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C’est notre dernier jour à Amboseli. Comme d’habitude, petit déjeuner à 6h, puis départ 6h30, dans le jour qui monte.
Dès la sortie du camp, un éléphant vient nous saluer. Sur un monticule, une gazelle de Grant nous montre son élégant cul neigeux.
Un grand soleil s’annonce aujourd’hui. Ici, les prairies a absorbé presque toute l’eau et reverdissent déjà. Ailleurs, là où la terre est nue, il y a encore beaucoup de flaques. L’herbe y poussera en quelques jours, pour le plus grand bonheur des animaux !
6h40 : Les traces de passage des roues sont devenues des ruisseaux scintillants sous le soleil rasant, les éléphants s’y abreuvent.
Plus loin, les prairies sont encore détrempées. A-t-il plus, cette nuit, dans ce coin du parc ?
Des autruches, demoiselles chochottes, y marchent à petits pas prudents. Quand on pense aux glissades qu’elles nous ont offertes hier, on se dit que c’est moins drôle, mais plus prudent !
Nous faisons des photos de reflets somptueux du Kilimandjaro sous le soleil, dans un lac éphémère.
Un couple de lions, tout près du chemin, nous retient un moment.
Accroupis sur un gnou mort, ils le déchiquètent pour le manger, s’éloignent de deux pas, s’accouplent, se reposent un peu, en se roulant sur le dos avec des grognements de satisfaction, et recommencent le même circuit avant de s’éloigner tranquillement.
Simon nous montre de curieux petits oiseaux, des sortes de grosses cailles. Ce sont des gangas à gorge jaune. Ils ont des plumes « poils » sous le poitrail qui retiennent l’eau lorsqu’ils boivent, ils peuvent ainsi la porter à leurs petits.
Les animaux s’en donnent à cœur joie dans le marais plus profond.
Tous au bain : éléphants, buffles, Ibis, aigrettes, un crabier en plumage nuptial, un chevalier aboyeur (pringa nebularia). Une grande aigrette se mire en son reflet mais n’oublie pas, au passage, de pêcher son petit déjeuner.
Nous tournons dans le parc pour revoir tous ces animaux qui nous ont accompagnés pendant le voyage. Ils sont là, fidèles. Une famille d’autruches, papa, maman et trois autruchons ; deux chacals, furtifs ; une grue royale qui s’envole sous nos yeux, des girafes masaï, des élands du Cap en train de boire, une maman girafe et son girafon, des zèbres, des gnous, des gazelles...
Au loin, nous retrouvons la mère guépard d’hier qui nous accompagne un moment.
En revenant vers le camp, nous trouvons plusieurs vaches masaï mortes. La sécheresse les avait épuisées, nous en avions rencontré deux, hier, en très mauvais point.
Pendant la nuit, hyènes ou lions les ont achevées. Il reste des cadavres éventrés, à demi dévorés. Les autres nécrophages viendront vite finir le travail.
Il est 10h30, nous sommes rentrés au camp. Une dernière
douche, un dernier repas, à 12h15, ayant chargé armes et bagages, nous repartons vers Nairobi.
Il nous faudra une heure de pistes détrempées pour traverser le parc dans cette direction, nous en profitons pour emplir nos yeux de ce magnifique paysage.
Avant d’arriver à Namanga, il y aura encore une heure de piste, défoncée par la pluie, il faudra s’armer de patience !
Après Namanga, nous nous arrêtons à la boutique de curios pour récupérer le totem de Magali. Il prend bien la place d’une personne à bord, on se serre donc un peu.
Enfin, nous récupérons une route potable… enfin, avec moult interruptions et passages par les pistes parallèles pour cause de réfection de routes ou de ponts pas encore bâtis !
Comme c’est samedi, les gens se promènent en belles tenues.
Autour de Namanga, à la frontière avec la Tanzanie, les gens ont gardé des tenues masaï traditionnelles : pour les hommes, le kikoï (une sorte de paréo en coton en général rayé de couleurs vives) drapé autour de la taille et sur une épaule, le khanga drapé sur l’autre.
Ce tissu est, lui, orné de dessins au centre et de proverbes moraux ou amusants. Les femmes s’enroulent un khanga ou un tissu uni en jupe, et drapent dessus un ou deux kikoï bariolés (ou l’inverse, suivant l’humeur).
Ensuite, cela se raréfie, sauf en campagne.
A Isemi, plus urbanisée, les messieurs, vêtus à l’occidentale, gardent souvent un kikoï en cape ou en voile, qui les protège du vent ou de la poussière.
Quant aux élégantes, elles arborent des robes longues moulantes, dont une lamé or, ou des ensembles corsage-jupe aux tons vifs.
Voilà, c’est notre dernière vision du Kenya et de son peuple avant de rejoindre la capitale, la ville, l’aéroport, et de quitter Simon, l’esprit plein de souvenirs.

