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C’est en soirée que nous arrivons à Niagara Falls, découvertes en 1675 par le père jésuite Louis Hennepin. Les chutes ne se voient pas tout d’abord. Elles sont en contrebas, dans une faille.
C’est la Niagara River qui, depuis 12 000 ans, a creusé et élargi les chutes, tout en les reculant d’une dizaine de km.
Sophie, notre guide, nous dit que le nom, « Niagara », vient d’un mot iroquoien « Onguiaahra », qui signifie « le détroit ». Anglicisé par les missionnaires, ce nom apparaît sur les cartes dès le XVII° siècle.
On dit « les chutes » car, au milieu, une île, Goat Island, en territoire américain, sépare la rivière en deux bras, créant en tout trois cataractes.
A l’est de l’île, l’américaine (American Falls) nous offre ses 56 m de hauteur sur 375 de large. A ses côtés tombe le « voile de la mariée » (Bridal Veil Falls), mince et droit.
A l’ouest de l’île, voici la canadienne, plus petite de deux mètres, mais deux fois plus large, puisqu’elle s’étend en arc de cercle sur 675 m. C’est le « fer à cheval », la Horseshoe Falls.
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Toute proche des chutes, la ville de Niagara | Les chutes américaines et le Voile de la Mariée |
La première impression est surprenante.
Nous avons quitté notre véhicule et longeons la promenade. Au fur et à mesure que tombe la nuit, les chutes s’illuminent. Stupeur : de puissants projecteurs les colorient de tons vifs et moirés. Bleus, roses, jaunes et oranges se succèdent.
L’idée est de « faire entrer le spectateur dans un monde de rêves » (prospectus officiel). N’est-ce pas, quand même, détourner un peu le spectacle de la nature ?
Au milieu de ses deux grandes soeurs, la petite chute du Voile de la mariée semble bien fluette : c’est alors que Sophie, notre guide, nous conte une bien belle histoire.
Il existe deux versions de la légende, qui diffèrent par quelques points : Toutes les deux, nobles et magnifiques, mêlent les hommes aux esprits de la nature.
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Les chutes américaines de nuit, blanches puis multicolores | |
Ici vivait le grand chef Iroquois Ongiara (« Tonnerre de l’eau ») avec sa tribu. Le sort s’acharnait sur eux, les offrandes de fruits et de fleurs ne stoppaient pas la mort inexpliquée des braves Indiens.
Désespérés, ils durent sacrifier la belle Lelawala, la fille du chef, au dieu du tonnerre, Hinum, qui vivait sous la chute.
Vêtue d’une tunique de daim blanc, coiffée de fleurs sauvages, elle monte dans un blanc canoë et plonge dans le courant. Lorsqu’elle arrive au palais du dieu, séduit par elle, il lui apprend qu’un serpent gigantesque empoisonne le fleuve pour dévorer les morts de la tribu : elle peut, en songe, avertir son peuple qui le tue.
En mourant, il se crispe en arc de cercle, donnant aux chutes canadiennes une forme de fer à cheval
Selon d’autres sources, c’est parce qu'Ongiara, son père, voulait marier sa fille, la belle Lelawala, à un vieillard de ses amis, alors qu’elle aimait en fait le dieu Hinum, qu’elle dut s’exiler sur son blanc canoë.
Elle partit alors dans les rapides et disparut dans les chutes.
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Les couleurs des chutes canadiennes, de nuit. | |
Dans les deux cas, rassurons-nous, Hinum l’a rattrapée lorsqu’elle tombait et depuis, ils vivent leur amour, réfugiés sous les chutes.
Disparue à jamais ? Non. Ne dit-on pas, les soirs de pleine lune, qu’on voit la blanche jeune fille pagayer sur la rivière ?
N’est-ce pas elle qui a soutenu et sauvé le jeune Roger Woodworth avant que le bateau de croisière ne le récupère ?
En 1960, âgé de 7 ans, équipé d’un gilet de sauvetage, il voguait sur la Niagara River avec son père et un ami. Ils sont pris dans les rapides et coulent.
Le père et l’ami se noient, mais le garçon, tombé au milieu du fer à cheval, après avoir été longuement roulé par les flots, est repêché par le bateau.
Nombreux, alors, furent ceux qui ont vu la forme blanche s’éloigner en agitant la main…


