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Nous parcourons le nord-est de la Crète : c'est une région riante et paisible.
Après une nuit agitée à Sitia (en effet, notre hôtel était en centre ville, et une bonne partie de la nuit, de jeunes centaures à mobylette ont tourné sur la place, sous les yeux ravis des copains....), nous allons nous enfoncer dans l'arrière-pays par des petites routes détournées ou des pistes.
Nous pourrons ainsi rencontrer de pittoresques petits villages où vivent les Crétois des montagnes. La route qui part à l'est de la ville longe la baie de Sitia et mène à Toplou, puis à Vaï.
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Le monastère de Toplou : le moulin | |
A 21 km à l'est de Sitia, le Monastère de Toplou, ou Toplu, est un ensemble médiéval fortifié du XII° siècle au clocher Renaissance.
Son histoire est, elle aussi, liée à la résistance contre les occupants ottomans. Il a, en effet, conservé son nom d'origine turque : Toplu veut dire monastère "aux canons": sous les Vénitiens, c'était une des plus importantes forteresses de la Crète de l'Est.
Les bâtiments sont de style vénitien : sur une tour carrée, le clocher est octogonal et soutient une coupole.
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La nativité, Vierge à l'Enfant | La Gloire du Christ |
Dans cette Crète orientale, non loin des collines où règnent les grillons, les cigales, au milieu des buissons parfumés,ce monastère abrite de très belles icônes et des fresques du XIV° siècle.
Commes celles de la Nativité, la Cène, la Gloire du Christ, dont les détails à frémir font penser aux horreurs de l'enfer d'un Jérôme Bosh, ainsi qu'une collection de lithographies et de gravures que d'aimables moines se font un plaisir de nous montrer et de nous expliquer.
Fresques et icônes ont une double fonction : montrer l'histoire du monde selon la tradition orthodoxe et démontrer la permanence de la foi grâce à la vie, les actes, les miracles ou les martyres des Saints : des règles strictes régissent alors la disposition et le traitement des sujets.
Tout est codifié, dans les matériaux, les emplacements et la décoration, tout doit être clair et enseigner le profane ; l'aspect esthétique n'est important que s'il poursuit ce but !
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La cour intérieure et les cellules | La palmeraie de Vaï |
Quant aux procédés anciens, ils nous paraîssent amusants : les artistes faisaient tout eux-mêmes. Ils se servaient, par exemple, de bave d'escargot comme liant, de cire d'abeille, de jus d'ail comme mordant pour l'or du nimbe de la tête...
Les pinceaux se préparaient avec des poils de chèvre, des crins d'âne, des barbes de mulet, des soies de porc, suivant l'usage auquel on les destinait...
Nous poursuivons vers Vaï : le paysage est de plus en plus sauvage, formé de ravins dont le plus célèbre est le "ravin des Morts"... Il est bordé d'allées d'origans odorants et de bois de lauriers sauvages.
Nous sommes dans un micro-climat subtropical : la plage de Vaï est la seule plage de palmiers de Crète. Située dans un parc magnifique en lisière de la palmeraie la plus vaste d'Europe, la plage étend ses 25 km de sable fin et rosé sous nos yeux.
Nous avons la surprise de croiser une méharée : les dromadaires avaient été introduits dans l'île il y a longtemps, ils sont restés dans la palmeraie, quoi de plus normal ?
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Les éoliennes venues de France | La côte, de Vaï à Sitia |
Dans la plaine de Chandras, qui occupe un plateau fertile où tournent des éoliennes construites par des ingénieurs français d'EDF, nous admirons un lieu important de la production des raisins dits de Smyrne. Là, on pratique toute l'année une agriculture intensive.
Les villages étaient encore assez rustiques en 1993, lors de notre passage. Les cafés (kafnenia), le long de la route, accueillaient toujours leurs paysans en costume traditionnel : le turban et la vraka, une culotte bouffante retenue par une longue écharpe enroulée autour de la taille, pendant que d'autres amis les rejoignaient sur leur mulet...
Accueillants, ils étaient toujours prêts à engager la conversation lorsque nous arrivions, buvant un café, un ouzo, bavardant ou fumant, et souvent, égrenant entre leurs doigts le comboloy, ce curieux chapelet qui occupe les mains sans vocation religieuse....

