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Au Nord de Québec, nous allons voir les Chutes Montmorency en passant par la route historique de la Nouvelle-France, le "Chemin du roy", la première route carrossable d’Amérique du Nord qui longe le St-Laurent.
Nous apercevons le bout de l’Île d’Orléans. Ici aussi, les toits sont de couleurs vives, qui permettaient au voyageur, de retour d’Europe, de reconnaître sa maison du bateau qui le ramenait.
A propos de l’Île d’Orléans, Sophie nous raconte une amusante anecdote.
Pour l’apprécier à sa juste valeur, il faut savoir qu’il n’y a qu’un pont, superbe, qui la relie à la rive. Le pont Montmorency, qui jette ses 1 800m de longueur au-dessus du St-Laurent depuis 1935.
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Vers l'Île d'Orléans | La petite passerelle, face aux chutes de Montmorency |
Auparavant, c’était un pont de glace qui, en hiver, était le seul point d’entrée de l’île.
Or donc, il y a quelques années, des malfaiteurs particulièrement éveillés ont cambriolé une banque sur l’île.
Prévenue à temps, la police n’a plus eu qu’à les attendre à la sortie du pont… Il y a des cambrioleurs futés, et les autres !
On aborde les chutes du Boulevard Sainte-Anne, qui nous en donne un bel aperçu.
On dit « les chutes » car il y en a deux.
La grande, la vraie, la belle, et une autre à côté, toute fine, le "Voile de la mariée", aussi nommée "la chute de la Dame blanche". C’est la première qu’on voit en arrivant.
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Le voile de la mariée, de jour | La Dame blanche, de nuit |
Elle doit son nom, évidemment, à une belle légende.
Deux jeunes gens s’aimaient d’amour tendre. Ils se promirent de s’épouser dès que possible, tout de blanc vêtus.
Malheureusement, dans la nuit du 13 au 14 septembre 1759, Le général James Wolfe venait traverser le St-Laurent pour gagner la bataille des Plaines d'Abraham...
Les Québécois livrèrent farouchement bataille aux Anglais, mais ils furent vaincus et le jeune homme y périt.
La jeune fille l’a retrouvé mort, le lendemain matin, au pied de la cascade.
Depuis, les nuits de pleine lune, surtout si on a un peu abusé du caribou, on voit la pauvre fiancée chercher son promis au pied de la cascade…
Quant à la grande chute, elle fait la fierté des Québécois, car, avec ses 83m, elle dépasse de 30m celles de Niagara.
Mais elle n’est pas très large et on doit s’y attarder pour mieux l’apprécier.
Face à la chute, en bas, un bâtiment abrite une exposition permanente et sert de départ au téléphérique qui mène au sommet. On peut aussi gravir à pieds l’escalier panoramique de 490m ou le pont suspendu qui la surplombe : nous n’y manquerons pas !
Un petit pont pédestre passe au-dessus du bassin et mène à la promenade et aux escaliers.
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Le bassin face à la chute | La marmotte des chutes Montmorency |
Une rencontre amusante : bien blottie au bord de son terrier, une marmotte nous regarde passer, affairée. Elle prépare son hiver en mangeant frénétiquement herbe, feuilles et fleurs sans se soucier des touristes.
C’est une marmotte commune américaine (marmota monax), assez solitaire, qu’on appelle ici « siffleux » et « groundhog » (porc de terre) ou « woodchuck » côté anglais.
Elle attendra, bien au chaud, le 2 février : ce jour-là, le « jour de la marmotte », (groudhog day), elle annoncera, par son attitude à midi, un printemps tardif ou précoce.
Face à la chute, la vue est belle : nous voyons l’ensemble du cirque creusé par la chute et la falaise rocheuse qui l’entoure, surmontée de bois touffus. Mais attention aux embruns, un peu frais en cette période de l’année !
En haut, vers la gauche, pas loin de l’arrivée du téléphérique, une maison blanche émerge du parc supérieur. C’est la Maison Montmorency, qui abrite un musée de la chute et un restaurant réputé.
Nous repassons ici de nuit, car la chute est illuminée. En été, elle est même le lieu idéal de beaux feux d’artifice.
En hiver, des photos nous l’ont montré, les côtés de la chute gèlent et forment une sorte de pain de sucre géant, très pittoresque sous les projecteurs.
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La chute Montmorency, de nuit | La chute Montmorency, spectaculaire |
Des alpinistes en tentent l’escalade, et la base devient une piste de luge où se pressent les intrépides…
Il offre un autre point de vue sur les chutes : une balade dans le Parc de la Chute nous mène, par un joli sentier en sous-bois, au pont suspendu qui la surmonte.
L’impression est vertigineuse.
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La chute Montmorency vue du pont | Le pont suspendu, au-dessus des remous |
Nous sommes à quelques mètres à peine au-dessus du point de chute. Le bruit est assourdissant, l’eau qui court furieusement sous nos pieds entraine nos esprits.
De l’autre côté du pont, des escaliers nous mènent à quelques belvédères et terrasses d’ou la vue est spectaculaire.
Ils mènent aussi à la Maison Montmorency, qu’on appelle aussi Kent House, parce que le duc de Kent, père de la reine Victoria, y a habité de 1791 à 1794.
Mais la nuit tombe peu à peu, l’heure devient mélancolique et nous devons poursuivre notre périple.
Nous abandonnons à regret la chute et sa Dame blanche que nous n’avons pas eu l’honneur de rencontrer.



