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De tous les moyens terrestres de transport, sur les longues distances, le train, nous a-t-on dit, est le plus pratique pour circuler en Chine. Avec 72 000 km, les Chinois possèdent le 3° réseau du monde, après les Etats-Unis et la Russie.
Le plus grand défaut de ces trains est la lenteur. Ils circulent entre 50 et 80 km/h en moyenne. Les trajets durent donc des heures, voire des jours...C’est pourquoi nous ferons nos trajets ferroviaires dans des trains de nuit. Ils nous permettront de voir les paysages, pendant la partie diurne, et d’essayer de dormir pendant la nocturne, tout au moins de nous reposer, étendus sur nos couchettes.
Nous avons fait deux voyages de nuit : de Pékin à Xiangfan dans le Hubei, puis de Xiangfan à Taiyuan, dans le Chanxi.
Le 1° train était climatisé, ce qui a rendu la nuit moins chaude, mais pas moins bruyante (arrêts trés fréquents, circulation permanente dans les couloirs...), le 2° ne l'était pas, ce qui nous a obligés à des bricolages hardis pour bloquer la fenêtre en position légèrement ouverte sans risquer d'intrusions dans notre wagon, mais comme le train était plus vieux, les couchettes étaient plus douces...
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| Une gare de province |
Notre premier voyage nous mène de la Gare de l’Ouest, à Pekin, vers Xiangfan. Comme nous avons des places de luxe, nous avons le droit, à la gare, de patienter dans une salle d’attente digne d’un palais soviétique : haute, large, aux fauteuils profonds réunis autour de tables basses, entourés de l’attention d’une cohorte de serveurs attentionnés…
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La salle d'attente à Pékin | Une gare de province |
Les noms des villes et les horaires de départ et d’arrivée des trains sont affichés sur de grands écrans électroniques. Les informations sont écrites en chinois, en pinyin (chinois écrit en lettres romaines) et en anglais, mais on nous dit que c’est parce que nous sommes à Pékin !
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Des dentelles à foison... | la chaudière à charbon pour l'eau chaude | ||
Les sièges durs (yingzuo) en skaï ou en bois, au dossier très raide, sont souvent pris d’assaut par la foule. Les sièges mous (ruanzuo) offrent, eux, de larges banquettes confortables. Si l’on a les moyens de dormir, les couchettes dures (yingwo), couvertes de skaï, se répartissent sur trois niveaux dans un compartiment de 6 places ouvert sur la coursive où passent et repassent les voyageurs, où d’autres s’assoient sur des strapontins devant les fenêtres et bavardent de jour comme de nuit…
Enfin, pour les privilégiés, dont nous sommes, les couchettes molles (ruanwo) sont considérées comme les plus agréables pour passer une nuit dans le train. Leurs compartiments ne comptent que 4 places.
Elles sont fermées par des portes à miroir, sécurisées par des entrebailleurs. Des dentelles, très kitsch, ornent les dossiers, une petite table recouverte d'une nappe cache un samovar d'eau chaude remplacé à la demande (l'eau chauffe en permanence dans une chaudière à charbon située entre en bout de wagon)... Un vrai petit paradis !
L'hygiène, elle, est plus succincte : la « salle de bains » est une pièce étroite équipée d’une rampe de lavabos et robinets, surmontée d’un miroir : on peut s’y enfermer, mais pas trop longtemps : les ablutions ont plutôt l’air d’être rapides, et au vu et su de tout un chacun !
Les toilettes sont aussi plus que décevantes : celles que nous avons utilisées sont «à la turque», car leur nettoyage (à l’aide d’un seau) semble plus sécurisant. Néanmoins, au bout de la nuit, l’odeur est tenace…
Comme nous étions dans des trains « longue distance », nous avions un wagon-restaurant où nous avons pris les dîner et les petits déjeuners. Malheureusement, la qualité de la cuisine est un peu frustrante.
En revanche, des employés ambulants passent régulièrement dans les wagons. Ils vendent des boissons, chaudes ou froides, des fruits et légumes, des sachets de soupes de nouilles ou des plats à emporter à des prix modiques. D’autres vendeurs passent nous offrir des souvenirs, des gourmandises, et même du baume du tigre pour se délasser des fatigues du voyage…
Quelle expérience pour les "vrais voyageurs" que nous espérons être ! C’est plaisant de découvrir la Chine à ce rythme.
Nous longeons des spectacles étonnants : quelques bidonvilles à la sortie de Pékin, qui seront, semble-t-il, vite rasés dans la frénésie constructive qui a saisi la Chine, surtout à l'échéance olympique de 2008 ; de verdoyants paysages de campagne où les gens vaquent tranquillement à leurs occupations, loin du bruit et de la fureur des villes ; de somptueux levers ou couchers de soleilaux tons pourpres, des moments romantiques où la brume s'effiloche sur les arbres et les prés au petit jour...
Notre seul regret, c’est d’avoir manqué la traversée du mythique Fleuve jaune, le Huang He, car ça s’est passé très tôt le matin, nous étions encore enfermés derrière nos rideaux. Heureusement que lors d'un autre voyage, en car, celui-là, nous le retraverserons de jour et aurons le loisir de l'admirer !
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