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La route qui nous mène au village de Val Jalbert passe par des collines et des forêts profondes. Hier, on a même cru voir un orignal, mais il nous a vite échappé…
Nous allons vers la région du Saguenay-Lac St-Jean et la région des « bleuet », mais nous en reparlerons !
La région est isolée, un peu au bout du monde, d’autant que nous allons visiter une ville perdue, le village fantôme de Val Jalbert, son moulin et ses anciennes pulperies.
Il nous conte la belle aventure d'un village ouvrier modèle, créé en 1901 autour d'une usine de pâte à papier, et de sa tragique fermeture en 1927.
A notre arrivée, nous sommes surpris par un intense vrombissement, en fait naturel.
C’est le bruit que fait en permanence la chute Ouiatchouan lorsqu’elle tombe de ses 72 m. Nous irons la voir plus tard.
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L'arrivée à Val Jalbert | Le trolleybus "La Balade" |
Pour l’heure, nous sommes attendus par un trolleybus ouvert, rouge et noir, qui nous promène dans le village dans une visite commentée, puis nous revenons voir les maisons à pied et à notre guise avant de déjeuner au moulin.
Toute la population active vivait directement ou indirectement de la pâte à papier. Autour des ingénieurs et des ouvriers de l’usine, servants de la pâte, le reste du village s’activait.
Hommes et femmes, constructeurs, marchands, cuisiniers, barbiers, cordonniers, tous, leurs procuraient, à eux et leurs familles, les services dont ils avaient besoin.
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Sur le plateau, l'avenue Tremblay | Elle a l'air encore habitée... |
La première bâtisse, par exemple, est le couvent des Ursulines, calme et majestueux. Il abritait l’école des filles et, devenu musée, nous éclaire sur cette époque de pionniers. Comme les autres maisons, il est bâti en bardeaux de bois que le temps a dorés délicatement.
Ensuite, de belles villas se suivent, celles des ingénieurs, symboles du modernisme de l’époque. Eau courante, électricité, tout le village en était équipé !
Au fur et à mesure, on découvre le magasin général, un bureau de poste, quelques habitations.
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Des maisons musées où il faisait bon vivre | |
Un escalier de 115 marches qui serpente entre les arbres nous mène au « quartier d’en haut ». De très intéressantes maisons du plateau se succèdent.
Quelques-unes sont ouvertes et montrent des documents ou objets d’époque, d’autres sont en ruines et attendent d’être réhabilitées…
La rue Labrecque, par exemple, est célèbre par ses maisons en enfilade qui font le bonheur des photographes !
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L'oeil ouvert sur les voisins ? | Les dégats du temps |
Au détour d’une construction, n’est-ce pas Maria Chapdelaine en ses habits anciens que l’on s’attend à voir paraître ?
Mais nous arrivons au Moulin.
C’est là qu’on a transformé en pâte à papier, au début du XX° s, la pulpe du bois abattu en automne et en hiver par les bûcherons.
Il arrivait ici sur la rivière par flottage des billots, poussés par les gaffes des draveurs lors de la débâcle printanière, jusqu’au pied des fougueuses chutes.
Vers 1915-1920, au temps de sa splendeur, le village comptait 40 à 80 maisons modernes et modèles pour l’époque.
Et puis, à cause de la concurrence asiatique, l’usine créée par Damas Théophile Jalbert a dû fermer, le 13 août 1927. Les 200 ouvriers, désormais sans emploi, désertent le village.
Abandonné, il est réhabilité dans les années 1970 et devient un village-musée mélancolique mais pas triste.
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Une maison, avenue Dubuc | La belle enfilade de la rue Labrecque |
Les arbres prennent peu à peu les couleurs de l’automne, les parterres sont fleuris de teintes vives et devant chaque demeure, des écriteaux nous en apprennent l’histoire.
Pour l’heure, devenu café-restaurant-magasin de souvenirs, il propose un repas traditionnel consistant : tourtière du Lac St-Jean, marinade de porc aux légumes et, pour finir, tarte aux bleuets (des myrtilles de la contrée).
Une précision : la tourtière du lac St Jean est un plat riche.
On y met 3 viandes (gibier, porc, boeuf ou poulet) avec des cubes de pommes de terre entre 2 couches de pâte et on fait (faisait ?) mijoter le tout à l'étouffée pendant 12 heures...
Pour continuer cette délicieuse journée, nous allons maintenant voir les Chutes.



