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Petit matin gelé sur le mont Tai, le Tài Shan, 泰山 | ||||
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Le réveil sonne à 5h sur le Mont Tai (泰山). C’est le jour anniversaire du 2° millénaire de la déesse de la montagne, la Princesse des Nuages azurés. Il convient donc d'assister au lever du soleil du point le plus haut du Mont : le belvédère qui est à l’extrémité du sommet de l’Empereur de Jade. Juste au-dessous d’une stèle dont les caractères se sont effacés se dresse le rocher Gonbei. On dit que, de là, autrefois, des dévots en transe se jetaient dans le vide… Hier soir, la température affichée à la réception annonçait –4° à -8° pour la nuit, avec du vent, aussi se couvre-t-on bien. | ||||
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![]() | Qui veut ne pas savoir comment Marie-France s’est couverte pourra sauter ce paragraphe, un peu affolant, je le concède. En bas, chaussettes-cuissardes de ski, collant de gym, 2° paire de chaussettes de laine, pantalon épais. En haut, caraco, ti-shirt, twin-set en laine, sweat-shirt en polaire, coupe-vent. Dessus, la capote militaire chinoise déjà contée, bonnet, gants… Peut-on dire «une vraie matriochka chinoise» ? 5 h 20 : Ainsi harnachés (Michel en a presque autant sur le dos), nous rejoignons nos camarades, qui, côté élégance, ont fait tout aussi fort !!! Il suffit de passer le nez par la porte pour s'apercevoir qu'une tempête de neige s’est levée. On part dans le blizzard pour essayer de le voir, ce lever de soleil. Dans une brume glacée, et glaçante, nous dérapons jusqu’à la station météo du sommet. On s’accroche les uns aux autres ainsi qu’à la paroi. Sous le vent, on essaye la technique de la «tortue». Tous groupés, tous serrés, dos au vent on saute ensemble comme les pingouins de la Marche de l’Empereur. On crie vers le soleil, bien absent : il a bien dû se lever, le bougre, mais AILLEURS ! 6 h, on est de retour à l’hôtel. Un bon petit déjeuner nous revigore, on retente une sortie. La montagne a pris, entre temps, un aspect féerique. Elle est toute blanche. Blancs les arbres, les temples, les moustaches de ceux qui en ont, les cils, les sourcils, les cheveux ; argentées les plantes, les grilles, les marches… Mais c’est que ça glisse ! 8 h 10. Quelques belles photos plus loin, on revient prendre une douche chaude et se préparer au départ. 9 h 30 : on s'en va prendre le téléphérique. On descend le long de la rue Tianje, malheureusement sans les gros manteaux qu’on a dû rendre. Le sol, sous l’action conjuguée du vent, du gel et de la neige, est très glissant ; la marche est difficile, on doit se soutenir les uns les autres. 10 h... le téléphérique est fermé à cause du vent. Après ½ h d’attente dans le froid, nos accompagnateurs nous font ouvrir un hôtel local, très local (le Shengi, notre 3* est complet, maintenant). On y attendra le dégel : on se tasse à 10 ou 12 dans des chambres à 4 lits, assis sous des couettes (naturellement, ce n’est pas chauffé) en se racontant des histoires et en trouvant l’aventure, finalement, comique : oh, insouciance du voyageur… 12 h : déjeuner improvisé dans le «boui-boui» de cet hôtel. Compte-tenu des circonstances, jamais repas ne nous aura paru aussi délicieux ! Alcool de riz, rires et chansons, on danse même un Madison endiablé sur la terrasse sous les yeux ébahis de nos hôtes. 13 h : retour dans les chambres en attendant… mais quoi ? 14 h 30. Un ordre «vite, vite». Le vent a légèrement baissé, on prévoit –10° la nuit prochaine, on ne pourra pas dormir dans la pension. Il semble difficile de descendre à pieds, chaussés comme on est, les 6600 marches verglacées. Bien qu’encore balancés par le vent, les œufs ont rouvert ¼ d’heure pour monter quelques dignitaires. Si on veut descendre, c’est tout de suite. Ce qu’on fait… Deux jours plus tard, on apprendra que le temps était redevenu exécrable juste après notre passage, bloquant les autres pèlerins sur le Taishan. La météo avait prévu, ces jours de fête, un temps magnifique. Cette tempête, uniquement au sommet de la montagne, a été complètement inexplicable. | ![]() | ||
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Il faisait un temps très doux dans la plaine, ce que nous avons d’ailleurs constaté. Peut-on imaginer que la montagne se soit mise en colère parce que l’empereur, ou son équivalent, n’est pas venu en ce jour anniversaire renouveler la relation d’harmonie entre l’homme et la nature ? Poussons plus loin dans la légende : si nous sommes finalement bien descendus, n’est-ce pas parce que nous sommes allés rendre hommage à la déesse, le soir, et qu’elle nous en a remerciés ? Mystères insondables de l’Orient… | ||||
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