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Départ au petit jour. Devant les escarpements, des montgolfières se gonflent, pour voir aussi le lever du soleil. Aujourd’hui aussi, cadeau de la nature, une girafe masaï arrive du côté pourpre et se place pile au bon endroit, pour le bonheur des photographes…
Plus loin, un guépard, sur son éminence, regarde passer une pintade.
Nous croisons un hippopotame affairé, vite, il court rejoindre son eau, en nous régalant d’un spectacle amusant : il ne s’arrête pas pour déféquer, mais balaye la chose avec son essuie-glace, sa queue qui disperse le produit aux alentours, marquant ainsi son territoire et son passage.
Nous passons à côté d’un vieux lion. Sa mâchoire pend, gueule cassée. Il est aussi blessé à la queue. Agé de 12 ans, il est visiblement en fin de parcours, c’est un des plus vieux de cette savane.
Très maigre, ne pouvant plus ni chasser ni mâcher, il est destiné à mourir de faim. Triste fin pour un seigneur de la savane…
Nous changeons de direction, et partons vers le sud-est, vers Reikero. Nous traversons une longue plaine aux herbes jaunes et très peu d’arbres.
Là, vivent 3 jeunes lions qui, d’ici 3 mois à peu près, devraient prendre la place des deux vieux lions encore dominants. La chaîne se poursuit…
Nous partons vers la rivière Talek, à la poursuite du léopard. Après une forêt d’acacias assez dense, où passent 2 dik-dik agiles, nous sommes arrêtés par la rivière et ses remous, qui rendent le crossing (la traversée) infranchissable. Seuls, un croco paresseux et une cigogne semblent s’en accommoder.
Nous longeons la rivière et croisons, à hauteur de Serena Lodge, une harde d’éléphants et 2 bébés joueurs.
La savane est cruelle : ici aussi, nous passons à la toucher près d’une jeune lionne blessée au flanc de deux coups de crocs. Très maigre et amorphe, elle repose sur un monticule. Si ses sœurs ne viennent pas la nourrir, elle ne survivra pas longtemps.
Heureusement que la nature sait aussi s’amuser. Plus loin, sous un rocher, nous voyons un groupe de 5 petites sortes de fennecs au masque de raton laveur, aux grandes oreilles et au museau pointu.
Il s’agit en fait d’otocyons, essentiellement insectivores et curieux. Ils grimpent sur leur rocher pour mieux nous voir, et nous jugeant peu importants, en redescendent pour mieux jouer pendant que deux grues couronnées paradent aux alentours.
Au loin, sur un tertre, un acacia surmonte un fourré. Simon pile net. D’une des branches pend une carcasse. Elle se détache, en ombre chinoise, sur le ciel clair. C’est celle d’un topi, presque dévoré. Voilà notre léopard qui signe ainsi sa présence. En effet, caché dans le feuillage, nous le voyons essayer de remonter le topi pour en déguster la tête.
Merveilleux grimpeur, les muscles massifs de son cou lui ont permis de hisser les 150 kg de l’antilope jusqu’à cette haute fourche, après l’avoir asphyxiée en la saisissant à la gorge.
On l’a déjà vu, pour ne pas se faire dépouiller d’une proie, faire monter le corps d’une jeune girafe, dans les 250 kg, quand même, à 6 mètres de hauteur. Sa pitance sera là, tranquille pendant plusieurs jours !
En nous entendant nous rapprocher, il descend prestement le long du tronc pour se fondre dans les fourrés. Les taches de sa fourrure lui auraient permis de passer entre les feuilles sans qu’on le voie, n’eut été sa proie pendouillante.
Trop tard, il est dans la boîte !
Nous l’avons vu le 5° des « big five » que nous espérions voir, jusqu’ici insaisissable et fantomatique. Cet animal solitaire règne sur un grand territoire et ne se laisse guère approcher. Nous avons eu beaucoup de chance.
Nous reviendrons plus tard voir s’il est revenu, mais il s’est tenu à l’écart le reste de la journée.
Nous revenons donc vers notre propre territoire et tombons sur un couple de jeunes lions. Lui, c’est le frère des 3 jeunes femelles que nous avons rencontrées hier. Il est accompagné d’une jeune femelle volée au clan de l’autre côté de la rivière Mara.
Pas gênés, ils s’accouplent plusieurs fois sous nos yeux dans 3 mois, Simon et les gardes du parc verront peut-être le résultat de ces amours.
Quelques statistiques au passage : il faut en moyenne 3 000 (oui, 3 000) accouplements pour qu’un bébé soit conçu et naisse avec une espérance de vie d’au moins un an, donc avec l’espoir d’arriver à l’âge de subadulte.
Des lions s’accouplent tous les ¼ d’heure pendant 8 jours, théoriquement sans manger ni boire (je dis théoriquement, parce que nous verrons un démenti dans quelques jours à Amboseli).
Toujours est-il que, sous nos yeux, ils remettent ça 6 fois avant que nous les laissions. Quelle santé !
L’orage monte et gronde, nous apportant une grande pluie qui nous permet de belles photos en demi-teintes. La savane va reverdir sous nos yeux petit à petit, faisant le bonheur des herbivores…
Nous arrivons à notre groupe de 13 lions, ceux de Bila Chaka. Ils sont tous là, regroupés par affinités. La pluie s’est arrêtée, ils se lèvent et s’ébrouent, dispersant autour d’eux des milliers de gouttes d’eau scintillantes.
Nous les laissons récupérer et admirons, plus loin, des nids d’ombrette. Ils sont gigantesques, ce sont les plus grands du monde et ce, pour un oiseau de taille très moyenne. Ce sont, en effet, des sortes de cigognes brunes d’une soixantaine de cm à tout casser.
Quant aux nids, posés côte à côte, ce sont d’énormes boules, aux parois de plus de 30 cm de large, coiffées d’un dôme épais, avec un tunnel d’accès et une petite chambre intérieure. Il paraît qu’ils mettent plus de 6 semaines à édifier tout ça. Non mais, quels frimeurs !
Lors de notre retour au camp, nous croisons une harde d’éléphants avec leurs bébés.
Simon nous montre une particularité qui nous avait échappé. Ce sont les seuls mammifères, avec les hommes, à avoir les mamelles au niveau des pattes antérieures. On peut imaginer que si madame doit se coucher, ça lui évite de les écraser, vu son poids…

