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Les grandes steppes

Depuis que nous sommes entrés en Mongolie Intérieure, nos yeux s’habituent au paysage de la steppe, qui va devenir celui de notre vie pendant quelques jours.

Il faut dire que c’est superbe !

Le paysage de la steppe mongole

Nous sommes sur un haut plateau dont l’altitude est en moyenne de 1 400m, entouré d’éminences sur lesquelles s’étagent, autour des villages, des cultures en terrasses.

Sinon, nous sommes dans un paysage de collines douces où poussent les épineux, creusées parfois de ravins profonds. La terre nous offre de chaudes couleurs jaunes et rouges.

la grande steppe mongole de Xilamuren

Nous entrons dans la steppe de Xilamuren, dont le nom signifie « Fleuve Jaune », au nord de Hohhot. Nous avons traversé la chaîne du Yingshan, la « verdure » en Mongol. En effet, autour des cours d’eau, l’herbe est haute et verte.

Le long des failles, des cours d’eau, à sec pour le moment, sont bordés d’arbres qui strient le paysage. Beaucoup de peupliers, qui poussent vite, et sont idéaux pour plusieurs raisons. Leur bois tendre fournit une excellente pâte à papier, ainsi que presque toutes les baguettes jetables ordinaires.

La chaîne du Yingshanla grande prairie
Après la chaîne du Yingshan, les villages se fondent dans le paysage

De plus, les arbres et les arbustes retiennent la terre et aident au reboisement, indispensable pour lutter contre la désertification et les tempêtes de sable venues du désert de Gobi.

Des maisons dans la prairie

Les villages, en pisé, sont maintenant posés sur le plateau.

Parfois, une ferme plus cossue est bâtie en brique crue et entourée de nombreuses dépendances. Quelques yourtes s’élèvent encore, mais elles constituent plutôt des villages-hôtels que des résidences permanentes : c’est lors des grandes fêtes et des grands rassemblements qu’elles sont temporairement dressées sur la plaine…

vue de la steppe mongolela steppe, à perte de vuela steppe, doucement arrondie
A perte de vue, la grande prairie s'étend sous nos yeux

Dans les collines, nous voyons des traces d’habitations troglodytiques anciennes. Quelques «trous» nous étonnent, car ils sont l’air encore occupés. Ils sont surmontés d’une ouverture du genre «chien assis» qui ouvre dans le sol. Quelques marches qui descendent plus bas sont visibles : ce sont des caves à vivres et à nourriture.

Il n’y a pas de butte au-dessus. Creusées comme un puits, ces caves, sans rupture avec la planéité de la steppe, ne sont visibles que grâce à leur ouverture.

Comme nous voyons parfois plusieurs chiens assis proches, nous nous demandons s’il s’agit de plusieurs caves, ou de plusieurs entrées pour la même, mais personne ne nous le dira !

un tas d'argol
Réserves en forme de chapeau mongol et tas d'argol

A côté, s’élèvent de grands tas d’argol, ces bouses desséchées des troupeaux, chevaux, yacks, chameaux, etc., que les Mongols, comme les autres peuples d'Asie centrale emploient comme combustible à défaut de bois, trop rare dans ces contrées pour être utilisé à cet usage.

armature de yourte mongoledans la steppe, une entrée de caveles caves à nourriture
Une yourte en construction et l'entrée des réserves de nourriture

D’autres constructions nous étonnent. Rondes, en terre et pierre, surmontées d’un toit conique en forme de chapeau mongo et, détail amusant, un « bouton » au sommet, avec une ouverture au ras du sol : est-ce un puits ou une réserve à grains ?

L’ovoo ou aobao, cairn sacré.acute;.

Malgré la politique communiste qui, pendant de longues années, a interdit toute manifestation religieuse, la vieille religion animiste et chamaniste n’est pas morte, et coexiste toujours avec les croyances qui ont repris droit de cité, comme le bouddhisme tibétain, religion officiellement majoritaire en Mongolie.

L’animisme considère que toute chose possède un esprit particulier qu’il faut se rendre propice. Les Mongols adorent donc les esprits du ciel, des montagnes, de l'eau et du sol, et continuent à pratiquer certains rituels très anciens.

un ovoo ou aobao, cairn sacré de la steppe mongoleun ovoo ou aobao, cairn sacré de la steppe mongole
Autour de l'ovoo flottent les katas rituels, blancs et bleus

Ils élèvent toujours, par exemple, des cairns de pierres aux esprits et aux dieux de la nature, les « Aobao » ou « Ovoo ». on les voit de loin dans des endroits dégagés, au sommet d’une colline ou d’une montagne.

Si quelques-uns sont surtout des repères indiquant les cols de montagne, la plupart remplissent une fonction sacrée.

Autour d’un mat où flottent des drapeaux bleus ou blancs, un amoncellement de cailloux est retenu par un muret de pierres sèches. Devant, une terrasse de prière se poursuit autour de l’ovoo par un chemin tracé qu’emprunte l’orant.

Qu’il s’y rende exprès ou qu’il en rencontre un lors d’un déplacement, le Mongol doit tourner autour, par trois fois, dans le sens des aiguilles d’une montre, en faisant vœux et prières à chaque tour.

Il finira en faisant un don à l’ovoo. Il peut y lancer un caillou qu’il a pris soin de prendre auparavant au sol pour en augmenter la taille et le caractère sacré. Il peut aussi y déposer, sur de fines hampes de bois fichées en terre, de nouveaux «katas », ces écharpes sacrées, bleues, couleur de ciel.

Il montre ainsi sa dévotion et s’assure de la bonne volonté des esprits qui l’accompagneront sur sa route ou exauceront son vœu.

 

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