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La résidence privée des descendants de Confucius | ||||
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Nous passons à la résidence privée, située à l’arrière. Elle est bâtie sur le modèle des «siheyuan», les maisons traditionnelles dont les bâtiments s’ordonnent autour de cours carrées qui s’imbriquent les unes dans les autres. Ainsi leur agencement peut-il refléter à la fois l’ordre cosmique et le pouvoir impérial. On y pénètre par une porte ronde, une "porte-lune", symbole de perfection, d’harmonie et d’entente au sein de la famille. | ||||
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![]() | ![]() | Derrière l’entrée, un mur écran, le jingbi, protège la cour. La maison est un espace clos qui n’a pas à s’ouvrir sur le monde, puisqu’il en est, en plus petit, la réplique. L’écran remplit deux rôles : il sert à isoler la famille de l’extérieur et empêche les démons d’entrer, puisque, comme chacun le sait, ils ne peuvent se déplacer qu’en ligne droite ! L’écran est superbement décoré vers l’intérieur de la cour. Sur un fond cramoisi, une sorte de licorne aux tons bleutés semble vouloir dévorer le soleil : elle représente l’insatiabilité (tant financière que sensuelle, nous dit notre guide) et doit dissuader les résidants de contrevenir à la morale ou aux lois… D’ailleurs, devant une des pièces, juste avant d’entrer dans la cour des femmes, se trouve une dalle rayée de reliefs pointus. Là, les femmes «désobéissantes» devaient rester agenouillées, suivant la gravité de leur faute, d’une heure à un jour et une nuit (maximum). Une de nos camarades s’essaye au supplice : elle crie de surprise et de douleur tout de suite malgré son jean, et se relève en 3 secondes. On reste songeur devant tant de beauté associée à tant de barbarie. Un "supplice chinois", bien sûr... Mais notre guide locale, une jeune femme, nous rassérène aussitôt en disant que, de nos jours, vu le pouvoir qu’ont acquis les femmes chinoises, ce sont les hommes qui devraient s’agenouiller ! (rires de l’élément féminin de l’assemblée !) S’il en va de même que dans la Cité impériale (mais, compte tenu de l’importance de la famille, ça semble aller de soi), par les témoignages de la vie à la cour que l’on peut lire, les épouses secondaires avaient leur propre pavillon, où elles élevaient leurs enfants, pour éviter toute chamaillerie intestine. C’est dans les cours, en territoire plus neutre, que se côtoyaient ces différents clans ou générations. | ![]() | |
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Cela n’empêchait pas les drames : lorsque le 76° descendant, le duc Kong Linyu, est mort en 1919, il n’avait que deux filles. Mais, de ses deux concubines, Mmes Feng et Wang, la dernière était enceinte. Les tenants d’une faction rivale la bloquent dans ses appartements, mais elle réussit néanmoins à donner naissance à un enfant mâle, continuateur de la lignée, Kong Deshen, celui qui a dû s’exiler ensuite à Taïwan, lors de l’avènement du communisme. Il ne faut que 2 semaines pour que la première épouse, Madame Tao, stérile, fasse empoisonner la mère de l’héritier. Nous sommes en 1920… Les pièces, très ornées, regorgent de vestiges culturels de grande valeur : vêtements, objets d’arts, ainsi que de 9 000 volumes d'archives accumulés entre 1534 et 1948. Seule la famille, les dames d’honneur, les servantes et les serviteurs mâles eunuques (宦官 huàn'guān, ou 太監 tàijiān, coutume abolie en 1912 seulement) pouvaient pénétrer dans cette enceinte. La chambre nuptiale de Kong Decheng et Sun Qifang, sa nouvelle épouse, par exemple, est présentée en l’état originel : lit au baldaquin de soie, meubles et coiffeuses à l’occidentale (une fantaisie de l’époque), vases et porcelaines précieuses… Leur salle de mariage, en revanche, à cause de son caractère officiel, se trouve dans la partie principale du palais. Très imposante, avec ses meubles en bois sombre, la couleur rouge, celle des festivités, de la joie et du mariage, éclate sur les soieries des panneaux, des sièges ainsi que sur les tables d’appoint et les chandeliers. Ce qui frappe pourtant, dans ce salon, c’est le côté formel et guindé de la disposition des meubles. On sent bien là les enjeux que revêtait l’association de deux familles, ou de deux clans ! |
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Au fond de la résidence, une porte nous permet d’accéder au « jardin de derrière », le jardin réservé aux membres de la famille Kong et au personnel de service, de garde ou d’entretien autorisé. | ||||
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