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Petit déjeuner, 6h, départ 6h30.
Comme la circulation est très règlementée dans le parc, nous ne pourrons pas faire comme nous en avions pris l’habitude, c’est-à dire nous arrêter tranquillement pour une petite collation dans la matinée. Il faut donc se sustenter pour tenir jusqu’à midi !
Les mammifères que nous rencontrons montrent souvent les signes de la sécheresse. Par exemple un oryx, très maigre, bien que l’espèce soit adaptée aux terres arides.
Les oiseaux s’en sortent mieux. Nous en reconnaissons quelques-uns, en découvrons d’autres. Ils sont vraiment nombreux.
Pie-grièche à dos gris, rollier d’Europe, vanneau couronné. Hérons cendrés, oies d’Egypte, dendrocygnes fauves (des sortes de gros canards bruns et bruyants).
Les autruches vivent plutôt en groupe, mais comme ailleurs, elles font leur nid au sol. Compte tenu de leur couleur, c’est la femelle, moins visible, qui couve de jour, la mâle prend sont tour le nuit.
Une hyène boit dans un marais, nous offrant de jolis reflets. Du coup, on chasse le reflet, qu’on trouve facilement.
Ici, un zèbre, plus loin, une échasse blanche, des martins-pêcheurs pie. Deux mâles se disputent un poisson que l’un d’eaux vient d’attraper.
Un petit cormoran voisine avec un chevalier stagnatile, un joli petit échassier limicole qui fouille la vase à la recherche de vers et autres friandises. On admire le râle à bec jaune, ce qui fait un bel ensemble avec son œil aussi rouge que ses pattes.
Un petit arrêt pour admirer un duel d’hippos dans l’eau, sous l’œil débonnaire d’un héron goliath, puis pour photographier le Kilimandjaro planant au-dessus des marais…
Le 4x4 s’arrête au pied d’une colline pentue, un observatoire au sommet et des toilettes près du parking. Vu l’interdiction de descendre du véhicule, ailleurs, pensez si on en profite !
Ensuite, nous entamons l’ascension de la colline, qui forme un V renversé aigu. Des marches irrégulières montent au sommet, au milieu d’un éboulis de cailloux et de quelques rares buissons. En montant, on dérange un francolin, presque invisible dans son environnement.
En haut, la vue est magnifique, sur 360°. Somptueux Kili, lointains horizons aux montagnes violettes, marais bleus et verts en-deçà, savane ocre au-delà, flottant dans une brume de poussière blonde ponctuée des cimes découpées d’acacias épineux.
Et, juste sous nos yeux, le peuple de la savane profite de la fraîcheur du marais.
Pendant qu’admiratifs nous admirons la sérénité du paysage, nous sommes rejoints par 3 personnes hautes en couleurs : 2 Masaï en tenue et armes traditionnelles et un routard déguisé en Masaï, avec une shuka colorée drapée sur son short.
Ils commentent bruyamment la vue puis repartent : de la part du jeune Anglais, est-ce une rencontre fortuite ou un essai d’immersion ?
Lorsque nous rejoignons le 4x4, nous sommes obligés d’en déloger une troupe de choucas d’or impertinents qui se le sont appropriés. L’appui des barres est un perchoir commode et nous ne leur faisons pas peur.
Le temps de revenir au camp pour déjeuner, nous surprenons de nombreux animaux en train de déféquer ou d’uriner. Comme il est toujours amusant de surprendre gens ou bêtes dans ces postures insolites ou ridicules, nous avons pris l’habitude de les immortaliser.
En effet, si plusieurs urinent de façon ostensible pour marquer leur arbre ou leur territoire, aucun ne peut se cacher dans ces espaces dégagés.
Nous nous en donnons donc à cœur joie, surprenant ces moments intimes comme, aussi, les accouplements, nombreux en cette saison.
Dans notre carnet rose, nous ajoutons volontiers le spectacle des bébés de toute taille et espèce. Le parc en fourmille, quel plaisir !
Moins drôle mais tout aussi nécessaire, un peu plus loin, vautours et oricous se disputent un cadavre. Sans eux, la nature ne serait qu’un charnier plein de miasmes et d’odeurs nauséabondes…
On parlait de carnet rose ? Le voici…
Tout près de Kibo camp, nous passons par Kimanga Gate. Un bébé buffle, encore humide et pas très bien assuré sur ses pattes, tête sa mère. Plus loin, voici un groupe d’impalas et leurs petits.
Tout jeunes, ils ont déjà les jambes minces et nerveuses, des flancs étroits, au pelage roux sur le dos qui s’atténue en descendant jusqu’à l’ambre blond pour devenir, sous le ventre, d’un blanc neigeux.
Deux clans de hyènes s’ébattent près de leurs terriers. D’un côté, une mère et deux ados, d’à peu près 1 an, de l’autre une famille fait la sieste. Dans un creux, deux mères avec de tout petits, qui ont encore le pelage noir de la naissance et d’autres, d’un mois, un peu moins sombres.
Vers le camp, nous croisons une girafe très maigre. Un vautour oricou patiente, sur un arbre, un aigle ravisseur nous dépasse, le crépuscule tombe sur Amboseli en de somptueux rougeoiements.
Le soir, au camp, autour d’un feu, sous les étoiles, un groupe de Masaï nous offrent un spectacle de chants et de danses. Moment magique devant les cimes du Kilimandjaro que l’on devine sous la lune…

