Arrivée au Mont Tai, le Tài Shan, 泰山


 

Vous êtes ici : Accueil > Chine > Shandong > Arrivée au Mont Tai

 

 


 

De Beijing, nous partons en car vers la Province du Shandong.

Une dizaine d’heures de route et de paysages champêtres qui s’élèvent au fil du temps, entrecoupés de pauses «techniques», (voir la page «autoroutes») nous amène au pied du mont Tài, le Tàishan, (泰山) dans la ville de Tai’an, où le complexe sacré du Dai Miao servait de cadre aux rites sacrés honorant la montagne.

D’après la plus ancienne mythologie, Taishan est sorti de la tête de Pangu, le créateur du monde, célébré depuis plus de 4000 ans par les chamans puis les empereurs…

Source de vie, c’est là que le soleil entamait son parcours diurne. Depuis, la montagne, puissance vivante, aide à préserver l’ordre cosmique : assembleuse de nuages, faiseuse de pluie, elle crée et stabilise toute vie aux alentours.

 

 


 La carte du Taishan

Nous sommes tout de suite dans l’ambiance : cette montagne, la plus sainte, la plus révérée, la plus élevée des 5 montagnes sacrées de la Chine avec ses 1545 m d'altitude est aussi la plus visitée. Elle est inscrite au Patrimoine mondial de l'Humanité depuis 1987.

Nous arrivons au village de Tianwaicun, d’où partent les premières volées des 6 600 marches qui montent au sommet sacré…

A côté du temple de Tiankuang, un musée de plein air comprend 200 stèles parées de vieux cyprès tordus dont plusieurs ont 2000 ans. Autrefois, les empereurs montaient à cheval au sommet de la montagne et les mandarins y étaient conduits en palanquin. Les pédestres pèlerins peuvent encore choisir entre 2 itinéraires, celui du centre et celui de l’ouest. Ils longent des temples, des pavillons, des stèles gravées, des sanctuaires…  

Nous abandonnons notre car. Des mini-bus nous mènent à mi-pente, à Zongtianmen (la porte à mi-chemin du ciel), à 847m d’altitude, où nous prenons le téléphérique (honte à nous, infâmes paresseux !).
Des œufs confortables, à 6 personnes, nous font survoler les pentes où les arbres commencent à se parer de fleurs jaunes, roses et blanches, annonçant le printemps.

Nous arrivons à Nantianmen, la «porte du sud pour gagner le Ciel», l’entrée du Royaume des Immortels.

Le sacré et le profane font bon ménage, en haut du mont. La rue Tianje (rue du ciel) nous offre, du côté de la montagne, une rangée d’échoppes et restaurants aux tentations diverses .

Une vue à couper le souffle nous attend : du haut des dernières marches, nous voyons la fin du "sentier aux 18 virages" qu’ont gravi pèlerins et porteurs de marchandises, sacrées ou profanes... Une jeune fille rouge comme un coquelicot nous annonce, triomphante, qu’elle a fait l’ascension en 4 heures : est-ce bien raisonnable, car on compte en général 6 heures ? On la voit continuer en titubant : la piété va-t-elle de pair avec l’exploit, le pèlerinage vaut-il si on s’écroule au bout ?

Notre hôtel, le Shenqi, en haut de la montagne, domine tout le site et les temples environnants.
Nous trouvons, dans la chambre, des manteaux verts, en feutre ouatiné, à galons dorés : des capotes militaires chinoises, qui nous font craindre le pire pour la température de la nuit, d’autant que l’établissement, bien que très luxueux, (c’est le seul 3 étoiles du coin) n’a pas l’air chauffé !

Après le dîner, délicieux, nous revêtons nos capotes, des écharpes, des bonnets et nous rendons au temple des Nuages d’azur, le Bixiagong. La foule est dense et joyeuse, en ce jour de fête. Le supérieur du monastère reçoit les pèlerins et leur donne quelques pieux conseils.

