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La capitale, Santo Domingo de Guzman, qui doit son nom à l'hommage des frères Colon à leur père, est une ville très étendue,et fort peuplée : elle compte 3 millions d'habitants sur les 8,2 de l'île. Mais la partie ancienne, la vieille ville, est géographiquement concentrée, plus calme et romantique.
Classée par l'Unesco au Patrimoine mondial de l'humanité, c'est là que s'est établi Bartolomeo Colón le frère de Christophe, qui en fit la première ville du Nouveau Monde, puis une étape importante vers le grand continent que l'on découvrit ensuite : l'Amérique.
L'lle s'étend sur la rive ouest du fleuve Ozama et est édifiée selon un plan en damier qui a servi de modèle à presque tous les urbanistes de l'Amérique latine.
Bien que dévastée par un cyclone en 1930, la ville contient encore quelques-uns des premiers bâtiments officiels des Indes Occidentales : 1° hôpital, 1° cathédrale, 1° monastère, 1° Cour royale, 1° tribunal, 1° douane. Nous en visitons de beaux vestiges, bien conservés ou restaurés.
Le cœur de la ville,encore enclose dans une partie de ses anciens remparts, est le Parc Colón : une belle place où trône l'Amiral découvreur, entouré de nombreux palais et monuments : l'ancien hôtel de ville, le Palais des Beaux arts, et, au sud, la Cathédrale, Santa Maria la Menor.
Elle a été édifiée entre 1523 et 1541 sur l'ordre de Real Miguel de Pasamonte dans un beau style Renaissance espagnole, en calcaire corallien. style gothico-plateresque (qui allie les caractéristiques architecturales des styles gothique et Renaissance espagnole aux ornements baroques).
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La Cathédrale santa Maria | Symphonie pour fronton, frise et armes royales |
La façade principale, de style "plateresco" offre à nos yeux une belle frise sculptée sous le fronton triangulaire, et les armes des Rois Catholiques : Isabel et Ferdinand.
La Cathédrale, Santa Maria la Menor, renferme de nombreux trésors artistiques : le maître-hôtel forgé en argent pur, un tableau de Madone de Murillo, la couronne de la Reine Isabelle d'Espagne, divers rétables aux sculptures somptueuses.
On a cherché la tombe de Christophe Colomb, mais elle a été retirée en 1993, alors on ne l'a pas trouvée. 14 petites chapelles disposées de part et d'autre de la cathédrale. Jusqu'en 1992, l'une de ces petites chapelles renfermait le tombeau de Christophe Colomb; il se trouve dorénavant au phare de Colomb.
La cathédrale doit d'avoir gardé ses trésors à l'usage qu'en a fait Sir Francis Drake, le célèbre corsaire anglais,lorsqu'il a mis la ville à sac en 1586 : l'utilisant comme quartier général, il lui a ainsi évité d'être pillée !
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Des touristes attentifs | Michel admire les rétables superbes |
Comme ailleurs en Amérique latine, de même que dans le bassin méditerranéen catholique, on est partagé entre plusieurs sentiments en visitant ces édifices :
1. l'admiration devant le travail fabuleux des artistes : sculptures sur or ou argent, travail du marbre,de l'acajou ou du calcaire corallien, comme ici,
2. l'étonnement devant l'accumulation de tant de richesses, mais aussi du désanchantement devant les sacrifices que ces édifications ont demandés aux peuples qui les ont érigées : la richesse ostentatoire de l'Eglise comparée au dénuement des populations de ces époques.
3. la réutilisation des richesses des civilisations précédentes (par exemple, dans notre cas, des Taïnos) au profit des nouveaux occupants, donc leur destruction.
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Le maître-hôtel en argent pur | Une Madone pour Murillo |
En revanche, il est réjouissant de voir que parfois les artistes locaux ont su, au milieu des témoignages de la nouvelle foi, glisser des survivances de l'ancienne : parmi les saints, une divinité païenne, ou, encore plus amusant,dans un endroit plus retiré, un ange violemment sexué : attributs bien virils ou seins appétissants.

