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Vu du ciel, le parc peut être divisé en sections Nord et Sud, suivant la cosmogonie chinoise traditionnelle. Le Tertre circulaire et la Voûte Céleste Impériale, avec son mur de l'Echo au Sud, la Salle des Prières au Nord, les deux zones reliées par l'allée Danbi gao.
La section sud, dont nous venons, carrée, symbolise la terre, la section nord, où nous pénétrons maintenant, semi-circulaire correspond à la représentation chinoise de la voûte céleste (tian).
L'ensemble offre aux empereurs, les Fils du Ciel, une passerelle vers le monde céleste.
A notre place, pauvres piétons mouillés et frigorifiés par la bise qui s'est renforcée, il faut imaginer le faste et la brillance d'antan...
Tous les ans, en effet, l’empereur, entouré de ses ministres, de sa cour et de quelque 10 000 eunuques, se rendait ici, par le même chemin, au printemps pour solliciter d’abondantes récoltes et au solstice d’hiver pour remercier les divinités des moissons précédentes.
Le Pont aux marches vermillon | La porte Chengzhen, en briques |
Nous suivons donc le Pont aux marches vermillon, le Danbi qiao, qui n'est pas rouge du tout. Nommé aussi la Grande allée Haiman, c'est une chaussée surélevée à 2,5 m du sol et longue de 360 m. qui relie le nord et le sud. Des dalles de marbre et de pierres blondes alternent, en bandes longitudinales.
La progression, vers la salle des Prières, doit donner l'impression de monter vers le ciel...
La Salle de la Prière pour de bonnes moissons, le Qinian dian, est spectaculaire. Elle est construite tout en bois, sans le moindre clou, et s'élève à plus de 36 m pour un diamètre de 32 m.
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La salle des Prières | Arrivée à la salle des Prières |
Le triple toit, couvert de tuiles d'un bleu intense, repose sur les 4 piliers des saisons, ornés de dragons dorés et une double rangée de 12 colonnes : les mois de l'année et les 12 périodes de 2 heures de la journée. Des dragons, des phénix et des fleurs richement colorés en ornent les traverses : une pure merveille !
La salle repose sur une triple terrasse de marbre blanc, haute de 6 m, desservie par huit belles volées d'escaliers.
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La salle, bâtie sur les principes du fenshui, a été placée, d'après les géomanciens, au point exact de la rencontre du Ciel et de la Terre...
Nous allons ensuite nous promener dans les jardins impériaux, à l'est du parc.
Dommage que le temps ne soit pas beau : nous admirons de loin quelques-uns des 60 000 arbres (dont 3 000 séculaires!) qui le parsèment. Nous nous réfugions un moment sous un arbre fendu par le milieu, qui nous fait penser à un des anciens malheureux eunuques impériaux...
Pour s'amuser, Lhamo, notre guide, colle son oreille contre le tronc, pour qu'il lui conte ses mémoires. Nous l'imitons donc, l'air ravi des confidences entendues.
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Musicien et footballeurs du Long corridor | Le parc et le long corridor |
Dès que nous nous éloignons, nous voyons plusieurs Chinois faire la même chose : est-ce ainsi que naissent les coutumes ?
Nous revenons par le Long Corridor, une galerie couverte de 500 m de long, qui comprend 72 travées richement décorées. Elle accueille tous les Pékinois qui sont d'habitude dans le parc.
Ils se reposent, jouent aux cartes, aux dés, au volant avec les pieds, à la balle avec des raquettes sans rebond, "à la cuillère". D'autres
font de la musique, d'autres enfin dansent au son d'un transistor. Nous faisons 3 tours de valse avec eux avant de partir...
Malgré le temps, peu clément, nous sommes ravis de notre visite.
Ce temple est l'un des plus beaux ensembles architecturaux religieux que nous ayons vus, grâce à sa conception très symbolique, à l'harmonie des couleurs et au volume parfait des bâtiments.