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En 2005, lorsque nous sommes allés sur la place Tian’anmen, 天安门广场 ou 天安門廣場, la place
de la Paix Céleste, c’était de nuit. De plus, à cause des défilés du 1° Mai, tout le centre était interdit d’accès : nous n’en avions pas vraiment saisi toute l’ampleur ni la majesté.
Depuis, nous y sommes revenus de jour. En début d’après-midi, sous un soleil étincelant, ça fait toute la différence !
Nous empruntons une série de souterrains, qui doivent nous amener au centre de la place. Ils sont envahis par une foule de vendeurs très organisés.
Ce sont apparemment des vendeurs à la sauvette, mais ils semblent bien tolérés par les forces de police et d’armée, très présentes en ces endroits fort touristiques ? C'est qu'ils font marcher toute une activité parallèle…
Ils proposent des marchandises diverses et variées sur des couvertures ou des tables pliantes : souvenirs de Beijing, bustes de Mao ou badges à son effigie ou, déjà, des «souvenirs» anticipés des Jeux Olympiques de 2008 : fanions, casquettes..
C’est tout juste si on ne peut pas acquérir de médaille olympique !
D'autres font cuire, sur des réchauds de fortune, des nouilles, des raviolis ou des pâtés fourrés à la viande pour les vendre, mais ils refusent de façon véhémente de se laisser photographier et nous passons notre chemin, parce qu’ils n’ont pas l’air contents !
Lorsque nous débouchons à l’air libre, le spectacle est saisissant : la place est vraiment immense et les touristes y pullulent.
Ils viennent visiblement des quatre coins de la Chine : les vêtements l’attestent.
Là, se côtoient de jeunes gens de la bonne société pékinoise, aux tenues et aux coiffures ultra branchées (mèches de couleurs, coupes de cheveux hardies), équipés d’un baladeur d’un côté, d’un téléphone-appareil photo de l’autre, juchés sur des patins à roulettes high-tech, et des provinciaux évidents.
Place Tiananmen : le Monument du Peuple | le Musée de l'Histoire et le parlement (Renmin Dahui Tang) |
Des familles venues de très loin, visiblement fatiguées ou éprouvées par la grande ville sont affalées au pied des lampadaires ou même autour du Monument aux Héros du Peuple, Renmin
Yingxiong Jinianbei, un obélisque de 38 m érigé en plein milieu de la place Tian'anmen qui symbolise le triomphe du peuple : plusieurs générations sont venues, des grands-parents aux petits bébés aux culottes fendues.
Leurs bagages aux pieds, sacs, valises, paquets, ils en extraient de quoi se changer, boire et manger… les plus épuisés piquent un petit somme, nullement dérangés par la foule qui se promène ou les amateurs de cerfs-volants qui les font voler ou en font commerce.
Le Mausolée de Mao | Sculpture commémorative des Ouvriers du Parti |
Nous essayons de photographier des militaires, très nombreux, dans des uniformes de diverses couleurs. Les officiers refusent dès qu’ils sont deux ou plus. Un tout seul se laisse faire, si on lui lance un grand sourire de blonde, assorti d’un « allez, oh, allez ! ».
Quand aux troufions qui montent la garde, 50 pas dans un sens, 50 pas dans l’autre, il suffit de se mettre sur leur route : rien ne leur permet de s’en détourner. Au choix ils feront la tête ou souriront !
Deux jeunes filles aux coiffes colorées engagent la conversation en anglais : elles viennent de Kunming, au Sud, et montrent leur origine par leur coiffure, fièrement.
La porte Tiananmen, tribune de fêtes |
On se photographie mutuellement (les Chinois sont au moins aussi bons à ce petit jeu-là que les Japonais !), puis on se sépare à regret.
Comme l’an dernier, mais en plein soleil, on se refait prendre en photo devant le portrait de Mao Zedong, que nous mettons entre nous deux par un effet d’optique. Ce portrait géant, qui orne la porte de la Paix Céleste, Tian’anmen, est repeint chaque année pour les fêtes du 1° octobre, ce qui explique qu’il n’a jamais l’air abîmé par les intempéries.
En revenant, nous passons devant le Mausolée de Mao, Mao zhuxi jiniantang, où le corps embaumé du Grand Timonier est exposé, protégé par un couvercle de verre, sur une dalle de granit noir du Taishan dont nous revenons…
Une file de gens fait une longue queue pour l’apercevoir et lui rendre hommage.
Marie-France, Michel et Mao Zedong, place Tiananmen | Le monument au Héros du Peuple et l'hommage aux soldats de la Longue Marche |
Au sud du mausolée, nous tombons en arrêt devant une sculpture monumentale. Elle représente un groupe d’ouvriers devant une allégorie du Parti, du même style stalinien décalé que les monuments qui nous entourent.
On quitte la place en passant devant la porte Antérieure (Qianmen), un des vestiges du mur d’enceinte du vieux Pékin. Malheureusement la porte, en bois, qui date de l’empereur Yongle au XV° s, est en cours de réfection et elle est cachée par des bâches, ce qui ne nous en donne qu’une vague idée.
Après tant de culture, nous allons maintenant sacrifier au rituel achat des derniers cadeaux avant le retour…