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Carnets de voyages de Chine, Le Temple du ciel : le Tertre circulaire

Le Temple du ciel : le Tertre circulaire

Aujourd’hui, le 5 mai, lorsque nous nous réveillons, nous avons la surprise de voir qu’il pleut ! Triste nouvelle, car nous comptons visiter le Temple du ciel puis le Palais Impérial… Mais après tout, le bon touriste ne doit-il pas affronter toutes les conditions météo pour avoir une idée plus exacte d'un pays ?

Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et enfilons nos K-ways : en route pour la visite ! Néanmoins, à notre arrivée, une mauvaise surprise nous attend : un vilain vent du nord nous coupe le souffle… Nos accompagnateurs nous prêtent de grandes capes de cyclistes, orange flashy ou bleu électrique, qui feront de superbes coupe-vent.

Le Temple du Ciel (Tian tan), qui s'écrit en chinois traditionnel : 天壇 et en chinois simplifié : 天坛 est situé dans la partie du sud-est de Pekin. Débutés 1420,  les travaux d'agrandissement des Qing (1644 - 1911) en ont fait le plus grand sanctuaire de Chine, avec une superficie de 273 ha.

Nous y entrons par le portail sud. Les principaux édifices sont orientés sur un axe sud-nord ou nord-sud. Nous trouverons donc, sur notre route : le Tertre circulaire, la Voûte céleste impériale
enserrée dans le mur de l'Echo, le pont aux marches vermillon et le Hall des prières pour de bonnes
moissons
.

Le Tertre circulaire, Huanqiutan, situé au sud du Parc représente une sorte de pôle cosmique : c’est là que l’empereur venait célébrer la cérémonie du solstice d’hiver, pour remercier des bonnes récoltes de l’année écoulée.

le tertre circulaire, vue généralela pluie sur le marbre : de jolies glissades !
Le tertre circulaire, vue générale
La pluie sur le marbre : de jolies glissades !

Construit en 1530 et réaménagé en 1749, le Tertre circulaire, haut de 5,17 m, est inscrit dans deux enceintes couvertes d'un enduit rouge, surmontées de tuiles bleues et percées aux quatre points cardinaux d'un triple portique en marbre blanc finement sculptées, les Portes Lingxing. L’enceinte extérieure carrée représente, ici aussi, la terre, et l'enceinte intérieure ronde, le ciel.

Le tertre lui-même est composé de 3 terrasses rondes en marbre blanc qui symbolisent successivement la Terre, le monde des mortels et le Ciel. Reliées entre elles par des volées de 9 marches, les terrasses, dallées de marbre blanc, comprennent chacune 9 pierres et la plus haute est ornée de 9 cercles de pierre, disposés autour de la «dalle céleste centrale». Si l’on se place dessus en parlant, le son, répercuté par l’enceinte circulaire, revient amplifié, comme avec le mur de l’Echo.

Le chiffre 9, le plus grand des chiffres Yang, fait référence aux neuf étapes qui permettent d’accéder au monde céleste… La métaphore se poursuit : 9 dalles composent le premier anneau, 18 pierres le second, jusqu'aux 81 du neuvième anneau…

les balustrades de marbre sont aussi des multiples de 9les portes lingxing
Les balustrades de marbre sont aussi des multiples de 9
Les portes lingxing

L'union parfaite de la construction et de ces nombres reflète l'idéologie de "l'union de l'homme et du Ciel", qui est représentée par l'empereur, le Fils du Ciel...

La taille des portes Lingxing a son importance dans un monde aussi codifié que celui de la Chine impériale : lors des grandes cérémonies, la plus grande, celle du centre, était réservée au dieu du ciel. La suivante, à sa droite, laissait passer l'empereur, quant aux dignitaires de la cour, ils devaient se contenter des portes les plus étroites, à gauche...

Tous passaient néanmoins sous les linteaux aux délicats motifs de nuages, sculptés dans le marbre, qui donnaient aux portes le doux nom de "portes aux nuages gracieusement dressés".

le bestiaire des angles de toit du Temple du cieltuile vernissée
le bestiaire des angles de toit du Temple du ciel
Tuile vernissée

Les angles des toits des temples et des palais, dressés vers le ciel en queue d’hirondelle, sont peuplés d’un bestiaire fantastique. Au Temple du ciel, ils sont en céramique vernissée bleu outremer, mais ailleurs, aussi, parfois, en bois sculpté et coloré.

Les silhouettes qui les peuplent peuvent être des animaux comme le tigre ou des créatures mythologiques, moitié-dragon, moitié-poisson. Leur rôle est de tromper les mauvais esprits pour faire croire qu’ils vivent dans l’eau : ils protègent ainsi l’édifice des incendies.

On voit aussi des phénix (fenghuang), des licornes (qi lin)… Quant aux humains, somptueusement vêtus, ce sont les héros qui rappellent les grandes épopées historiques.

Le nombre des faîteaux dépend d’un ordre hiérarchique strict. Ils peuvent se suivre par trois, cinq, sept, ou tout au plus neuf animaux ou héros, mais le toit de la salle de l'Harmonie suprême du Palais impérial en est surmonté de dix, unique exemple dans toute la Chine, montrant bien la suprématie du Fils du Ciel…

 

 

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