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Toujours en Ontario, en allant vers le Sud et les mythiques Niagara Falls, nous laissons derrière nous les zones industrielles bien polluantes, qui inspirent quelques plaisanteries douteuses aux habitants, telles que :
« La sidérurgie pollue tellement que les moutons font directement de la laine d’acier »…
Nous voguons maintenant dans la région d’Hamilton, en suivant le cours de l’Ontario.
Nous suivons une jolie route des vins. Nous sommes dans la deuxième région viticole canadienne, juste après celle du grand Ouest. Ici se produit le réputé « vin de glace ».
Un vin de glace ? Il est cueilli en vendanges tardives, puisqu’il est surmaturé sur pieds d’octobre à janvier, et, en attendant, pour supporter les froids hivernaux, réchauffé par les éoliennes qui ponctuent le paysage…
Notre but, Niagara-on-the-Lake, est une très ancienne ville, à l’aune américaine, mais elle a subi quelques vicissitudes, et non des moindres, au cours du temps.
Fondée par les Loyalistes (fidèles au roi George III) au débouché des gorges de la rivière Niagara et du Lac Ontario, elle devient, en 1792, la première capitale du Haut-Canada.
Elle a occupé une place stratégique lors des conflits avec les Américains qui l’ont entièrement rasée en 1812.
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Une explosion florale à Niagara on The Lake | L'hôtel Prince de Galles à Niagara on The Lake, très victorien. |
Mais, finalement, ce sont les Canadiens qui l’ont emporté la bataille… et la ville a vite été entièrement rebâtie d’après les plans d’origine. Le centre ville, devenu témoin de l’Histoire, est en grande partie piétonnier.
C’est donc à pieds que nous le visiterons !
Niagara-on-the-Lake est un village délicieux, privilégié, très fleuri, à l’ambiance calme et légère.
Dans la Grand rue, Queen Street, les demeures sont alignées comme dans les livres de contes ou les illustrations des livres pour enfants du XIX° s.
C’est une succession de petites maisons charmantes. Elles ne sont pas toutes identiques, mais l’ensemble est très harmonieux.
Les édifices les plus majestueux sont en pierre de taille, comme la plus ancienne église anglicane, de la province, fondée en 1792 et bâtie en 1805, St Marks Church.
Ses murs, mangés par le lierre et la tour carrée qui la flanque, avec ses créneaux, semble un petit coin d’Angleterre mystérieusement transféré dans le Nouveau Monde.
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Le lustre des contes d'antan | Bois pastel et frontons hardis pour cette maison de Niagara on The Lake |
Tout comme la Chambre de commerce, qui occupe une ancienne demeure patricienne : fenêtres à l’italienne, balcons et corniches de pierre ouvragée, magnifique.
D’autres jouent l’opposition entre la brique rose, les parements crème et les toits d’ardoise.
La tour de l’Horloge, dans le terre-plein central de Queen Street, ou le splendide hôtel Prince de Galles, aux balcons de bois bien fleuris.
Quant aux maisons les plus nombreuses, elles alignent leurs vitres anciennes et leurs charpentes en bois, peintes de couleurs différentes. Teintes vives ou pastel, jaune, bordeaux, rouge brique, rose bonbon, vert pâle, blanc de craie…
Des magasins exigus occupent les rez-de-chaussée et affichent fièrement l’année de leur construction, comme la pharmacie, crème et blanche.
Bâtie vers 1820, restaurée et embellie par des fenêtres à l’italienne en 1866, elle représente bien, dit le panneau, la petite entreprise de l’ère de la Confédération.
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La Tour de l'Horloge, Queen St à Niagara on The Lake | A l'enseigne de la Chouette à Niagara on The Lake |
Une boulangerie, des marchands de vin et spiritueux, un pub abondamment fleuri, des boutiques de souvenirs dont l’inévitable boutique de Noël, verte et rouge comme il se doit, complètent le décor de théâtre de cette cité du temps jadis.
Des statues célèbrent les grands hommes locaux : celle de John Graves Simcoe, le premier Lieutenant gouverneur du haut-Canada, ou, plus inattendue, celle de George Bernard Shaw.
Mais que vient-il faire en ces lieux ?
Il est, en fait, le « parrain » du festival de théâtre que la ville organise une fois l’an.
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Une carriole nous attend à Niagara on The Lake | La chambre de commerce de Niagara on The Lake, majestueuse |
Un vieux fort, Fort George, retranché derrière son talus herbeux, un cimetière bosselé où jouent les mêmes écureuils gris ou noirs qui nous accompagnent depuis le début de notre voyage ne nous aident pas à nous défaire d’un sentiment d’irréalité.
On aurait d’autant plus l’impression d’être prisonnier du temps que, de temps à autre, une ancienne voiture décapotable passe et repasse dans la grand rue… et que, devant l’hôtel Prince de Galles, une carriole blanche attelée d’un splendide cheval tout aussi blanc attend le promeneur…
Lorsque nous quittons la ville, au crépuscule, nous longeons de belles propriétés de campagne et des châteaux viticoles.
Ce sont des maisons coûteuses, exquises, qui sont néanmoins assez proches les unes des autres, malgré, certainement, des hectares de terrain vers l’arrière, que nous ne voyons pas.
Et, entre deux, nous faisons un petit arrêt devant une drôle de petite chapelle.
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Un des plus vieux cimetières canadiens de Niagara on The Lake | La plus petite chapelle au monde |
Au livre Guiness des records, on dit que c’est la plus petite "wedding chapel" au monde : The living water wayside chapel. Sa capacité : 4 personnes !
Le pasteur, les époux, et un seul témoin. Les autres sont massés derrière la porte.
Quant à la famille et aux invités, ils restent dehors, sur la pelouse, qui, de toute façon, n’est pas non plus très grande. Est-ce cela qu’on appelle « un mariage dans la plus stricte intimité » ?


