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Nous partons par la route de l’aller, qui redescend au Sud.
Nous repassons sur la ligne idéale de l’Equateur, où une accorte jeune femme nous montre l’application de la force de Coriolis.
Pas de panique, j’explique : elle dispose, au-dessus d’un baquet, un gros entonnoir et y verse de l’eau. Lorsque nous sommes 20 m au Nord de la ligne, l’eau s’écoule en tournant dans l’entonnoir dans le sens des aiguilles d’une montre.
Lorsque nous nous déplaçons 20 m au Sud de la ligne, l’eau tourne dans l’autre sens, et, pile-poli sur l’équateur, elle tombe tout droit.
C’est une brindille posée sur l’eau qui tourne, ou pas, pour le prouver… les photos en témoignent.
Au retour, des amis plus savants nous expliquent que ça marche bien comme ça, mais pas si près de l’Equateur, qui n’est qu’une ligne symbolique. Il faut bien plus de km que ça pour que la force de rotation de la Terre agisse sur l’écoulement de l’eau…
Et pourtant, comme disait l’autre « e per si muove ! ». (Galilée, le 22 juin 1633. A moins que cette phrase, elle aussi, ne soit qu’une belle légende…)
Nous longeons, sur notre route, de petits marchés animés, dont une des spécialités est le miel en bouteilles.
C’est une région d’élevage, vaches et chèvres, de cultures où trônent euphorbes candélabres ou acacias parasols. Aux fermes en pisé succèdent des maisons cossues en belle pierre, très fleuries, au milieu de grands champs et de grandes exploitations. Sisal, bananiers, manguiers…
La région devient de plus en plus verte. Les haies qui étaient, au nord, faites de figuiers de barbarie, sont remplacées par des agaves ou du sisal, dont les pointes sont tout aussi défensives !
Nous arrivons au camp vers midi. Le temps que Simon fasse les formalités d’entrée, nous assistons à une scène très amusante : l’exploration d’une voiture mal fermée par un macaque. Méfions-nous, ils sont, ici, hardis et voleurs, nous l’apprendrons assez vitz à nos dépens !
Nous nous installons, sur la falaise, au Flamingo Hill camp. C’est un camp de toile assez somptueux.
Sur une estrade de terre battue, chaque tente ouvre, devant, sur une terrasse privée en ciment, avec sa table et deux fauteuils de brousse, et est prolongée à l’arrière par une pièce en pisé qui reçoit salle d’eau et toilettes.
La tente elle-même est luxueuse : un grand lit à baldaquin bordé de moustiquaire fine, des tapis, une table, deux fauteuils…
Et l’ensemble est surmonté d’un deuxième toit de chaume, qui nous apportera ombre et fraîcheur.
Déjeuner buffet dans la grande salle de restaurant, puis premier vrai game drive.
Mais qu’est-ce qu’un game drive ? En anglais, drive signifie, dans ce contexte, « chasse ». Et game, ce n’est pas que le jeu, cela veut aussi dire « gibier ».
C’est donc une chasse au gibier, devenue pacifique depuis que les appareils photos ou les caméras ont remplacé les fusils et autres armes à feu.
Simon nous fait donc les honneurs du parc et de ses hôtes. Alors que, la première fois que nous sommes venus à Nakuru, nous n’avons exploré que les alentours du lac pour en admirer les légendaires flamants, nous voyons que le domaine est beaucoup plus vaste.
Au fur et à mesure de nos sorties, nous verrons qu’il englobe collines, forêts ou savanes, peuplées d’animaux très variés.
Notre première balade nous amène près d’un ruisseau où boivent des buffles d’eau. Plus loin, nous croisons des impalas, des zèbres, des phacochères affairés, des gazelles de Grant. Des gazelles de Thomson nous offrent même un combat.
Mais vite, nous rejoignons le lac, à la poursuite des flamants. Il en est de deux sortes : les flamants roses, qui sont en fait assez clairs, car c’est surtout le bout de leurs ailes qui est rose vif. Ils sont aussi plus grands que leurs cousins, les flamants nains, qui sont, eux roses de partout.
Nous sommes au commencement des danses de parade, immortalisées pare le film « les Ailes pourpres ».
Au début, c’est encore fouillis : seuls, de petits groupes démarrent ensemble, au milieu des autres encore indifférents, qui préfèrent filtrer l’eau pour en extraire les spirulines et les diatomées qui les nourrissent et les colorent.
Autour, s’affairent des pélicans blancs, de grands marabouts sombres et plusieurs petits échassiers.
Comme le soleil décline, nous décidons d’aller le voir se coucher de Baboon clift, un point de vue situé en hauteur.
Un rhino noir rêve, solitaire, une girafe marche dignement. Près d’une barrière, soudain, un envol de babouins : ils sont poursuivis par les gamins d’un champ voisin, où ils étaient partis voler des fruits.
Nous arrivons au belvédère. Nous descendons du 4x4 sans avoir bien remonté toutes les vitres : vite, un babouin a sauté dans le véhicule et a volé un sac poubelle d’un bleu vif tentateur.
Heureusement, ce n’était ni un pull ni un appareil, et nous le photographions pendant que, juché sur un piquet, il le déchiquète tranquillement !
Le soleil se couche néanmoins et, après tant d’émotions, nous regagnons nos pénates…




