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Il existe 10 nations indiennes, les "Premières nations" au Québec, en plus des Inuits, dans le Grand Nord.
Et pourtant, ces 11 peuples indigènes ne représentent plus que 1% de la population de la province.
Nous allons en terre indienne, ce qu’on nommait auparavant une "réserve", près de Québec, à Wendake, pour visiter un village de Hurons Wendat, qui vit surtout du tourisme et de l’artisanat, Onhoüa Chetek8e. (Nous reviendrons sur cette orthographe).
Contrairement au reste de la province, Wendake est administré par un Grand Chef et dispose de sa propre police.
En fait, les Hurons vivent autour de ce village-musée dans de jolies maisons en dur, mais ils ont ici recréé un village traditionnel, témoin de leur histoire et de leurs coutumes.
Nous sommes accueillis par Jacques, dont le nom indien est "Ecureuil", un jeune homme au teint clair et aux cheveux châtain, ce qui lui permet de mettre les choses au point sur la colonisation.
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Le village Onhoüa Chetek8e | Notre Huron Jacques, "l'écureuil" |
En effet, les Hurons ne sont pas tous typés Indiens : lors des guerres anglo-françaises, leurs alliés indigènes, Hurons et Iroquois, se sont aussi battus.
A la fin des conflits, des 25 000 Hurons d’origine, il ne restait plus qu’à peu près 300 personnes, surtout des enfants et des femmes.
Pour sauver leur peuple, elles se sont unies avec des blancs, assurant ainsi la survie de la race par le métissage.
C’est ainsi que Jacques est ¼ Huron, ¼ Canadien blanc d’origine, par son père, et ½ Ecossais, par sa mère…
Pour faire partie de la nation indienne, il faut être déclaré par un ancien de la famille, accepté par le conseil du village et inscrit sur les registres de la Nation indienne.
Dans un premier bâtiment en bois, Jaques et deux amis chantent et dansent un air de bienvenue. Bonjour, bienvenue, "Kwe !"
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Ornement de plumes dans le village Huron | La danse d'accueil dans le village Huron |
Nous visitons ensuite plusieurs sortes de maisons, en rondins de bois ou en toile.
Dans ces contrés froides, l’habitation traditionnelle était en bois. C’est une maison longue de 7 à 8m de large, 4 à 5 m de haut et 10 à 65 m de long suivant la taille de la tribu, "l’annonchia". Elle pouvait héberger jusqu’à 20 familles réunies.
De chaque côté, des châlits s’alignent, recouverts de fourrures et entourent un vaste espace de vie communautaire autour d’une rangée de foyers où l’on fait la cuisine.
Chacun d’eux correspond à une des familles qui se partagent l’habitation.
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La maison longue du village Huron | Les châlits de bois et de fourrure dans le village Huron |
Sur les rebords, des vêtements et chaussures en peau sont posés.
Aux poutres sont accrochés ou suspendus des éléments essentiels à la vie : canoës, raquettes de neige, luges ou traineaux, seaux, instruments de la vie quotidienne, trophées de caribous propitiatoires et autres "dreamcatchers", ces beaux attrapeurs de rêves.
Néanmoins, les voyageurs européens attestent qu’à partir du XVIII°s, les Hurons ont adapté l’habitat français à 2 pièces : la salle de séjour où l’on dort et la cuisine à côté.
Les tipis, de taille différente suivant l’usage, familial ou communautaire et le nombre d’utilisateurs, cuir sur armature bois, étaient réservés à l’été, lorsque les tribus partaient se rassembler, nomadiser ou chasser.
Sur des claies de bois, sèche le poisson ou la viande, fumés et coupés en fines lamelles.
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Un tipî traditionnel du village Huron | Le séchoir à poisson du village Huron |
Cette technique permettra à la tribu de conserver plus longtemps la nourriture ou de se nourrir lors des déplacements.
En bois, très petite, la hutte de sudation permet de conserver une bonne hygiène physique et mentale.
Physique : on ne se lave pas à la rivière lorsqu’il fait froid. Et mentale : on n’aborde pas le domaine des dieux si l’on n’est pas purifié.
La hutte permet les deux, aux hommes uniquement, on verra pourquoi plus tard.
On y entre nu, et la vapeur produite par l’eau et les herbes médicinales jetées sur les pierres brûlantes nettoie le corps et l’esprit, ce qui nous amène au chamanisme.
En raison de son caractère sacré, on ne la photographie pas la hutte du chamanisme à l'intérieur.
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La hutte de sudation du village Huron | Deux inukshuiit du village Huron |
Elle contient des masques, des portraits de plusieurs grands chefs et des objets cultuels.
Y avait-il là quelques-uns de ces masques de bois garnis de vrais cheveux, taillés sur l’arbre vivant, qui avaient le pouvoir magique d’éloigner les mauvais esprits de la forêt ?