Dans le Hall des Présents célestes se déroule une belle cérémonie d'offrande à la déesse Bixia, rendue plus solennelle par le son des gongs, la fumée de l’encens et les tremblotantes lueurs des bougies qui percent doucement l’obscurité.

Devant le Hall, un moine nous offre une démonstration de Taichi du Wudang, lente et hiératique, entrecoupée d’accélérations foudroyantes. C'est un moment magique dans le brouillard qui s’élève, les volutes d’encens et le givre qui commence à scintiller.

Emus et silencieux, nous revenons à l’hôtel nous glisser sous la couette pour attendre 5h, l’heure du lever du soleil…

Le musée de plein air de Tiankuang et ses 200 stèles
 Chine, le Mont Tai : Zongtianmen et ses boutiquesLe départ du téléphérique du Taishan

 

Trépied à encens du temple et ses cadenas votifs

 

Les cadenas et les rubans rouges votifs du Temple Bixiagong

 

Le Taishan : le portail de la rue Tianje

Un oratoire sur le Taishan

 

Le Taishan : la Porte Nantianmen

Le sentier aux 18 virages : la fin des 6 600 marches...

 Le Taishan : le Temple Bixiachi sous le soleil (oui, mais quand ?)Le sentier aux 18 virages, en été
 

Arrivée au temple : la cérémonie nocturne

Les pèlerins du Bixiagong et leurs grosses capotes chinoises

 


rubans et cadenas sous le gel : symphonie en rouge, or et argent

 

 

 

 

 

 

 

Quelques belle légendes courent sur cette montagne mythique, aussi imprégnées des vieilles croyances que de la spiritualité Taoïste :

Celle de la déesse du Taishan, Bixia, la Princesse des Nuages azurés :

De son vivant, la déesse était une humble campagnarde qui avait consacré toute sa vie à soigner les nécessiteux qui venaient la voir. A sa mort, ses concitoyens, reconnaissants ont donné son nom à la montagne. Son âme est montée directement au ciel et, divinisée, elle est devenue «fille du Dieu de la montagne». Depuis lors, un canal énergétique relie le sommet de la montagne au ciel, y créant les conditions favorables aux pèlerinages et à l’accomplissement des vœux.

En 2006, on célèbre l’anniversaire des 2000 ans de la Dame. C’est donc un moment très favorable pour visiter les lieux.

S’y est rattachée, récemment, une belle histoire aux allures de légende : Il y a quelques mois, on a vu un tigre courir dans la montagne. Chose surprenante, il n’attaquait personne, n’était pas agressif. Il a pu être pris en photo : sur le front, ses rayures dessinaient le signe «yang» (trois barres horizontales), celui du principe mâle, de la force, du feu. Quand on a essayé de l'attrapper, il a disparu..

On a rapproché l’épisode de vieilles légendes : c’est une histoire qui semble se reproduire tous les 200 ou 300 ans et qui chargerait la montagne d’énergie.

Aux temps anciens de l’Empire, l‘empereur devait, à ces moments-là, escalader, à pieds ou en palanquin, les marches du mont, pour rendre hommage à ce lieu très sacré, et établir une relation d’énergie entre le ciel et le pays. Les croyants, ensuite, se rendaient en pèlerinage dans les temples du Taishan, qui devenaient alors centres de soins pour les personnes âgées ou malades.

Qui, cette année sans empire, viendra remplir les conditions de préservation de l’ordre cosmique ?

Voici une autre croyance rattachée à la déesse, qui perdure (au moins dans la région) par delà les siècles : quand une femme stérile veut enfanter, elle vient en pèlerinage dans le sanctuaire de la princesse, le Bixiagong. Après avoir prié, elle achète une petite figurine de bébé qu’elle accroche à son cou par un cordon rouge.

Naturellement, elle devient enceinte. A l’accouchement, elle met le cordon au cou de son enfant, et doit, plus tard, le ramener sur la montagne, car il a droit au nom d’«enfant de Taishan». La coutume veut que ces enfants soient plus intuitifs que les autres et d’une intelligence au-dessus de la moyenne, en récompense des efforts fournis par la mère et de sa piété.