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Ce soir, après le dîner, nous nous reposons un instant sous nos yourtes car nous ne sommes pas couchés : il y a fête au village !
En effet, une estrade a été montée face aux yourtes et quelques techniciens s’affairent pour y brancher projecteurs et haut-parleurs.
Nous sommes conviés par la musique à un spectacle de chants et danses traditionnels et modernes.
Villageois et visiteurs sont là, assis sur des gradins. Quelques petits futés ont apporté des tabourets pour s’installer plus commodément au premier rang. Les festivités ont commencé un peu en avance, je me glisse tout devant et m’assieds par terre.
Je me trouve soulevée par derrière et par les bras, et posée sur le tabouret que m’abandonne un enfant. J’esquisse un «non merci», mais devant les sourires chaleureux et les hochements de tête définitifs des voisins, je remercie et me consacre au spectacle.
Danses traditionnelles de la steppe | Un enthousiasme communicatif |
De ravissantes jeunes femmes exécutent des danses ethniques.
Robes jaunes, bleues, roses, brodées, chamarrées, plastrons dorés, bottes rouge vif, coiffes compliquées, airs endiablés, frémissement des épaules, jeu des mains et des poignets, tournoiements… tout ça est d’une grande allégresse !
Entrainées par la chorégraphe, les danseuses s'élancent et virevoltent | ||
Plusieurs danses se succèdent, filles pleines d’entrain, garçons énergiques et puissants. On imagine aisément les scènes représentant la vie courante de la steppe : les récoltes, la séduction, les combats…
Les sabres s’entrechoquent, l’aigle s’envole, les chevaux galopent, on sent la joie et la gaîté des danseurs comme des spectateurs.
une belle succession de danse et de chants des plaines mongoles | ||
Un petit entracte : Deux jeunes filles arrivent, portant un petit plateau et un kata en soie bleue, cette longue écharpe cérémonielle de "bon accueil". Elles cherchent deux personnes pour leur offrir le petit verre de bienvenue. Mes voisins me désignent en riant : je me lève et amuse beaucoup la foule quand je montre que je sais faire les gestes rituels…
Mais le spectacle reprend par de la musique et des chants. Des musiciens jouent du violon à tête de cheval, un instrument typiquement mongol. Le manche se termine par une tête de cheval sculptée, d’où son nom.
la musique occupe une place importante dans la tradition mongole | ||
Son origine est légendaire : on dit que, dans des temps immémoriaux, un cavalier pleurant son cheval mort a voulu le garder à ses côtés en faisant, avec son tibia et ses crins, un violon à deux cordes.
Un chanteur arrive, sous les hurlements enthousiastes de la foule. C’est Gengis Khan en personne : longs cheveux, riche costume en cuir brodé, coiffe en panthère… Ce doit être un chanteur en vogue, parce que nous retrouverons des affiches le représentant dans les rues de Baotu, dans les jours à venir.
Après d’autres danses, d’autres chants, parfois plus modernes, et beaucoup d’applaudissements et de rappels, la foule se lève. C’est l’heure du feu de camp. Un feu a été allumé dans un grand brasero rond posé sur un trépied. Nous en faisons tous le tour à petits pas rythmés en chantant (enfin, mes voisins) et en riant beaucoup… c’est bien agréable, car le vent est devenu très frais au fil de la nuit !
Puis on retourne vers l‘estrade où s’est installé un orchestre disco. Des amies françaises se réchauffent en dansant un madison, je les rejoins et nous sommes vite entourés de Mongols et de Chinois hilares qui l’interprètent à leur façon…
Mais il se fait tard, nous abandonnons nos hôtes et allons nous coucher, la tête pleine de musique et de couleurs, en tirant les rideaux sur la steppe…