Ecureuil ne nous l’a pas dit, car ils sont taillés par une société secrète, celle des Faux-Visages, encore active de nos jours…
Dès les débuts de l’occupation européenne et jusqu’en 1979 (adoption de la loi sur la liberté religieuse des Amérindiens), les prêtres chrétiens se sont battus contre les coutumes animistes indiennes.
Ils ont essayé de bannir les dieux amérindiens, esprits mythiques gardiens de l’ordre tribal comme l’aigle, l’ours ou le corbeau primordial.
Doté de pouvoirs fabuleux, ce dernier établit un pont entre le peuple des hommes et le monde des Esprits. Lors de son vol, il voit la terre du haut du ciel, le monde se reflète dans son œil.
Le chaman, par une transe sacrée, devient lui-même corbeau et peut guider son peuple…
Une plate-forme dressée sur de hauts piquets recevait le corps du guerrier, entouré de peaux de caribou. Il était ainsi protégé des attaques d’animaux.
Lorsqu’il était enseveli, en terre sacrée, l’enterrement était le moment de rites importants.
C’est une sculpture traditionnelle, un assemblage de pierres dressées qu’on retrouve sur tout le territoire amérindien, et qui est encore utilisé de nos jours par les Inuit. En Inuit, le mots "inukshuk" signifie : celui qui ressemble à une personne.
En effet, les inukshuiit (c'est le pluriel) ont une forme d’humain debout, très importante, auparavant, lors des chasses au caribou.
Quand on avait repéré un troupeau, on dressait plusieurs inukshuiit en ligne, en les disposant en forme d’un entonnoir qui conduisait à un cul de sac.
Les chasseurs, armés d’arcs et de flèches, y attendaient les animaux pendant que femmes et enfants les effrayaient en agitant des peaux et en faisant beaucoup de bruit, et les dirigeaient vers l’entonnoir fatal.
Les inukshuiit avaient un autre rôle, qui persiste de nos jours, celui de point de repère. On en retrouve sur des collines, posés ici et là sur la terre gelée.
Comme on les voit à plusieurs km à la ronde, ce sont à la fois des repères directionnels et l’indication d’une cache de nourriture pour le voyageur.
Dans l’Arctique, certains inukshuiit ont ainsi plus de dix siècles…
Ces formes sont devenues emblématiques. On en retrouve, de toutes tailles et en matériaux divers, comme sculptures ou bijoux représentatifs des Arts premiers amérindiens.
Les panneaux sont trilingues, dans le village, en français, anglais et huron, mais il faut en comprendre l’écriture. Elle a été en effet transcrite en écriture semi-phonétique par les premiers missionnaires catholiques.
On trouve, par exemple, le chiffre "8" ("houit") au milieu d’un mot : il se prononce "w" comme dans ouate.
Le "q"est une sifflante sourde et représente le "th" grec ou anglais. Il, se prononce de la même façon.
Un exemple : le mot «séchoir» s’écrit "ETIE8ATSAqAqA" et se prononce, à peu près : "étiéouatsathatha". Facile, non ?
Les spécialistes ont trouvé de nombreuses similitudes avec le Chinois. Une affaire à suivre.
Cette coutume traditionnelle plaît beaucoup aux dames de notre groupe.
En effet, vers 13-14 ans, la jeune Indienne faisait aligner les jeunes gens de la tribu pour choisir son futur. Elle leur passait la main sur la nuque à la recherche de la plus grosse « bosse de bison ».
C’est sur le cou que le garçon porte son canoë lors de la chasse ou de la pêche.
Une grosse bosse montre son ardeur au travail : il devient un bon parti et peut alors offrir des cadeaux de mariage à la donzelle.
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La préparation du repas dans un village Huron | Des souvenirs par milliers dans le village Huron |
Quand il est choisi, il n’est pas tiré d’affaires pour autant. Il subit une période d’essai. Pendant trois semaines, il vit dans une hutte ou un tipi avec Mademoiselle et la mère de la fiancée.
S’il ne leur satisfait pas, elles renvoient le garçon et gardent les cadeaux. La fille va alors en chercher un autre…
On imagine aisément la tête des prêtres catholiques devant ce genre d’habitudes !
Comme la hutte de sudation, il remplit un rite mensuel de purification pour les hommes, vu que les femmes sont naturellement purifiées chaque mois par la nature.
On le bourre de 4 plantes sacrées, dont le tabac, le foin de prairie ou l'écorce de sauge rouge.
On fume en accompagnant le rite de gestes rituels qui ramènent la fumée vers les yeux, les oreilles et la bouche pour voir, entendre et dire le Bien et non le Mal.
La fumée déclenche des rêves de futur désiré et peut influencer positivement les événements à venir, de chasse ou de guerre, par exemple.
Quand un étranger arrive au village, le chef et le chaman partagent avec lui le calumet, pour qu’il soit purifié avant son contact avec la tribu.
Il nous reste à passer par la librairie et la boutique, pour faire le plein de souvenirs qui nous accompagneront ensuite et nous ferons longtemps rêver…



