La Grande Muraille, 長城 : la Passe de Juyong, 居庸關, côté Est

 

 

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De cette édifice, deux chemins s’offrent à nous pour monter vers le rempart : le plus grand, royal, démarre par une volée de marches majestueuses, le deuxième, plus petit, plus pierreux, est en fait un sentier tournicotant à flanc ce montagne. C’est évidemment celui que nous prenons pour rejoindre la voie principale.

Le sentier passe par quelques pavillons aux boiseries rouges, des sanctuaires du Temple Lu Zu : ils sont malheureusement fermés. Seule sur une des terrasses, une cloche de bronze attend qu’un passant vienne la frapper, ce que nous faisons, éveillant les échos de la montagne.

 

 


ouverture dans la muraille

 

Grande muraille : le petit chemin de traverse et les sanctuaires rouges dela montagne

Nous rejoignons la voie principale, ponctuée de fortins et de tours de guet, comme de l’autre côté. Mais, contrairement à la partie Ouest du mur, nous passons par une alternance d’escaliers et de chemins de ronde, beaucoup moins fatigants à gravir.

Le rempart suit les courbes du terrain, très escarpé par endroits, parfois ondulant, apaisé  lorsque nous longeons une crête. Il nous offre une vue étonnante sur les sommets environnants et le fond de la gorge qui semble, d’ici, toute petite.

Un train, de la taille d’une maquette,  siffle en contrebas. Nous suivons un moment son trajet parallèle au nôtre : spectacle incongru d’un télescopage des temps et des époques…

Nous sommes seuls de ce côté : quel contraste avec l’an dernier, où les gens se bousculaient en rigolant dans un joyeux capharnaüm. Où sont-ils passés ? Curieusement, le temps qui était très beau jusque-là se trouble, le paysage a perdu ses couleurs.

Nous regardons l’heure, il est temps de redescendre. Nous croisons un soldat, qui se hâte, aussi solitaire que nous.

Au fur et à mesure que nous descendons, le ciel prend un aspect fuligineux, le vent se lève, le nez et les yeux se mettent à piquer. C’est presque au petit trot que nous franchissons le pont.

Surprise : les marchands de souvenirs ont fermé leurs étals, tout a disparu… On se croirait dans le château de la Belle au bois dormant.

Sur le parking, notre guide nous demande de ne pas trop perdre de temps, une tempête de sable se rapproche.

Grande muraille : la rivière, le pont et les cimes de Juyong Pass

 

 

le trajet du train dans la vallée

la grande muraille à Juyong pass : des li et des li de remparts....

 

 


les portes traversent le fortin, que de courants d'air !   la Grande Muraille à l'est de Juyong pass

Mais nous prenons quand même le temps d’aller voir les beaux pavillons bâtis sous les Ming au XIV°s pour abriter les bureaux des douanes et d’octroi de la Passe, puis agrandis en 1515 (hé oui !), pour héberger les quartiers des jeunes officiers.

On y trouve, maintenant, une pharmacie traditionnelle et deux belles boutiques de souvenirs et d’antiquités. Il y a, en effet, quelques beaux objets de porcelaine ou de métal qui ont l’air ancien, comme des pièces de monnaie, des bracelets ou des statues de soldats, mais de quand datent-ils vraiment ?

On y reste peu : tout ferme très vite, et avant l’heure officielle. Le ciel est de plus en plus plombé, alors on remonte dans les cars et on rentre «à la maison».

Nous l’avons appris ensuite, c’était bien une nouvelle tempête de sable venue des plaines désertiques de Mongolie qui arrivait, comme souvent de début mars à fin mai.

La nuit du 16 au 17 avril, par exemple, ce sont trois cent mille tonnes de sable et de poussière dorée qui se sont abattues sur Pékin. La sécheresse et l'agriculture intensive sont la cause de cette désertification du nord-est de la Chine.

Les autorités tentent bien de lutter contre ce phénomène en menant une politique de plantations d'arbres, mais, inexorablement, le désert s'étend et se rapproche, puisqu’il n'est plus à présent qu'à 250 km de Pékin.

Ce matin, le 18, lorsque nous sommes partis, la ville se nettoyait à grands coups de jets d’eau ou de seaux : rues, voitures et maisons étaient recouvertes d’une impressionnante couche du sable ou du limon poussiéreux du désert de Gobi, mais le ciel était redevenu clair et le soleil ardent.

grande muraille : vue sur la vallée et les fortins

 

 

la Grande muraille de Juyong pass : fortins et tours de guet

Tempête de sable du désert de Gobi sur Juyong pass
    Grande muraille : antiquités dans l'ancienne enceinte des douanes les officiers de la Grande muraille nous surveillent...

 

 


 

Et c’est seulement maintenant, en fin de journée, que ça recommence. Alors, on s’installe vite dans le car et on rentre se mettre à l’abri. Le ciel est parsemé de petites particules, comme s’il neigeait, mais en ocre, ce qui donne une impression bizarre, un peu apocalyptique, comme dans certains films d’anticipation. Parfois même, le car tangue sous l'action du vent comme un bateau ivre …

Demain, quand nous nous réveillerons, tout sera redevenu lumineux, comme si on avait rêvé. Une nouvelle tempête n’est prévue qu’après notre départ, la semaine prochaine, alors on va vite profiter des derniers jours de voyage !