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Nous continuons, par une route qui serpente au milieu des bambous et des pins, par la visite du Temple Zixiao, le Zixiaogong aussi nommé Temple des Nuages pourpres.
L'arrivée est majestueuse : le temple se détache sur fond de montagne. Il est situé juste sous le pic Zhanqi, au nord-est du sommet Tianzhu.
Construit en l'an 11 du règne de Yongle (en 1413), c'est l'ensemble d'édifices le plus important et le mieux conservé de la région. Il est tellement beau qu'on y a tourné quelques scènes du film "Tigres et dragons". Il se compose de 800 halls et pavillons, répartis autour de cours, sur des terrasses à différentes hauteurs.
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Vue générale de l'enceinte sacrée | La salle Zixiao |
Les murs sont rouges, couleur de fête, et les toits aux tuiles vernissées bleu, vert et or, qui symbolisent l'harmonie et la puissance impériale, créent un ensemble d'une importance fondamentale pour les Taoïstes.
Derrière la porte Est du Ciel, se dressent successivement la salle du Dragon et du Tigre, la salle Zixiao, la Salle des Nuages pourpres, la Salle du Père et de la Mère. Là, ce sont les père et mère du dieu Zhenwu qui entourent des statues de Bouddha et de la déesse Guanyin.
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De merveilleux toits | Le pourpre des boiseries et des lanternes de fête |
Entre le X° et le XIII° siècle, Zhenwu, le "guerrier sombre" est devenu une figure majeure du taoïsme : il est en charge de l'élimination des forces malignes et se présente, pour cette fonction, dans une pose très martiale. Il a l'épée à la main, ses cheveux sont défaits, ses pieds nus foulent une tortue ou un serpent... Le Wudangshan est peu à peu devenu le centre de son culte.
Derrière le temple se trouve la grotte du Prince héritier. Naturelle, elle abrite un petit temple et le kiosque des stèles datant des Yuan qui retracent l'histoire de ces montagnes.
Assise sur une triple terrasse, la salle principale, celle des Nuages pourpres, contient cinq pièces, avec des statues de bronze et de terre cuite du dieu Zhenwu à différents âges de sa vie.
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La grande cour du temple | Avants toits et faiteaux multicolores |
La double toiture à neuf faîteaux est revêtue de tuiles et briques vernissées, et ses couleurs or, bleu lapis-lazuli et vert jade, ainsi que les décorations colorées des poutres et des avant-toits en accroissent la splendeur...
Mais une surprise nous y attend : nous sommes conviés à assister à une cérémonie taoïste.
Avec les premiers arrivés, je suis invitée à m’agenouiller sur des sièges bas, face à l’autel, auprès de fidèles, les autres restent debout derrière. Les différents acteurs se mettent en place : des nonnes vêtues de jaune, à gauche et à droite, sont assises devant divers instruments de musique, dont une impressionnante série de gongs et de cymbales.
Des prêtres vêtus de noir attendent l'arrivée des officiants : ce sont des officiantes.
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La montée vers le temple | Trois prêtresses taoïstes |
En effet, il n'existe aucun sexisme chez les taoïstes, et les hommes comme les femmes peuvent accéder à la prêtrise. Leur costume est somptueux : Elles sont vêtues de robes brodées, très colorées, traditionnellement faites de 240 pièces recousues et séparées par 10 rubans qui symbolisent les 3 étoiles Santai de la Grande Ourse.
Nous essayons de reconnaître, parmi ces broderies, celles qui représentent les trois sources de lumière (soleil, lune et étoiles), la stabilité (montagne), la souplesse (dragon), la beauté (faisan), la fidélité (instruments rituels), la propreté (plantes), la clarté (feu), la nutrition (riz), la capacité de décider (motif en forme de hache) et celle de discerner (motif en forme d’arcs placés de dos)...
Sur la tête elles ont la coiffe taoïste haute, noire, surmontée d'une couronne d'or à pendeloques où tintinnabulent des perles, la « couronne des 5 pics ». Elles sont juchées sur des socques hauts qui semblent n’entraver en rien leurs mouvements, qu’elles réussissent à rendre à la fois harmonieux et hiératiques…
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Gongs et musiciennes | Chorégraphie sacrée |
Pendant un certain temps, au son des gongs, les officiants se répondent et psalmodient, une nonne (ou une novice) répand l'encens tout autour de nous, les prêtresses présentent des tablettes sacrées aux 5 points de l'horizon (les 4 points cardinaux et le centre), en lisant les passages principaux, puis les remettent en place avant d'en sortir d'autres.
C'est un étrange ballet sacré auquel nous assistons, solennel et envoûtant. Les fidèles se lèvent, s'agenouillent et se prosternent alternativement, suivant les moments de la célébration. Nous en faisons vite autant : le changement de posture évite l'ankylose et nous donne l'impression de participer de l'intérieur à ces moments impressionnants...
Lorsque nous quittons la semi pénombre de la salle, nous sommes tout surpris de voir la lumière extérieure qui resplendit sur les toits, les arbres et les cimes qui nous environnent...
Après un passage par l'école Feishenya Taizipo Wushu, d'Arts martiaux où vivent les jeunes qui nous ont montré la démonstration, au temple Taizipo, nous rejoignons notre hôtel pour profiter d'un repos bien mérité !

