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Aux environs du temple Jietaisi, à une trentaine de km de Beijing, au cœur des collines de l’Ouest, se dresse le Temple Tanzhesi, 潭柘寺.
C’est le Temple de l’Etang et du Mûrier, du nom des collines, Tanzhe shan, où il s’élève : en effet, les mûriers sauvages (zhe) y abondaient…
Quant à l’étang, (tan), il est symbolisé par un bassin creusé derrière le temple qui remplace le premier «étang du dragon vert», (Qinglongtan).
On dit que, sous les Tang, lorsque le moine Fa Zang est venu prêcher là, le dragon vert qui habitait cet étang a tellement été frappé par les pouvoirs surnaturels du religieux qu’il s’est envolé. Ce même jour, au crépuscule, un orage violent s’est levé, a vidé l’étang et l’a aplani…
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La Forêt des pagodes : Stèle gravée et stupa | |
Le temple est tellement ancien qu’on dit «qu’avant Pékin existait le Tanzhe»… Il date au moins, en effet, de 1600 ans, puisqu’il a été originellement bâti sous la dynastie Jin, (265-420), sous le nom de Temple Jiafusi.
D’après la légende, les premiers moines auraient été d'anciens criminels fugitifs, qui, en entrant en religion, se mettaient à l'abri des lois. Il a, beaucoup plus tard, été fréquenté par les empereurs mandchous et a accueilli les représentants du courant bouddhiste Huayan.
L’ensemble se compose de trois parties, agencées le long de trois axes nord-sud symétriques, typiques des temples de l’architecture Ming. Plusieurs groupes de pavillons s’égrènent sur des terrasses superposées le long des pentes de la colline.
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Le Tanzhesi : pagodes et stupas | |
Mais ce qui nous intéresse est la partie basse, qu’on nomme «la Forêt des Pagodes».
C’est, en fait, en dehors de l’enceinte des temples, un parc qui contient les tombes de moines des dynasties Liao à Jin, délicieusement ombragées par une belle végétation et protégées par un mur rouge de 3 bons mètres de hauteur.
Là, sous nos yeux étonnés, se dressent 75 pagodes et stupas de formes et de styles divers. C’est normal, puisque les moines et nonnes Bouddhistes qui vivaient dans le temple se sont fait enterrer ici pendant une bonne douzaine de dynasties successives.
Comme ce sont des sépultures, elles sont plus simples que la pagode de la Longévité des Collines Parfumées, à Beijing, et très émouvantes.
On voit, par exemple, des pagodes en pierre à 3, 5 ou 7 étages, tous sculptés, des stupas plus simples, des pagodes en briques en forme de dôme ou de coupole, d’autres, tibétaines, imitant le galbe d’un bol à aumône…
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le Tanzhesi : stupas et pagodes tibétaines | |
Les édifices reposent sur des socles de pierre. Tous, même les plus simples, sont sculptés, ornés de bas-reliefs, de motifs animaliers ou floraux : frises d’éléphants se tenant par la queue, dragons, fleurs de lotus, motifs géométriques…
La taille ou la disposition de la tombe indique le rang de son occupant. Il paraît même que certains stupas «collectifs» ont une brique que l’on peut desceller pour y ajouter les cendres d’un moine décédé : le "HLM" du repos éternel !
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le tanzhesi : pagode de la princesse et nonne Miaoyan | La Forêt des Pagodes : les curieux troncs marbrés des pins bungeana |
La plus connue de ces pagodes est celle d’une fille de Kubilaï Khan, la Princesse Miaoyan. Pour racheter les fautes de son père, responsable de la mort de milliers de soldats et de civils tués lors des guerres qu’il avait menées, elle s’était convertie au Bouddhisme et avait décidé de finir ses jours en ce temple.
Sa tombe est une pagode de 5 étages, entourée, de chaque côté, d’une petite pagode «de compagnie»…
Et pour répondre à cette profusion minérale et l’équilibrer, les arbres et arbustes nous entourent et nous enveloppent. Comme nous sommes au printemps, nous flottons dans le rose des cerisiers, l’or des forsythias ou le blanc des pruniers.
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forsythias, pins et mûriers de la forêt des pagodes | les cerisiers roses de la forêt des pagodes |
Nous admirons les troncs élancés de pins à l’écorce curieusement marbrée comme celle du platane, gris-blanc, lisse. Leurs aiguilles rigides, vert foncé, sont très odorantes. Ce sont des «pinus bungeana».
Le sol est tapissé de fleurs légères, et, au fond du parc il reste quelques-uns des fameux mûriers qui ont donné leur nom à la colline. Leur écorce, croyait-on, contenait des propriétés capables de guérir la stérilité des femmes.
De ci, de là, sous un abri parfois, une tortue-bixi ou deux dragons enlacés soutiennent une stèle gravée, certainement en l’honneur d’un moine défunt…
Nous sommes dans un havre de paix et de tranquillité où nous nous promenons longuement avant de poursuivre notre route.



