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Nous allons visiter Gortyne, capitale dorienne puis capitale provinciale de l'époque romaine, qui s'étend sur 400 hectares dans la riche plaine de Messara. Dans la mythologie, Gortyne est aussi liée à la célèbre légende de Zeus et d’Europe.
N'oublions pas que Zeus est né en Crète et qu'il a divinement grandi aux pieds du mont Ida.
C'est donc là que, plus tard, métamorphosé en taureau pour échapper à l'oeil vigilant de son épouse Hera, après avoir enlevé Europe, la fille d’Agénor, roi de Phénicie, il l'a emmenée à Gortyne où il s’est uni à elle à l’ombre d’un platane (naturellement, toujours visible !)…
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L'odéon romain | Des inscriptions en boustrophédon : les "Tables de la loi" |
De cette union sont nés Minos, Rhadamante et Sarpédon. Minos deviendra le roi de l'île, Rhadamante en sera le législateur,avant de devenir un des trois juges des Enfers.
Quant à Sarpédon, banni par Minos à qui il disputait le trône, il rencontra Cilix et tous deux fondèrent un royaume qui se nomma Lycie, du nom de leur successeur Lycos, venu se réfugier auprès d'eux après avoir été banni par son frère Égée...
A Gortyne, par un sentier qui passe au dessus de l'Agora antique, on rejoint l'Odéon romain, le plus grand de Crète, avec son diamètre de 33 m. C'est un petit théâtre à côté duquel on a découvert les 12 "Tables des Lois" de Gortyne, exposées et protégées par des grilles.
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Le prétoire et la basilique de Saint Titus | |
Elles sont datées du V° siècle av. JC., époque dorienne. Sur 40 blocs de pierre, 17 000 signes gravés sur plus de 600 lignes se lisent alternativement de gauche à droite, puis de droite à gauche sur la ligne suivante : c'est la technique du "boustrophédon".
C'est le plus anciens code de lois connu d'Europe,qui parle de la propriété des esclaves, du statut social et juridique de la femme, de la succession, de l'adultère, du recours à la justice obligatoire en cas de conflit ...
Au sud de la route, on visite d'autres ruines qui datent de l'époque romaine : des fragments de colonnes, des fondations de maisons, des ébauches de murs, une agora, les gradins d'un théâtre, des ruines d'un temple et de thermes. En effet, depuis le IV° siècle, les sources chaudes des environs sont réputées pour leurs vertus curatives.
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Paysages crétois, des collines à la plaine côtière | |
La basilique de Saint Titus, ou Tite, est byzantine, et date du VI° siècle après JC. Tite, premier évèque de Crète, a été nommé par Saint Paul, et fit de Gortyne la première ville crétoise chrétienne. En 106, à l'âge de 94 ans, Tite est mort martyrisé, pense-t-on, à cet endroit, ce qui explique le choix du nom de la basilique.
C'est grâce aux amours de Zeus que, sur la plupart des monnaies frappées à Gortyne, on voit l’image d’Europe sur le dos du Taureau ou dans les branches du platane. Nous avons donc photographié ce fameux platane des noces de Zeus et Europe...
Ensuite nous allons à Phaestos, second palais minoen de Crète, qui recèle tant de mystères !
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Le palais de Phaestos | La cour centrale |
Les ruines du palais occupent une colline basse aménagée en terrasse. La ville était reliée par une route à Knossos. Phaistos devint riche vers le 2000 av. JC., grâce au commerce avec l'Egypte. En effet, elle fut le centre de production d'une très belle céramique pendant le minoen moyen.
C'est là que l'on aurait utilisé pour la première fois, dès le XIX° s., l'écriture linéaire A puis B (tablettes d'Hagia Triada). Le "disque de Phaistos", en argile (vers 1650 av.JC.) en témoigne.
Le disque de Phaïstos est un des monuments les plus énigmatiques de l'Antiquité. Il a été découvert le 3 Juillet 1908 sur le site par un groupe d'archéologues, sous la direction de l'Italien Luigi Pernier. Il mesure 158 à 165 mm de diamètre et 16 à 21 mm d'épaisseur. Il est en argile cuite, lisse et satinée, d'une belle teinte ambrée.
Il est recouvert sur ses deux faces de 242 pictogrammes écrits en spirale, dont le sens est encore inconnu, à l'aide de 45 poinçons différents. Depuis cette époque les archéologues ont relevé le défi de la traduction, mais il résiste...
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La partie Nord du palais | Un balcon vers Matala |
Certains pensent qu'il décrit la civilisation égéenne, d'autres explications sont nettement plus farfelues, allant jusqu'à invoquer des extraterrestres délivrant des messages pour les générations à venir... Comme nous avons manqué de temps pour l'étudier, nous ne nous risquerons pas à trancher !
Il nous reste quelques vestiges, datant de 2000 à 1700 av. JC., du premier palais, conservés sur une assez grande hauteur du fait des dénivellations. La ville fut détruite par des envahisseurs au XVe s. av. JC.
Le second palais, détruit vers 1450 av.JC„ est plus petit, mais plus harmonieux que celui de Knossos, tout en présentant les mêmes éléments principaux : un théâtre plus monumental, avec un escalier impressionnant, qui s'étend sur 20 m de longueur et 14 m de largeur, une cour centrale, des mégaron qui pouvaient être les appartements royaux, un bassin lustral pour les ablutions rituelles, des magasins très bien conservés.
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La fontaine vénitienne de Spili | |
Après ce saut dans l'Antiquité, ses légendes et ce mystères, nous poursuivons notre route à travers la montagne. Nous traversons des régions verdoyantes :
Un arrêt à Spili nous permet de nous désaltérer à la "Kefalovrissi". longue fontaine vénitienne aux 25 bouches, dont 19 sont des gargouilles à la tête du lion de Saint Marc, emblème de la Sérénissime.
L'eau fraîche y coule en abondance (350 m3 d'eau par heure !). Autour, les platanes invitent à la détente.
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La plage de Matala et les grottes calcaires | |
Nous nous promenons un instant dans les ruelles sinueuses et fleuries, buvons un verre dans une des tavernes traditionnelles, et repartons vers Matala, notre étape du jour, sur la côte Sud de l'île.
Sa large plage, au fond d'une baie, est abritée par des falaises de grottes-tombes habitées dès l'âge de la pierre.

