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Ce soir, nous franchissons le Saint-Laurent pour passer la soirée dans l’Île d’Orléans et dîner dans une Cabane à sucre.
Cette île, à vocation agricole, est celle de Félix Leclerc, qui nous a quittés le 08/08/88 à 8h du matin…
Nous longeons, dans une ambiance très verte, des fermes, de petits comptoirs, des vignes de vin de glace. C’est d’ailleurs à cause de ces vignes que Jacques Cartier l’avait d’abord nommée « Îsle de Bacchus » en 1635 !
Les fermes des descendants des premiers colons français sont aussi belles que les résidences secondaires (et aussi chères que prisées), avec leurs toits multicolores, leurs pelouses, leurs parterres fleuris et leurs arbres majestueux.
La cabane à sucre, l'érablière, est incontournable dans le folklore québécois.
La grande période de ripailles en ces endroits est en mars-avril, lors du dégel, mais on peut néanmoins se « sucrer le bec » toute l’année dans quelques érablières.
Lorsque nous arrivons, la nuit tombe sur la forêt, ce qui donne un petit côté merveilleux à l’ambiance.
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La cabane à sucre | Le produit de base : le sirop d'érable |
Nous sommes accueillis par un des maîtres du lieu qui va tout nous expliquer sur la fabrication du sirop d’érable pendant que les cuisiniers s’affairent aux fourneaux.
A la fonte des neiges, au printemps, donc, on perce l’érable à sucre d’un petit trou.
Auparavant, on mettait dans cet orifice un petit chalumeau de 5 cm de long, une gouterelle, juste au-dessus d’un seau (la chaudière) qu’on devait relever fréquemment.
Maintenant, on perce l’arbre, et on y adapte un long tuyau fin en plastique directement relié à la cabane et aux ordinateurs de pesée.
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Les explications concernant la récolte du jus d'érable | La récolte du jus, à l'ancienne |
Au moment du dégel, le matin, après une nuit encore froide, de l’eau se forme à l’intérieur de l’arbre et s’écoule, entraînant la sève.
Il faut, pour cela, une grosse différence de température entre la nuit et le jour pendant plusieurs jours pour recueillir assez de jus.
Lorsqu’on en a suffisamment, on fait bouillir l’eau. Il faut 40 litres de jus pour obtenir 1 litre de sirop, ce qui en explique le prix !
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Le sirop d'érable | L'érable généreux : gelée, confiture,bonbon... |
Le sirop, encore chauffé à feu doux, puis malaxé, devient du "beurre d’érable", c’est-à-dire une pâte.
Le produit est impossible à distiller (hélas), mais on peut l’ajouter à divers alcools pour obtenir de délicieuses boissons…
Si on coule le beurre dans un moule et qu’on y plante un bâton, on obtient une sucette, non, un "suçon " !
On peut aussi le déposer chaud sur de la neige et l’enrouler autour d’un bâtonnet pour le déguster.
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L'ambiance d'une cabane à sucre au Canada, sous la houlette du chansonnier | |
On mange une "tire sur la neige", ce que nous ferons à la fin du repas…
Un arbre est exploitable entre 40 et 200 ans, puis devient bois d’ébénisterie, fort cher et fort prisé.
Tout ça donne envie : on passe donc par le magasin qui nous offre ses merveilles : sirop, beurre, suçons, bonbons, gelées, confitures… on prendrait bien tout !
Il est temps d’entrer dîner. La cabane est grande, et dans un angle, un "chansonnier" s’installe.
Toute la soirée, il nous régalera d’airs populaires en s’accompagnant d’une guitare et de cuillères musicales.
Les longues tables sont dressées, il fait bien chaud.
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Le repas roboratif du trappeur | La bonne soupe aux pois |
Nous commençons par siroter un verre de caribou (vin, alcool et sirop), ce qui contribue à l’animation !
C’est servi avec des oreilles de crisse (du lard très fin et frit), que nous trouvons un peu raide. Le manque d’habitude, peut-être ?
Les plats sont préparés à l’ancienne et servis à volonté.
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Les suçons d'érable | Les sucettes "à la tire" |
Ce soir, nous dégustons successivement de la soupe aux pois, des fèves au lard, de la tourte à la viande, du jambon à l’érable et nous finissons, évidemment, par des crêpes au sirop d’érable…
On n’aurait pas pu, en plus, ingurgiter d’autres merveilles culinaires, telles que pot-en-pot, poutine, cipaille, ragoût de pattes, pouding-chômeur, queues de castor…
Nous en retrouverons quelques-unes au cours de nos pérégrinations…
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La dégustation des tires | Les tires en gros plan ! |
Le repas est roboratif, mais pas terminé : nous sortons, sans ressentir la fraîcheur, et finissons par des sucettes de tire d’érable, coulées sur une neige qui a miraculeusement survécu à l’été.
Merveille du goût et de la technologie mélangés !



