Vous êtes ici > Carnets-et-voyages > Kenya > Safari 2009 en 4x4 > Game drive III à Amboseli
Subitement, le temps est devenu gris, une petite pluie fine s’est mise à tomber sur Kibo Camp. Le parc va pouvoir reverdir, les animaux vont souffler un peu et reprendre des forces.
Nous partons en direction de Namanga. Dès le début du parc, sous les yeux d’une pie-grièche à longue queue, nous trouvons 2 gardiens Masaï et leurs troupeaux de vaches.
En effet, en période sèche, ils ont le droit de venir les abreuver dans les mares.
Mais, lorsqu’ils n’y a plus d’herbe sur leurs terres, comme en ce moment, ils en profitent pour les faire, aussi, brouter.
Cela crée quelques complications : si une vache est tuée par des lions ou des hyènes, ils demandent une compensation au parc, qui l’accorde en général. Pour les fauves, ce sont des proies bien plus faciles que les zèbres ou gnous, plus véloces ou féroces !
Sur notre route, nous dépassons successivement trois vaches isolées, abandonnées même par leurs bergers. Elles sont complètement étiques, plantées sur leurs pattes. Ne pouvant même plus bouger, elles attendent la mort.
Nous la leur souhaitons la plus rapide possible !
En Europe, on a bien entendu parler de la sécheresse au Kenya, mais ici on la touche du doigt et c’est très impressionnant.
Nous avons vu beaucoup d’animaux morts à Amboseli. Epuises par la sécheresse, ils se sont laissé mourir. D’autres, attirés par l’eau des marécages, s’y sont embourbés jusqu’à ne plus pouvoir en sortir.
Ceux-là, les hyènes n’iront pas les dépecer, quant aux vautours, on n’en a pas vu autour. Ils ne manquent pas de cibles plus faciles à approcher dans les champs.
Mais la saison des pluies semble nous avoir rattrapés ici, tant mieux pour les hommes, la nature et les animaux de la région.
Il a vraiment plu pendant nos heures de pause de midi.
Nous repassons par les pistes de ce matin, maintenant inondées, ainsi que les prairies alentour. L’herbe va vite pousser, avec la chaleur, nous le verrons même d’ici demain.
Des vautours, trempés, ont déployé leurs ailes pour qu’elles sèchent. Sur un arbre, un aigle ravisseur en fait autant.
Heureusement que nous sommes hauts sur pattes en 4x4. La route est inondée. Un minibus en détresse nous fait signe de passer devant lui pour pouvoir apprécier la hauteur de l’eau et nous suivre.
L’un suivant l’autre, nous arrivons vers le lodge Ol Tukai, maintenant abandonné. Là, la route émergée devient bien visible. Il nous dépasse et nous remercie. Solidarité de la savane !
Nous trouvons l’ancien lodge dans un état de désolation dramatique. Comme il n’y a plus de gardiens pour le protéger, des éléphants ont dévasté tous les arbres ainsi que les habitations du camp. Quel carnage !
Simon nous montre un vanneau armé noir et blanc, qui s’appelle en anglais blacksmith lover. "Amant", je ne sais pas, mais "forgeron", il doit ce nom aux cris peu harmonieux qu’il pousse.
Buffon disait de lui, en 1757, qu’il crie beaucoup et qu’il poursuit les gens "avec clameur" pour peu qu’ils s’approchent trop près. Les Français du Sénégal, ajoute-t-il, le nommaient "vanneau criard" et même "fléau des chasseurs", car il faisait fuir les autres oiseaux. Sympa !
La vie prend une nouvelle dimension avec l’arrivée de la pluie. Une harde d’éléphants barbote dans les mares nouvelles.
Une bande d’autruches passe dans un champ inondé. Elles dérapent, patinent, titubent, l'air indigné. Que de fous rires dans le 4x4 !
Des gnous boivent dans les mares, créant de beaux reflets pour les photographes.
Plus loin, une lionne qui a tué un buffle y amène ses deux gamins. Ont-ils déjà mangé ?
Toujours est-il qu’ils jouent sur le cadavre, sautent et rebondissent dessus comme sur un trampoline, le lèchent un peu puis s’en éloignent sans plus de façons.
Est-ce ainsi qu’ils prendront le goût de la viande ?
La nuit tombe vite sous le ciel plombé, nous rentrons au camp pour notre dernière soirée.

