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Lorsque les Huan, conquérants mongols envahissent la Chine en 1279 et font de Beijing leur capitale, dès 1403, les familles des dignitaires s’installent près de la Cité Interdite et du pouvoir dans des quartiers qui prennent le nom de Hutongs.
Ce mot, 胡同, (prononcer H'outong ) vient du mongol «hut», «hot» ou «hottog», qui nomme les puits ou abreuvoirs destinés à leur besoins personnels et à ceux de leurs chevaux. A Beijing, il désigne les rues et ruelles qui relient ces points d'eau, entre les habitations, les siheyuan, des maisons bâties autour de cours carrées closes, pour protéger la tranquillité des habitants et les protéger des redoutables tempêtes de sable venues du désert de Gobi.
Ces maisons sont formées d’un ensemble de 3 ou 4 bâtiments de plain-pied autour de la cour où poussent arbres et plantes : les plus riches possèdent de nombreuses cours en enfilade, sur une disposition très codifiée selon les principes du fengshui.
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Michel et Marie-France dans leur vélo-taxi | Les Hutongs à Pékin : démolition, reconstruction ... |
La plupart des quartiers anciens de Beijing ont été formés en joignant un siheyuan à un autre, lui même adossé au mur d’un voisin, et ainsi de suite jusqu'à créer la ville entière dans un étonnant entrelacs labyrinthique qui vit encore au rythme d'antan.
Le chef de famille occupe le bâtiment sud, tandis que ses enfants logent dans les deux ailes de la résidence. Les pièces orientées au nord sont, elles, traditionnellement réservées à l'étude, au logement des serviteurs, aux cuisines ou aux réserves.
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Des ruelles très propres | Portes rouges et cour entr'aperçue |
Malheureusement, entre l’accroissement de la population, le désir effréné de modernité et la perspective des Jeux Olympiques, les hutongs sont démolis à une vitesse rapide.
Il n’en reste plus guère que deux quartiers : un vers Houhai, au nord du lac Beihai ou à l'ouest des tours du Tambour et de la Cloche et l’autre au sud-ouest de Qianmen, dans la prolongation ouest de Dazhalan.
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Une vie calme et paisible : le hutong | Plantes vertes et vie douce |
Nous allons visiter le premier, sous les meilleurs auspices : notre car nous pose derrière la Cité Interdite et nous montons dans un vélo-taxi.
Le soleil brille mais l’air est frais : notre «cyclo-pousseur», prévenant, nous entortille dans une grande couverture. Et là, nous enfilons de nombreuses venelles où les habitants des Hutong perpétuent culture et tradition.
Le quartier est en pleins travaux : les autorités ont accepté de conserver près de 1 300 hectares, environ le quart de la superficie de la vieille ville. 658 siheyuanont donc été placées sous protection gouvernementale.
On assiste en direct à la transformation de plusieurs d’entre elles en musées, en bureaux ou logements pour l'administration, ou en hôtels de charme pour touristes fortunés. Les matériaux récupérés dans les maisons insalubres et détruites sont réutilisés pour la réhabilitation des siheyuan désignées par la municipalité, ce qui crée, en ce moment, un joyeux capharnaüm pas toujours odorant dans ces petites rues.
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le vendeur ambulant et son tricycle | vie quotidienne |
Le spectacle est partout : on longe des boutiques de quartier, on jette un œil au travers des portes rondes ou rectangulaires, on croise un vendeur ambulant qui transporte sa soupe au soja ou ses raviolis dans son tricycle...
Dans ces ruelles que les habitants essayent de garder d’une impeccable propreté, les maisons sont alternativement magnifiques, en ruines ou modestes ; quelques petits jardins s’ouvrent à notre vue, les habitants nous sourient : ils savent que c’est grâce au touriste que leur village ne sera pas détruit !
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Des ruelles très propres | Portes rouges et cour entr'aperçue |
On longe un superbe canal, le Qianhai, autour duquel se pressent restaurants chics et espaces verts.
On passe devant le palais du Prince Guo, le pont Desheng nous donne un aperçu sur le lac Behai. Les pêcheurs s’y pressent, les pédalos y voguent, d'autres vélos-taxis attendent le chaland…
Nous ne nous arrêtons pas devant le palais du Prince Gong. Dommage, on a l’air de pouvoir le visiter. C’est ce que nous regrettons ensuite : ne pas nous être promenés à pieds, n’être entrés dans aucun siheyuan, mais nous aurons quand même bien profité de la balade !
Nous nous arrêtons à l’angle de Xifushouli et de Dongfushouli. Un papy superbe joue aux dominos avec ses amis. Sa petite fille, curieuse, vient nous voir et tente de nous parler. Elle veut qu’on la photographie, comme les grands. On lui montre son portrait sur l’écran, ce qui la remplit d’aise : merveilles de la technologie !
Pour remercier notre «taxi», nous voulons lui donner un pourboire, qu’il refuse avec dignité (contrairement à ceux de l’année dernière à Pingyao). Nous nous quittons donc en lui serrant la main et allons déjeuner, l’appétit bien aiguisé par la promenade.