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Au fur et à mesure que nous montons vers le Nord, nous longeons les pentes de ski de Mont Ste-Anne, prisées en été (on y fait du VTT sur les pistes ou de la randonnée) comme en hiver.
On skie, ici, jour et nuit : compte tenu du manque d’ensoleillement, les pistes sont éclairées le reste du temps.
Mais à l'automne, elles sont solitaires et délaissées...
Nous somes en pleines Laurentides, sauvages et grandioses.
A Tadoussak, on va prendre le "traversier", le bac, pour franchir le fjord du Saguenay, à l'embouchure du Saint-Laurent.
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Le fjord du Saguenay-Saint-Laurent | Départ du traversier à Tadoussac |
Le fjord est impressionnant, aussi haut que profond : 400m vers le haut et vers le bas, quant à sa largeur, entre la baie des "Ha ! Ha !" et Tadoussac, elle peut varier de1,5 à 2,5km.
De mai à octobre, 13 espèces de baleines se pressent dans ce riche confluent avec les eaux du Saint-Laurent pour faire le plein de poisson et de krill, ce qui en permet l’observation.
Néanmoins, les croisières sont règlementées : aucun bateau ne doit se trouver à moins de 100m d’un cétacé, et 400m pour les espèces menacées, comme le bélouga ou le rorqual bleu.
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Phare et plate-forme d'observation | Le bateau des baleines |
Ces règlements ne tiennent pas compte de la curiosité des mammifères qui viennent parfois frôler le bateau sans complexe. Tant mieux pour les observateurs et les photographes !
Sophie nous a prévenus : il ne faut pas s’attendre à voir les cétacés danser, sauter hors de l’eau en s’ébrouant ou chanter, comme dans les eaux chaudes de la reproduction, ou un rorqual bleu sortir sa puissante queue, il ne passe pas ici en cette saison.
Ils sont déjà repartis vers le Sud depuis un ou deux mois.
On verra surtout des dos (1/3 quand même de l’animal) et quelques souffles verticaux, ce qui est quand même très spectaculaire.
A l’Anse-à-l’Eau, nous sommes accueillis sur le bateau "croisières 2001" par Stéphanie, une jeune naturaliste spécialisée.
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Stéphanie, scientifique naturaliste | Par dessus la mer, soudain, les oies sauvages. |
Avec l’équipage, elle se repère sur les souffles pour aller au meilleur endroit.
Un souffle, nous dit-elle, n’expulse pas d’eau mais de l’air.
Comme l’eau est en général à la température de 4°, c’est la condensation chaude qu’on voit de très loin. Si le jet est jaunâtre, c’est une baleine bleue, sinon il est blanc.
Au début, ce sont surtout des phoques communs qui nous escortent. Gris tacheté, assez petits (1,5m), ils sont curieux et viennent nous observer.
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Le repas du phoque du Saint-Laurent | Une espèce protégée : le phoque |
Ils pullulent autour de nous et sont cause de disputes avec les pêcheurs. qui les accusent de décimer les populations de morues et de saumons.
Ils se nourrissent de poissons, calmars et autres crustacés et, depuis Brigitte Bardot, la chasse en est interdite. Leur seul prédateur naturel est l’orque, mais il ne vit pas ici, les eaux sont trop froides.
Le gouvernement se penche sur ce problème de surpopulation, pour l’instant sans solution.
Nous voyons ensuite des bélougas, une espèce protégée de petites baleines à dents, d’à peu près 4 ou 5m de long qui nous escortent un moment.
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Les bélougas arriventr en troupe | Un jeune bélouga qui devient blanc, adulte |
Grises à la naissance, elles sont d’un blanc immaculé à l’âge adulte. On a compté de 20 à 30 naissance par an, elles sont maintenant entre 400 et 900 à vivre en troupeau dans ces eaux.
Au loin, un souffle : ça y est, voilà nos baleines à fanons. Nous allons maintenant en apercevoir plusieurs, évoluer et plonger autour de nous.
Ce sont des petits rorquals ou baleines de Minke de 5 à 10m de long, pesant jusqu’à 10 tonnes, au corps fuselé et au dos sombre, dont la nageoire dorsale est en forme de crochet.
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Le dos d'un petit rorqual | La nageoire dorsale d'un petit rorqual |
Ce cétacé rapide semble jouer avec le bateau, il plonge et ne ressort jamais où on l’attend !
Stéphanie essaye de les identifier grâce à la photo-identification des formes et marques de leurs nageoires dorsales.
Dans le Saint-Laurent, l’équipe du centre de recherches ORES étudie le comportement des petits rorquals et gère depuis 1998 un catalogue de plus de 250 individus auxquels ils ont donné des noms, comme "grand galop" ou "fermeture éclair"…
On court de bâbord à tribord, de poupe en proue en les suivant, heureux et excités, sous l’œil attendri de l’équipage.
Ils sont en plein repas : ils opèrent des trajectoires en cercle, ellipse ou hyperbole pour piéger leurs proies puis ils ouvrent la gueule et avalent une grande, une très grande gorgée d’eau, (l’équivalent d’une piscine pour les plus grands).
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Coucher de soleil au Saguenay-Saint-Laurent | Drapeau canadien au soleil couchant |
Leur langue repousse l’eau vers le palais, elle ressort alors par les fanons qui emprisonnent les petits poissons, le krill et le plancton qu’il ne reste plus qu’à avaler.
Ils sont habiles, gloutons et dynamiques !
Stéphanie nous dit que certains individus développent des stratégies personnelles, comme "Loca", fidèle de l’embouchure du Saguenay, avec un spectaculaire "saut de grenouille", mais nous ne la verrons pas. Dommage !
Le bateau court et vire au hasard des souffles aperçus de loin pendant à peu près trois heures, et nous ramène dans le fjord au coucher du soleil, dans de somptueux tons d’or et de pourpre.



