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Le Parc Masaï occupe une surface de 1 500 km2, ce qui est grand pour le Kenya, mais petit si on le compare à la superficie du Serengetti, en Tanzanie, avec ses 15 000 km2 !
Son nom Masaï Mara signifie « savane tachetée ». En effet, vus d’en haut, les bosquets font des taches sur la savane, comme les ocelles des léopards….
Nous sommes dans un camp de brousse. Meltingpot bush camp. Les tentes sont plus spartiates, d’allure militaire, mais on y tient debout, ce qui est bien.
2 lits de brousse, avec de véritables matelas nécessaires à notre confort de citadins, de chaque côté d’une petite table équipée de l’indispensable lampe à alcool et d’une bouteille d’eau capsulée, une lampe de poche et, sous l’auvent, 2 fauteuils de toile.
Mais la nôtre est juste 4 ou 5 m au-dessus de la rivière Mara où, pour l’instant, siestent les hippos.
Cela nous promet, dès la tombée du jour et pour toute la nuit, un joyeux tintamarre de grognements, disputes et autres manifestations bruyantes de ce peuple pas très discret.
Nous sommes abrités de la réverbération solaire par de grands arbres, entre lesquels pousse une herbe bien taillée et quelques arbustes ornementaux.
Pas loin de la tente, une surface plane d’environ 2m2. On y voit quelques empreintes : elle permet de savoir quel animal est passé par là de nuit. Intéressant !
Quant aux commodités, douche ou toilettes, elles sont disséminées sous les arbres, un peu plus loin. Des toiles tendues en carré, un siège posé sur une feuillée, ou un petit tank suspendu au-dessus et rempli d’eau chaude le soir, quand on rentre d’exploration.
Pour les parties communes, on dispose d’une jolie table de repas face au fleuve, d’une autre sous la grande tente-repas s’il fait froid ou s'il pleut, et d’une tente-mess-salle de conférence, équipée de confortables fauteuils, de prises électriques pour recharger appareils photos ou ordinateurs, faire les brieffings ou débrieffings ou simplement se reposer en buvant un verre après une journée bien remplie.
L’ensemble est simple, mais accueillant et confortable, et, surtout, comme le dit le dépliant, idéalement situé au cœur du Mara, loin des lodges bondés et de leur cohorte de minibus.
Dans notre 4x4, nous pourrons sillonner la savane à notre guise, suivant les horaires que nous déciderons, et si une occasion, comme une chasse par exemple, se décide sous nos yeux, ce ne sera pas une heure impérative de repas qui nous forcera à l’abandonner en cours de route !
Et, pour notre confort, de redoutables acteurs s’activent autour de nous : intendant, cuisiniers, aides de camp, pisteurs et spotteurs, gardiens Masaï de jour comme de nuit, en leurs beaux atours colorés.
D’ailleurs, nous commençons par un délicieux brunch de salades viandes fraîches pour se remettre de la route. Puis nous nous installons en nos appartements, avant de partir pour notre première virée en brousse.
Ca y est, nous les voyons, les herbes à éléphant. Ce sont des touffes drues et hautes, d’un vert foncé qui tranche sur les arbres plus clairs et la savane qui, au tout début de la saison humide, commence juste à reverdir.
Et les voilà, les animaux du Mara. Héron mélanocéphale (à tête noire), des topis damalisques (de top, « sommet »). Juchés sur une éminence, sentinelles de la savane, ils sont toujours prêts à donner l’alerte au premier signe de danger.
Des aigrettes garde-bœufs en plumage nuptial, avec leur houppe et leur dos d’un orange vif, des chevaliers à cul blanc… de temps en temps, des mangoustes se dressent sur leurs pattes de derrière, le nez furetant au vent.
Sinon, c’est en groupe qu’elles se déplacent rapidement, passant d'un point à un autre.
Un aigle circaète nous survole. Un combat de zèbres, des étalons, qui se dressent l’un contre l’autre et se donnent des coups de leurs antérieurs sous l’œil intéressé de ces dames.
Nous arrivons à l’hippo pool : un étang caché sous ses lentilles d’eau d’où émergent des mufles d’hippo, râlant ou soufflant bruyamment.
L’un d’eux baille, nous offrant une vue imprenable sur ses dents redoutables. Des jacanas se baladent à la surface et sur leur dos.
Notre route croise celle d’un guépard, la gueule rosie par du sang. Il sort visiblement d’un bon repas et se repose dans l’herbe.
Voilà les lions de Bila Chaka (« pas de doute » en masaï, parce que dans ce coin, il y en a toujours en vadrouille ou au repos). C’est un petit groupe d’une dizaine d’individus qui somnole sous des buissons et nous regarde d’un œil distrait.
Un lion plus âgé arbore une belle crinière, les autres sont des jeunes ou des femelles qui visent plus loin, cherchant certainement du gibier possible pour une chasse à venir…
Nous rentrons au camp alors que le soleil se couche, colorant de rose et de pourpre la plaine infinie.
La pluie se met à tomber, le 4x4 part en glissades que nous ponctuons de cris de joie ou d’effroi lorsqu’elles sont plus prononcées : Simon nous prévient, ce n’est qu’un début !
Nous dînerons donc sous la tente, et partirons vite au lit, la journée a été longue…
La nuit a été froide et pluvieuse, il faudra redemander un duvet supplémentaire. Il a aussi fallu s’habituer aux bruits nocturnes. Un hippo, ça grogne, ça crache, ça se dispute, excusez-nous des détails, mais ça pète et ça rote, et ça fait tout ça fort, très fort… et ils sont nombreux, les bougres ! En plus, les rives à pic font caisse de résonnance, alors, pensez donc !
Ils profitent, aussi, d’une plage en pente douce, à deux cent mètres du camp, pour grimper sur les rives et brouter aux alentours. Et où, s’il vous plaît, l’herbe est-elle plus tendre et plus verte qu’autour de nos tentes ?
On comprend mieux les consignes de sécurité qui nous ont été transmises, et plutôt deux fois qu’une, avant notre départ :
« Les animaux sauvages sont dangereux ! Le camp est un poste avancé dans un bush sauvage : nous ne sommes pas « chez nous ». Dans tous les cas et en tout temps, restez dans l’enceinte du camp [...] »
Outre les hippos, on entend, plus ou moins loin, parfois, le ricanement d’une hyène, le chant de crapauds buffles ou de loin le rugissement d’un lion, alors, pensez si on les a prises, ses précautions !

