un visage très épuré

la finesse des mains est étonnante

 

 


 

Le premier choc passé, chacun le mitraille à qui mieux mieux… mais le beau temps persiste, et nous en profitons tout notre saoul. Le paysage, en bas, s'est légèrement découvert et nous voyons des endroits différents de ceux du Pain de Sucre. Nous dominons, par exemple, les morros qui créent des trouées vertes dans le paysage. Face à nous, la lagune Rodrigo de Freitas, ancien lac naturel dont l'eau douce a été remplacée par de l'eau de mer pour éradiquer la malaria, puis le champ de courses et le jardin botanique qui nous attend ensuite.

Lorsque nous devons reprendre le funiculaire, nous avons les yeux pleins de ce spectacle. Les gens parlent en toutes les langues, et chacun s’adresse des sourires, on a eu l’impression de vivre un moment unique !

Pour nous remettre de nos émotions, notre guide nous dit qu’avec ses bras ouverts, le Christ personnifie l’accueil et l’hospitalité de Rio, mais les mauvaises langues assurent qu’il attend, en fait, que les joyeux Cariocas se mettent enfin à travailler pour les applaudir !

Une fois redescendus en bas de la colline, nous faisons emplette de quelques souvenirs et partons déjeuner. Une churrascaria nous attend avec ses buffets variés et ses viandes délicieuses…