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Raphaël et Vinciane nous ont rejoints à l’hôtel. Après la nuit dans l’avion, ils acceptent volontiers de prendre une douche chez nous, car nous partons tout de suite en 4x4.
C’est un Land Cruiser, solide et haut sur pattes, qui sera notre maison roulante pendant ces 15 jours, et qui nous permettra de passer dans bien des endroits fort improbables !
Notre destination : le Lac Baringo, où nous comptons rester trois bons jours.
Nous prenons la route du Nord, la grande route de l'Ouganda.
Nous croisons de petits villages, des marchés animés, ça y est, c’est bien l’Afrique de l’Est qui nous accueille !
Un petit arrêt à Longonot view, 2 600 m d’altitude.
Nous avons une vue panoramique sur le Mont Longonot et le lac Naïvasha, où des taches roses nous promettent déjà des troupes de flamants roses.
De chaque côté de la route, cultures, élevage, forêts d’altitude. Beaucoup de sapinières, une végétation presque européenne, due à l’altitude.
Nous descendons vers la faille du Rift. La végétation se fait plus aride. Euphorbes candélabres, acacias à écorce jaune (« yellow fever). Ils abritent souvent des babouins mendiants qui attendent sur le bord de la route que les passants leur jettent de la nourriture.
Entre quelques troupeaux d’animaux domestiques, nous croisons aussi des phacochères avec leurs bébés, des impalas, des zèbres… Un premier aperçu de la faune sauvage qui nous attend.
Simon nous montre un arbuste, fréquent par ici : l’eleshwa, que les Masaï utilisent comme parfum.
Premier arrêt : la ville de Nakuru. Elle est très animée, c’est une préfecture et le siège d’instances importantes. Nous nous arrêtons au Wallmart, c’est le plus grand supermarché local. Crèmes solaires ou anti moustiques, en-cas et bananes, on est paré, on peut y aller !
Ah, non, j’oubliais l’arrêt pipi obligatoire avant de reprendre la route. L’édicule est, heu, très traditionnel et, entre filles, on doit à la fois se tenir la porte, cramponner le pantalon pour qu’il ne touche rien et se boucher le nez. A la guerre comme à la guerre, c’est dûment délesté qu’on part vers Baringo.
Sur la route Nakuru-Baringo, le paysage est de plus en plus sauvage, plus sec. Routes ravinées par les pluies récentes, cactus raquettes et figuiers de Barbarie, falaises coupées à pic… il y a des ruches dans les acacias, nous sommes dans une région de miel.
Des termitières s’élancent, hardies, vers le ciel, les nids de tisserands pendent des arbres. Nous passons près des Monts Taita, altiers.

Midi, nous arrivons à Baringo, dont le lac est considéré comme la Mecque de l’ornithologie. Tous les oiseaux d’eau sont, ici, présents et nous attendent…
Mais, d’abord, nous nous installons dans notre villa, Heron House, dans Robert’s Camp. Face au lac, une petite villa cachée par les arbres.
Trois chambres, un salon, une grande terrasse salle-à-manger au toit de chaume, une petite cuisine où s’affaireront, tout au long de notre séjour, Emmanuel, cuisinier inspiré, et la discrète et souriante Esther.
Dans les années 30, Mr Robert et son épouse ont fait bâtir 6 maisons, une par enfant. Elles accueillent, dans leur grand parc, touristes et animaux familiers ou sauvages. Mais nous en reparlerons !
Après le déjeuner, une première balade pédestre dans le parc.
On fait connaissance avec les aigles pêcheurs (African Fish-Eagle), les pygargues vocifères, à l’affût sur les cimes des arbres, quelques hérons Goliath (Goliath Heron), des hérons striés, des oies d’Egypte avec leurs nichée, un grand duc qui vit sur un arbre touffu, un marabout (Marabout Stork), des martins pêcheurs pie noirs et blancs (Pied Kingfisher), un oiseau de paradis, des guêpiers de Madagascar (tout verts).
Autour de la maison, familiers, volent les choucadors superbes, (Lamprotornis superbus) bleus à plastron, les tisserins jaunes ou rouges et d’autres que nous apprendrons à connaître.
On relève des traces d’hippo, redoutables habitants du lac, mais on ne voit pas encore les deux crocos de notre plage. Ca viendra !
Après un premier dîner sous notre toit de chaume, nous bavardons lorsque survient notre première panne d’électricité. Nous allons donc nous coucher à la lueur des lampes à pétrole et de nos torches, c’est un bon entraînement pour la suite…
Pendant la nuit, Michel entend le cri des hippos. Ils sont venus brouter notre pelouse, les traces dans l’herbe nous le prouveront demain.




