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Pendant la nuit, une grande pluie rafraîchit l’atmosphère. Les hippos sont revenus brouter notre pelouse : au matin, nous verrons leurs lourdes traces dans l’herbe, ainsi que des paquets d’herbe régurgitée à 50 cm de la terrasse. C’est dit, ce soir, on restera dans le noir, sur la terrasse, pour les attendre…
Jonas amène la pirogue devant chez nous, et nous partons dans une atmosphère d’après orage : des tons gris et argent, des bleus, des lumières atténuées. Nous croisons 2 ou 3 hippos encore sur site, qui se reposent de leur nuit devant notre maison.
Nous suivons les berges, saluons nos hérons habituels. Un aigle, nous ayant repérés, nous escorte. Il nous abandonne lorsque nous traversons le lac vers la rive Est.
Nous tournons au Nord, en longeant des forêts de balsa submergé, aux fleurs jaunes.
Le soleil est revenu, fort comme à l’habitude.
Séquence nénuphars : une forêt mauve brille au loin dans les marais, d’autres, jaunes et blancs, flottent autour de nous.
Dans les arbustes, beaucoup de hérons crabiers, dont un qui réussit à harponner 2 poissons à la fois, un à chaque extrémité de son bec. Bravo, l'artiste !
L’air et l’eau bruissent de l’activité de guêpiers, jacanas ou autre poule sultane, accompagnée de ses petits.
10h30 : retour au bercail, pour un brunch sympa.
Nous sommes accueillis par un de nos crocos du Nil qui dormait sur le rivage. Il file à l’eau en nous voyant.
Un temps de repos sur la terrasse après le repas. Dans l’eau passent les hippos. Les deux crocos sont partis sous les arbres.
L’un d’eux part vers le large, l’autre continue sa sieste. Devant lui, à le toucher, passent une grande aigrette, la garzette, un échassier beige, sans éveiller de réaction.
Notre varan sort de son trou, sous la terrasse, et part chasser.
17h30 : départ pour une balade au pied de la falaise qui borde le lac. C’est un des niveaux d’effondrement de la faille du Rift, côté Ouest.
En préparation psychologique au game drive qui nous attend, on dégage les toits ouvrants.
Les falaises, coupées à pic, vont de l’ocre-rouge au noir. Des arbres, d’un vert tendre, y sont accrochés, le sol est rouge et caillouteux, argileux.
Lorsque nous arrivons, des jeunes jouent au foot avec un ballon fait de chiffons entourés de corde. Michel, puis Raphaël les rejoignent. Le match est acharné, entrecoupé de fous rires et des cris des supporters !
La balade nous permet d’admirer diverses espèces d’acacias : le parasol, majestueux, le tortilis rabougri, le mellifera à pompons jaunes, préféré des abeilles.
Et l’acacia nubica, lui, lorsqu’il est enflammé, il dégage une odeur puissante qui chasse les abeilles lors de la récolte du miel.
Les hommes la font de nuit, nus, sans vêtements où elles pourraient se prendre et les piquer, car elles sont ici très agressives.
On les comprend, se faire ainsi piquer sa récolte, quand on sait que, de toute sa vie, une abeille peut récolter ce qui donnera une-demi cuillérée de miel…
Plusieurs oiseaux y perchent. Calaos de Jackson, choucadors de Salvadori, barbicans à tête rouge, mahalis à sourcils blancs (peu farouches, devant chez nous, ils sont même venus manger dans la main de Magali), petits broubrous…
Nous voyons un rat daman, gris-beige, de la taille d’un chat, moins long et plus dodu. Une tête de nounours, des yeux ronds, qui nous observe de son rocher. Sympa, il se laisse approcher très près pour la photo.
Séquence scorpion noir : nous revenons vers les jeunes. Sur demande de Simon, ils retournent quelques pierres et en trouvent un.
C’est petit 4 cm de long, mais méchant, ça peut tuer un bébé ou donner 8 jours de fièvre, au moins, à un adulte.
Il fait le mort devant nous et se laisse pousser avec une baguette pour être plus joli sur la photo. On lui rend finalement sa pierre, dorénavant, on saura le reconnaître.
Retour en 4x4 vers un point de vue sur le lac Baringo au moment du coucher du soleil.
Les tons sont magnifiques. Des roses et des roux qui tournent progressivement aux bleutés, mauves, gris et vert tendre.
Simon, pris par l'ambiance un peu mélancolique, nous conte l’anecdote des éléphants de 2002.
Cette année-là, 2 éléphants sont venus des grandes plaines de l’Est. Des réserves de Laïkipia ou Samburu, ou d’un des grands ranchs du coin. Ils ont contourné le lac, et sont partis vers les collines de l’Ouest.
Ils y ont trouvé villages et clôtures… ils ont donc rebroussé chemin, ont dégringolé les falaises successives jusqu’au niveau du lac.
Là, ils ont décidé de le traverser à la nage. Ils se sont reposés quelques heures sur la grande île Ol Kokwe, puis on traversé la seconde moitié. Arrivés sur la rive Est, après avoir malheureusement tué un homme qui leur barrait la route, ils ont rejoint leurs terres sauvages, beaucoup plus calmes…
Nous passons quelques temps à contempler le lac : calme, douceur et méditation.
Nous comptons les îles, il y en a 9 aux surnoms évocateurs, dus à leur forme. Parmalok : Teddy bear ; Leso kut : Gibraltar. Devil island doit le sien à deux pêcheurs qui, dans le temps, ont juré y avoir vu des manifestations diaboliques.
Apparitions, mauvais sorts… Envie de garder le coin pour eux, peut-être ? Ol Kokwe, d’ici, ressemble à un hippo assoupi.
De retour au bercail, après dîner, on profite d’un « hippo-show »
On entend, de la terrasse, de forts grognements. Simon éteint la lumière : 2 hippos sont là, juste devant la véranda. Deux masses grises, énormes, juste plus claires que la nuit.
C’est la mère et son jeune ado.
Ils broutent et grognent longtemps puis suivent la rive vers la droite. Quelques temps plus tard, derrière les arbres, on entend des bruits farouches : une algarade à propos d’une herbe tendre ?
On pense aux campeurs qu’on a vus hier. S’ils sont encore là, à quoi peuvent-ils penser ?
On écoute longuement leurs bruits, puis des ploufs sonores : ils ont rejoint le lac, et nous allons dormir.
Demain, nous partons vers le Le Lac Nakuru et sa réserve, il faut être en forme…




