Vous êtes ici : Accueil > Chine > Culture et traditions > Peinture et calligraphie
L'écriture de la langue chinoise est composée de caractères "dessinés".
C'est l'une des plus anciennes formes d'écriture connues. Ces caractères ont donné le jour à une célèbre forme d'art pictural : la calligraphie, jumelée, au début de notre ère, avec la peinture sur papier ou sur soie, en raison de l’origine pictographique des caractères chinois.
On peut, en effet, trouver, calligraphiés à côté d’un paysage, un poème, le titre de la peinture, sa date d’exécution, le nom de l’artiste et son sceau : tous ces éléments font partie de l’œuvre picturale.
L’artiste ne travaille jamais d’après nature, il ne se fie qu’à sa mémoire visuelle ou à la copie de maîtres anciens. La copie n’est jamais une activité anodine : sur le plan religieux, elle est une offrande qui doit répondre à des règles strictes après une période de purification ; sur le plan culturel, elle est un vecteur de civilisation. Comme acte esthétique, elle marque une piété respectueuse des maîtres du passé devenus des modèles
Peindre un paysage est une façon d’intérioriser le monde extérieur tout en dressant le portrait de l’homme. Le bon calligraphe, comme le bon musicien, doit donc savoir rythmer ses mouvements.
Les poèmes calligraphiés ici et ci-dessous sont du poète Li-Bai, ou Li-Po, (701-762) considéré comme le plus grand poète romantique de la dynastie des Tang, connu aussi comme l'un des "immortels dans le vin ".
|
poème de Li Bai |
Ils nous montrent différentes formes d'écriture classique.
Quant au portrait c'est celui du lettré Su Tung-po, (1037-1101), poète, essayiste et peintre chinois, qui véhiculait dans son œuvre l'esprit du taoïsme et du bouddhisme.
![]() | ![]() | ||
| Su Tung-po | poème de Li Po |
Voici, par exemple, le poème qu’il a composé après être resté assis une nuit entière près d'un cours d'eau sur les pentes du mont Lu :
Le torrent bruyant sa large et longue langue
Les couleurs de la montagne son clair et pur corps
En une nuit quatre-vingt mille versets
Plus tard, comment évoquer cela à autrui ?
Le pinceau est constitué d’une tige de bambou où l’on insère des poils d’animaux : lapin, chèvre, martre ou loup, dont la touffe finit en pointe aiguisée. Elle ne s’étale jamais, mais se courbe suivant le mouvement imprimé par la main.
Le bâton d’encre de Chine est fait de noir de fumée obtenu par le mélange de corps gras ou de branches d'arbres brûlés avec une solution de gomme, qui durcit jusqu'à l'obtention de petits bâtonnets. Ces bâtonnets sont ornés de dessins en relief et de caractères.
La pierre à encre est l’encrier où l'on dispose l'eau qui permettra au morceau d'encre de se diluer : on obtient l'encre liquide en frottant le bâtonnet d'encre dans un peu d'eau. Quant au papier de Chine, il se caractérise par sa surface légèrement absorbante.
![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
paysage de Shitao | Calligraphe en action | Temple du Ciel | Bambous pourpres |
La quantité d'encre visible en un endroit dépend du temps pendant lequel le pinceau reste au contact du papier. Toute pause, même brève, implique une augmentation de la quantité d'encre absorbée par la surface.
"L’unique Trait de Pinceau est l’origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes ,écrivait le moineZhu Ruaoji, ou Shitao (1642-1707)
Lors de notre voyage, nous avons rencontré un lettré qui a peint, devant nous, le paysage ou les motifs que notre présence lui inspirait, en se servant des « 4 trésors du lettré »
Nous étions légers et joyeux : le résultat est vif, enlevé et coloré. Les oiseaux volent ou se reposent en couple, les bambous sont d'un bleu tendre et les branches de cerisier d’un rouge ardent...
![]() | ![]() | ![]() |
les quatre trésors du lettré | Jinan, Baotu springs | Les bambous pourpres... |
Les motifs anciens traditionnels dont s'est servi l'artiste, en les réordonnant pour nous, ont ainsi composé le paysage de notre âme, ce jour-là...
Le calligraphe officie en privé, dans son cabinet, mais aussi en plein air, au vu et au su de tout un chacun, dans les endroits les plus officiels : sous les galeries du Temple du Ciel, sur les dalles des Sources de Baotu à Jinan, dans les parcs… Il peint à l'eau, le motif est éphémère et disparaît en séchant... Les spectateurs font cercle autour de l’artiste et lui parlent : sont-ce des encouragements, une discussion sur la forme ou le fond, sur le message délivré ?
Notre méconnaissance du chinois nous a malheureusement interdit de le savoir !
Site spécialisé dans les voyages |
Guide de voyages CHINE : Direct voyages votre guide de voyage en ligne qui vous fournit des informations pour choisir et préparer votre voyage |