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A la sortie du camp, nous dépassons des éléphantes qui pérégrinent avec leurs bébés qu’elles protègent de leur masse.
Au milieu de beaux paysages, passe un zèbre, les postérieurs couverts de sang. Il a visiblement été émasculé lors d’un combat. Pour la domination d’une harde ou la possession d'une femelle ?
Et toujours, royales, des grues couronnées promènent leur diadème d’or.
7h25. au loin, à 300 m dans la prairie, 3 hyènes ont attaqué une bufflonne isolée. Etait-elle malade ou fatiguée ?
Elle n’est pas encore morte mais les hyènes ont déjà commencé le dépeçage. Elle est accroupie sur ses pattes postérieures et meugle pendant que le sang gicle de son dos.
En état de choc, elle tombe en avant, les hyènes s’acharnent et creusent le trou dans son dos.
Elle est très maigre, il n’y a pas d’autre buffle autour d’elle pour la défendre, comme ils le font d’habitude.
A plusieurs reprises, elle relève et agite la tête. Une hyène s’écarte en sautant hors de portée des cornes, encore redoutables.
Petit à petit, elle arrête de bouger et se laisse dévorer vivante et consciente, en meuglant désespérément.
Les hyènes s’attaquent ensuite au ventre. Parfois, l’une d’elles s’éloigne un peu pour déglutir avant de revenir à la curée. Comme ses compagnes, elle cherche la tête et les endroits où la peau est la plus tendre, comme entre les pattes, aux mamelles, sous le ventre…
7h55 : la pauvre bufflonne râle toujours et nous l’abandonnons, attristés par cette agonie.
Malgré leur triste réputation, les hyènes ne sont pas que des charognards.
Elles mangent facilement des animaux déjà morts, mais elles sont surtout de redoutables chasseurs en bande. 70% de leur alimentation est d’ailleurs issue de la chasse.
Simplement, elles ne savent pas tuer directement de grosses proies, comme un lion ou un léopard qui commence par l’étouffer en la serrant à la gorge, l’empêchant alors de souffrir longtemps.
Elles doivent donc l’immobiliser par l’arrière-train et commencer à la dévorer vivante.
La proie, en état de choc, agonisera jusqu’à ce que ses organes vitaux (cœur – poumon) soient arrachés.
Même si le spectacle a de quoi nous choquer, en attaquant les animaux affaiblis ou malades, les hyènes, comme les autres tueurs de la nature, aident à conserver la savane et la brousse en bon état sanitaire.
Les nécrophages, ensuite, élimineront ensuite tout risque d’infection en débarrassant jusqu’au dernier gramme de matière organique. Ainsi va la chaîne de la vie jusqu’à son terme obligé.
Plus tard, nous longeons une palmeraie, étonnante dans ce paysage.
Une grande bande de babouins, en plusieurs groupes, s’arrête pour boire à une mare à côté de la piste, puis traversent devant et derrière nous.
Ce sont des « babouins jaunes », plus longilignes et sveltes que les « babouins olive » de Nakuru.
Ils boivent, jouent, criaillent, se chamaillent. Des bébés traversent, accrochés sous le ventre de maman ou juchés sur son dos.
C’est un spectacle gai et vivifiant après le précédent !
Au pied de la colline – point de vue, près du marais, broute un important groupe de buffles.
Un bébé tout neuf, avec le cordon ombilical qui pend encore, peine à marcher.
Tremblotant sur ses pattes à côté de sa mère, il nous regarde longuement. A cet âge, nous voit-il vraiment ?
Pas loin, un éléphant, mâle solitaire, promenant son aigrette sur son dos, broute dans l’eau.
Notre route nous éloigne aux confins du parc. Dans l’herbe, un éléphant mort depuis longtemps se dessèche.
Il n’a pas attiré de prédateur, mais les rangers ont coupé et gardé ses défenses pour éviter le braconnage de son ivoire, ce qui est encore une des grandes plaies d’Afrique, même au cœur des parcs les mieux gardés.
Dans la plaine, Simon aperçoit deux guépards en attitude de chasse. Il s’agit d’une mère et de son jeune. On tente un peu de hors piste (ne le répétez pas, ici, ce n’est guère autorisé !).
A notre approche, le jeune file tout droit à très grande vitesse. A-t-il vu quelque chose ?
La mère attend d’abord en regardant puis part à sa recherche.
Elle alterne pas et trot, nous la suivons en parallèle. De temps en temps, elle relève la tête, cherche, repart.
Elle est très belle : fine, ligne du dos très droite, allure superbe et port altier.
Sa route croise la piste principale que nous sommes contraints de prendre. Elle s’enfonce alors dans les halliers devenus trop denses pour nous et s’éloigne.
Nous la laissons chercher son jeune qui ne manquera pas de l’appeler.
Un éléphant dresse les oreilles, un zèbre se gratte le dos contre un panneau, "Mmm, que ça a l'air bon" !
Deux vautours, juchés sur un morceau de carcasse de gnou se partagent la colonne vertébrale, il y en a bien assez pour 2 !
Vêtues de noir, des oies armées de Gambie pataugent côte à côte avec une bande de 6 dendrocygnes et quelques canards à bec rouge. Ce sont de beaux reflets.
D’autres vautours finissent une carcasse de zèbre. Ils étendent les ailes pour en éliminer les parasites au soleil.
Nous revenons au camp pour le déjeuner.

