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Bien que petit, le parc nous offre des paysages très variés, chacune de nos sorties nous a amenés dans des endroits différents qui nous ont révélé, chacun, de grandes surprises.
A quelque distance du lac desséché qui nous a accueillis à notre arrivée, les marais d’Enkongu Narok, toujours verts, sont nourris par des sources souterraines provenant du Kilimandjaro. La végétation, dense, est faite de palmiers nains, de roseaux, de papyrus et d'ajoncs.
Elle accueille, dit-on, au moins 40 espèces de mammifères et près de 400 d'oiseaux dont certains migrateurs viennent même des grandes toundras russes…
Les éléphants, par exemple, bénéficient ici en abondance de l’eau dont ils ont tant besoin.
Pour mieux les voir, on nous amène sur une éminence qui domine ces marais, les plus étendus de la réserve. L'observatoire d'Enkongu Narok y a été installé, visible de partout à la ronde.
Les voitures s’arrêtent en contrebas et c’est une rude grimpette qui nous mène au sommet !
Mais notre effort est récompensé : nous dominons les plaines alentour, seul le Kilimandjaro nous domine, au loin, toujours caché derrière ses nuages…
De là, nous avons une vue plongeante sur le marécage où se baignent de nombreux éléphants : toute une harde se tourne et se retourne dans l’eau et dans la boue qui détruit les parasites de la peau. D’autre, plus sages, font une petite sieste dans les verts roseaux.
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Amboseli : les marais d'Enkongu Narok | |
Seuls le dos et la tête émergent : un pur moment de bonheur, pour nous comme pour eux, certainement ! Devant toute cette immensité, on comprend mieux le pouvoir de fascination de ces lieux sur les grands écrivains et cinéastes.
C'est en effet ici que se déroule l'action du roman d'Hemingway Les neiges du Kilimandjaro. C'est ici, également que Kessel a écrit Le lion. C’est là qu’on a tourné de belles scènes de Mogambo…
Les éléphants ne sont pas seuls, à nos pieds : de très nombreux oiseaux tourbillonnent dans le ciel, nous les verrons mieux lors d'une autre sortie.
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Rendez-vous au marécage ! | N'approchez pas de mon petit ! |
Et sur notre route de retour, une jolie rencontre. Une douzaine d’éléphants chemine le long de la piste. Plusieurs adultes, 4 ou 5 jeunes, dont un minuscule éléphanteau : évidemment, on craque. Mais la mère et une autre femelle nous jouent un amusant ballet.
Dès que Mini-Jumbo veut trotter tranquillement sur le bord de la route, Maman ou sa copine le cueillent de leur trompe et le rentrent sous leurs ventres. Méfiantes, quand même.
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Caché sous les femelles, un minuscule éléphanteau | |
Le petit s’obstine, heureusement, dans ce jeu de cache-cache, ce qui nous permet de le photographier en entier… on finira quand même par renter au lodge, tout émus de la rencontre du bébé.
Amboseli est l’un des seuls endroits d’Afrique où l’on peut voir des éléphants âgés de 60 ans et un peu plus. Ils ont en effet échappé au braconnage grâce à la petite taille du parc qui a en rendu la surveillance plus facile ainsi qu'à la gestion des Masai sur les territoires qui l’entourent.
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Ca y est : on l'a bien vu le bébé éléphant! | |
L’histoire des Masai et d’Amboseli vaut qu’on la conte.
Cela fait trente ans que cette communauté y demandait le droit de pacage pour ses troupeaux, qui n’avaient droit qu‘aux maigres terres des alentours, encore appauvries par une sécheresse persistante et la concurrence des herbivores du parc (uniquement de ceux qui ne savent pas lire les panneaux, naturellement !)
Dans les années 80, du coup, des Masai ont tué de nombreux lions du parc pour se faire entendre… Depuis 2005, on s’en tient à un compromis : les Masai ont le droit de faire boire les troupeaux, mais pas de les faire pâturer.
Cela entraînerait un changement de statut du Parc en Réserve, et les défenseurs de l’Environnement s’y opposent. Pour l’instant.
Revenons à nos éléphants : il est rare qu’ils dépassent 60 ans : en effet, leurs dents tombent tous les 10 ans et ils en ont six jeux à leur disposition.
Quand ils ont atteint les 60 ans, s’ils sont édentés, ils ne peuvent plus mâcher et meurent de faim…
Quant aux légendes de « cimetières des éléphants », nos guides nous ont expliqué que, lorsqu’ils n’ont plus que quelques dents branlantes, ils se rassemblent dans les pâtures où l’herbe et les feuilles sont plus tendres, plus gorgées d’eau.
Et c’est là qu’ils meurent, en groupe, au fur et à mesure de la disparition de leurs forces…

