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Réveil matinal, juste le temps de se doucher et de prendre un early morning tea –ou- coffe. À 7 heures, nous devons être à Kampi Samaki (« le camp de poissons »), village de pêcheurs voisin.
Nous embarquons sur une pirogue à moteur avec Jonas, notre pilote.
A quelques encablures, un pêcheur nous attend sur un radeau traditionnel en balsa, il nous vend quelques poissons que l’on jette au fond de la pirogue.
Il fait partie des Njemps, peuple de Masais pêcheurs sédentarisés qui sillonnent le lac sur leurs frêles embarcations.
Deux autres ethnies se partagent le lac, dont celle de Simon, d’origine nilotique, les Kalenjin Tuguen.
Le lac est bien un paradis ornitho, nous les rencontrons tous au cours de notre flânerie marine : aigles pêcheurs, deux sortes de martins-pêcheurs, le martin-pêcheur pie (Pied Kingfisher), sobre en sa toilette noire et blanche et le si joli martin-pêcheur huppé (Malachite Kingfisher) de toutes les couleurs.
La huppe barrée de bleu-vert, les joues rousses, la gorge blanche, la nuque bleu-outremer, la poitrine et les flancs d’un roux foncé. Et le bec rouge, et les pattes d’un rouge-orangé… quelle symphonie, quelle explosion de tons !
Des hérons crabiers (Squacco Heron), des hérons goliath cendrés, les trois sortes d’aigrettes (la grande, aux pattes jaunes et au bec noir, l’intermédiaire aux pattes noires et au bec jaune, et la garzette aux magnifiques chaussettes jaunes), des cormorans, des guêpiers de Madagascar, autres joyaux de tous les tons de verts, clair, bronze, olive, de bleus, vif ou turquoise, de jaunes et bruns, voire d’une touche de rose…
Nous tentons la pêche (photographique) au Pygargue vocifère. Nous en avons repéré un, juché au sommet d’un arbre, qui guette les poissons qui passeraient à proximité.
Notre pilote saisit un poisson, lui met un petit morceau de balsa dans l’estomac pour qu’il flotte un instant, puis le lance en l’air.
Tout se passe en un éclair : l’aigle a vu le poisson, il s’est élancé de son arbre, décrit une courbe parfaite dans le ciel, rase la surface de l’eau serres en avant. Dans un jaillissement d’écume, il se saisit de sa proie qu’il emporte sur son arbre pour le déchiqueter et le déguster tranquillement.
Quant aux photos, sous réserve d'avoir une bonne focale (zoom 100-400mm réglé vers 200 ou 300 mm en fonction de la distance appareil-poisson), d'être en mode AI servos sur le Canon, de déclencher en mode rafale avant la prise du poisson, de suivre le rapace dans son approche et dans sa prise et d'avoir un fond homogène pour l'auto-focus du Canon, on peut peut-être avoir une photo correcte.
C'est pas simple et c'est très rapide. Parfois c'est trop tôt, parfois trop tard, et souvent mal cadré... bref quel plaisir et quel sport ! Respect pour les photographes animaliers !
Nous longeons l’île Ol Kokwe, où de nombreux nids de tisserands pendent aux arbres, voyons d’autres aigles et tentons d’autres lancers. Il est difficile de suivre de l’œil le vol de l’aigle et d’appuyer au moment exact où il pique, mais on s’entraîne, on s’entraîne…
Au retour, nous passons près de l’île Island Camp, où se dressent quelques luxueuses maisons privées, avec « huttes de repos » aux divans moelleux et toits de chaume au bord du lac.
La vie des gens aisés est vraiment difficile en ces endroits-là !
Après un brunch vers 11 heures, un peu de repos et de temps libre.
Pendant que les garçons partent faire quelques photos dans le parc, les filles profitent d’une piscine dans un camp voisin.
Nous croisons, sur notre pelouse, un varan paresseux. En le pistant les jours suivants, nous verrons qu’il habite sous notre terrasse. C’est bien, il chassera nos bestioles ou insectes indésirables !
16h30 : nouveau départ en pirogue.
Cette fois, nous allons vers le Sud à la recherche des hippos.
Ca y est, ils sont là. Pas loin du camp, nous passons à côté d’un petit groupe qui grogne, plonge pour fouiller le fond, ressort en mâchouillant, s’ébroue… l’un d’eux baille et nous montre une impressionnante rangée de dents jaunes. Il a des caries, le bougre !
Nous continuons. Aux abords du lac, rive sud, des villageois vaquent à leurs occupations. Les uns se lavent, d’autres viennent puiser de l’eau, des enfants jouent…
Nous croisons des ibis noirs, un pélican, de nombreux petits oiseaux. Nous longeons de grands herbiers où l’air vibre de cris et de caquètements. La vie est dense, dans ces hauts joncs où l’on ne peut pénétrer.
Avant de dîner, nous faisons encore une balade à pieds dans le grand parc qui nous accueille. On retrouve nos oies d’Egypte et leurs jeunes, ainsi que les hôtes habituels de notre rivage.




