Vous êtes ici > Carnets-et-voyages > Le Canada > Un vol en hydravion au dessus de la Mauricie
De bon matin, nous quittons Montréal où nous reviendrons dans quelques jours et nous suivons de grandes routes et autoroutes, bien rectilignes, où circulent de grands camions rutilants, le long de grands bois ou de grandes cultures.
Sophie, notre Canadienne "pure laine" a raison, ici, tout est grand !
La circulation est fluide, les phares sont allumés, la vitesse ne dépasse pas 100 km/h, on a bien le temps de profiter du paysage.
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Les beaux camions, le jaune | Les beaux camions, le rouge |
Nous arrivons près de Verthierville, qui est la ville des Villeneuve, les coureurs automobiles.
La région est très plate. Elle a été formée par le recul des grands glaciers de la préhistoire, dont le seul souvenir "liquide" est le St Laurent, dont le lit occupe la grande faille sismique qui coupe la province.
Sa profondeur, qui peut aller jusqu’à 400m, explique l’amplitude des marées, qui peut varier de 8m à Québec.
En plus des cinq grands lacs qui se déversent l’un dans l’autre, il reste, de la « Mer de Champlain » initiale, plus de 30 millions de lacs au Canada, presque un par habitant !
C’est la rivière Saint-Maurice qui lui a donné son nom. Elle remonte jusqu’au Lac St-Jean, bien plus au Nord.
Il n’y a, en fait, qu’une seule rivière ici, mais elle se divise en trois bras, d’où son nom. Elle était, au XIX°s, couverte de bois de flottaison à l’infini.
Nous sommes, en effet, dans une vieille région de bûcheronnage, de scieries et d’usines de pâte à papier.
Et pourtant, Trois-Rivières n’est pas née avec la pâte à papier, dès 1610 on y pratiquait la traite des fourrures entre les Indiens, les Blancs "coureurs de bois", les missionnaires et les soldats de la Nouvelle France.
Les maisons sont bien isolées. Elles ont de magnifiques toits de couleurs vives, qui datent des Français. Lorsqu’ils revenaient de la mère patrie en remontant le fleuve, ils pouvaient la reconnaître de loin depuis le bateau.
La tradition s’en est gardée : rouge, bleu, vert, jaune, ça met de la couleur en hiver sur la neige et permet de les repérer dans l’uniformité blanche.
Nous longeons aussi quelque fermes laitières dont on ne voit pas les « travailleuses » : elles vivent en général à l’étable.
Nous apprenons avec surprise qu’on fait plus de 265 sortes de fromage au Canada, mais on ne nous les sert pas au restaurant : qu’en fait-on, alors ?
Le lac est là, sous nos yeux, illuminé par le soleil.
Plusieurs hydravions attendent ou tournent. Ce sont des appareils de type « beaver » (castor), dont la capacité va de 4 à 7 personnes suivant la taille.
Nous formons de petits groupes et montons à bord.
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Notre hydravion nous attend pour survoler la Mauricie | Le pilote chaleureux lors du vol au dessus de la Mauricie |
Le pilote nous accueille, accompagné de sa blonde : une petite danseuse hawaïenne de quelques centimètres qui joue de l’ukulélé sur le tableau de bord.
Bien harnachés, nous décollons et commençons à survoler lac et environs.
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La blonde nous protège durant le vol au dessus de la Mauricie | Des champs bien ordonnés en Mauricie |
On survole longuement une forêt très dense. Les arbres sont encore verts, mais quelques-uns commencent à prendre les teintes or ou rouge de l’automne.
Sophie nous a donné le nom de quelques essences, en majorité des conifères, épinette noire, sapin baumier, mélèze, pin gris, et feuillus : saule, érable, hêtre, bouleau jaune, chêne rouge …
Ceux qui rougissent le plus sont les érables à sucre (dont la population est estimée à 7% des arbres canadiens), emblèmes du Canada, que nous rencontrerons plus en détail un autre jour.
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La forêt passe au rouge en Mauricie | Reflets du ciel dans le lac en Mauricie |
Nous survolons aussi une myriade de petits lacs : lac à la Pêche, lac du Canard, lac des Piles, lac à la Perchaude, lac Isaïe, lac Gabriel...
Quelques-uns abritent des maisons et leur marina, des champs cultivés au cordeau, une rivière où voguent de blancs voiliers.
Elle nous mène vers une ville industrieuse, alimentée par la chute et le barrage hydroélectrique de Shawinigan. Il fournit son énergie aux usines de pâte à papier, les maisons se pressent aux alentours.
Plus loin, à Trois-Rivières, un quartier calme et résidentiel entoure une ravissante église en briques roses, au clocher et aux clochetons d’un blanc lumineux.
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L'industrie du papier en Mauricie | Les villes, le long des routes en Mauricie |
C’est l’église anglicane St-James, à l’origine église du couvent des Récollets. Elle domine la rue des Ursulines, dont les jolies maisons à toits pentus sont tout ce qui reste de la vieille ville des XVII° et XVIII° siècles, après le grand incendie de 1908.
Les jardins, aux alentours, sont vastes et arborés. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et désert vivant : un seul piéton semble bien isolé, dans la rue…
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Des lacs par milliers en Mauricie | Un bel amerrissage sur le lac à la tortue en Mauricie |
Au bout d’une vingtaine de minutes, nous rejoignons notre lac, les yeux pleins de couleurs. Nous repassons sur la forêt avant d’atterrir, heu, pardon, d’amerrir dans de grands tourbillons d’écume.
C'est malheureusement fini, mais nous garderons le même souvenir ébloui que lors de notre survol en avion de la baie des cochons à Cuba, en hélicoptère au dessus de Rio de Janeiro, du Grand Canyon du Colorado, ou plus récemment aux chutes du Niagara au Canada : le monde des airs est un domaine enchanté…
Un grand merci à notre pilote et nous laissons la place aux suivants…



