Vous êtes ici > Carnets-et-voyages > Kenya > Mombasa > La vieille ville de Mombasa
Dans notre promenade, c’est de Fort Jesus que nous avons pris la rue Mbarak Hinawy pour flâner dans a vieille ville.
Ce nom lui a été donné en l’honneur de Sir Mbarak ben Ali Hinawy, qui représentait le Sultan de Zanzibar à Mombasa au milieu du XX° siècle.
Le vieux quartier est constitué d’un dédale de ruelles étroites où les maisons sont bâties en briques de corail sur des charpentes en bois de palétuvier.
![]() | ![]() |
|---|---|
Panneaux à l'entrée de la vieille ville de Mombasa | La rue Mbarak Hinawy, artère commerçante de la vieille ville de Mombasa |
Dès le début de la rue Mbarak Hinawy, nous sommes séduits par ces anciennes maisons, où l’on retrouve ces influences mêlées, la swahili et l’indienne.
Anil’s Arcade, par exemple, qui date de 1900, superbe avec son double balcon et qui appartenait autrefois une société d'import/export, Mackenzie and Co.
De superbes balcons en bois sculpté, parfois encore fermés de moucharabiehs sophistiqués (vestiges des époques où les femmes devaient rester cachées) les surplombent.
De style indien, ils sont souvent décorés de motifs floraux ou animaliers, comme les oiseaux de ces rivages ou de l’ancienne forêt.
![]() | ![]() |
|---|---|
De petites ruelles pittoresques | Les vieilles demeures ade Mombasa |
L’influence swahilie se retrouve dans ces lourdes portes sculptées. Pour les Arabes de la côte, elles sont l’élément primordial de la maison, le premier élément fabriqué : on bâtit le reste de la maison quand le linteau est posé.
Les plus belles entrées se composent d’un double battant (en swahili mlango dume et mlango jije, «le mâle et la femelle», en bois de teck ou de sésame, résistants à l’humidité de la mer et aux insectes.
Les motifs qui ornent le linteau ont une signification symbolique : les feuilles de palme représentent la santé, celles du lotus la sagesse, du dattier l’abondance, les poissons signifient la fertilité et les chaînes la sécurité.
Quant aux pointes d'acier ou de cuivre qui en orne encore quelques-unes, elle étaient à l'origine destinées à empêcher les attaques des bêtes sauvages. Autres temps, autres mœurs !
![]() | ![]() |
|---|---|
Le détroit de Mombasa | Les belles maisons jouxtent la mer |
Au bout de la rue, nous admirons une belle maison bien restaurée qui accueille les bureaux de la "Société pour la conservation de la vieille ville" (Mombasa Old Town Conservation Office), puis nous débouchons sur Government Square, qui était autrefois le coeur de la vieille ville.
Cette place tranquille donne sur le vieux port qui accueille encore le marché aux poissons.
Remplacé par le nouveau port pour l’accueil des grands porte containers, il continue à recevoir quelques petits cargos, des voiliers et les boutres, ces dhows traditionnels qui servaient depuis des siècles aux communications et aux transports maritimes à travers tout l’Océan Indien.
Les hangars qui le flanquent sont très affairés et reçoivent encore des chargements pour du cabotage le long de la côte, vers Lamu ou la proche Somalie, mais plus, comme avant, vers le Yémen ou le golfe Persique.
Le long des rives, les jardins de belles maisons coloniales, de style «Coast Colonial» et des résidences privées de grand standing descendent vers l’eau, avec des embarcadères privés.
Une promenade verte longe la côte. Des jeunes gens sont en train de discuter sur un petit balcon qui descend vers l’eau par des escaliers lorsque nous arrivons.
![]() | ![]() |
|---|---|
Promenade le long de la côte | La barre ferme l'accès de l'Océan Indien |
Ils nous cèdent la place en souriant, ce qui nous permet une belle vue vers l’océan. Nous voyons la barre qui ouvre sur la mer et nous semble bien agitée.
Ce ne doit pas être une mince affaire, pour les petites embarcations, que de la passer !
Devant ce paysage, nous reviennent les phrases de Karen Blixen :
«Mombasa ressemble au Paradis peint par un enfant. Le bras de mer derrière les îles constitue un port idéal, la côte est formée de récifs de corail blanchâtres recouverts de larges manguiers verts et de vieux baobabs gris et chenus».

