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Petit déjeuner, 6h. game drive, 6h30, dans les terres qui entourent le lac.
Que voyons-nous, successivement ? 3 rhinos noirs, de nombreuses gazelles.
Des impalas (la seule femelle gazelle sans cornes, c’est comme ça qu’on finira par la reconnaître), des gazelles de Thomson, de taille moyenne, des cobes Defassa, grands, aux cornes pointées vers l’avant.
3 hyènes au repos, un aigle couronné sur son arbre, des élands du Cap (grands, aux cornes droites tirées vers l’arrière)… un rat daman en observation sur un rocher, une buse augure, volant avec une proie entre les serres, un aigle ravisseur ravissant.
Nous tombons sur un clan de vautours. L’Africain, foncé, le griffon de Rupell, au ventre tacheté de gris et de blanc, l’oricou, grand, à la tête et au cou dénudés et d’un rose-rouge. Ils sont perchés, ensemble, sur un groupe d’arbres ou finissent, au sol, de nettoyer quelques os.
En fait, nous dit Simon, ils n’appartiennent pas tous à la même famille, c’est un nom vernaculaire pour désigner divers rapaces diurnes nécrophages appartenant à des ordres différents.
L’oricou, aussi appelé Nubien, par exemple, est la seule espèce du genre Torgos… tous renseignements qui nous remplissent d’aise !
En tous cas, ils voisinent avec bonheur dès qu’il est question de déjeuner (ou de dîner, ils n’y font pas de différence).
Plus loin, une autruche femelle, des phacochères, notre premier rhino blanc. On s’arrête : des traces de lion mâle… verrons-nous ici notre premier ?
Une maman rhino blanc et son petit, suivis d’un couple d’autruches et de leur autruchon. Dans un groupe, seul le couple dominant peut couver, les autres femelles pondent des œufs clairs.
Ces deux bébés nous en annoncent de nombreux autres. La période de naissance bat son plein, et maintenant, c’est un vrai carnet rose qui nous attend !
Nous revenons au lac pour voir un envol de pélicans et de marabouts. Quelques-uns, ailes éployées pour les faire sécher, jouent les « parasols ». les flamants sont plus nombreux qu’hier à danser et parader, les groupes se forment.
Au retour, grande nouvelle : il y a un lion qui se repose près de l’ancienne maison des rangers. On y file.
Il est là, calme et timide, allongé sur l’herbe. C’est un jeune mâle qui se laisse admirer et photographier, mais qui se cache derrière un arbre dès qu’une autre voiture arrive.
Salut, Simba, nous reviendrons plus tard voir si tu es toujours là !
Près du camp, un calao terrestre tient une pierre en son bec. Que va-t-il en faire ?
12h, on rentre déjeuner et se reposer avant de repartir.
15h30, après un temps de repos dans les heures les plus chaudes, nous repartons. Tiens, une troupe de pintades…
On retourne voir « notre lion », il est toujours là. On le laisse à d’autres admirateurs, sa présence est maintenant connue, dans le parc.
On sillonne le terrain à la rencontre de cobes femelles et de leur mâle, d’une maman zèbre et de son attendrissant zébron, pas trop timide.
Au loin, un exemple à ne pas suivre (c’est d’ailleurs interdit). Des touristes sont descendus de leur voiture à la lisière de la forêt, qui est quand même le domaine du léopard. Quels imprudents !
Dans un ruisseau, des pélicans se baignent sous l’œil noir d’ibis sacrés. Dans un arbre, un aigle huppard les regarde.
Remue-ménage : un groupe de phacochères détalent devant nous à toute vitesse, la queue dressée en l’air à 90°, toute droite et raide, telle une hampe de drapeau. C’est "l’African Express" qui passe, et c’est très drôle.
Les flamants sont en groupes de plus en plus serrés sur le lac, on rivalise avec deux Japonais pour les prendre en photo.
Là, on a le droit de descendre. D’abord, le léopard ne vient pas près de cette eau saumâtre, les flamants ne l’intéressent pas, et puis c’est très dégagé. Nous sommes sur une grande étendue plate et crouteuse, blanchie par le guano et le sel séchés.
Avril est ici la période sèche, les points d’eau sont presque à sec, la nature retient son souffle sous la morsure du soleil et attend la pluie.
C’est le royaume des couleurs. Herbes jaunes et cassantes, sol blanchâtre autour du lac, forêt aux tons de verts aux alentours, bruns et roux des plaines et des collines, lac argent et rose des flamants et, par-dessus, le ciel immense qui passe par les couleurs de l’arc-en-ciel au fur et à mesure que la journée avance.
Des roses flamboyants du matin et du soir aux bleus ardents de la journée ou aux gris fuligineux qui annoncent l’arrivée de la saison des pluies…
Mais c’est aussi le royaume des odeurs, autour du lac. Pensez, des milliers, voire des millions, lorsqu’ils sont tous au rendez-vous, de volatiles mangeant, aimant, urinant et déféquant de concert, sans oublier les délicates senteurs de ceux qui sont morts et dont les charognes attendent le nettoyage des charognards…
Et c’est encore le royaume des bruits. On ne parlera pas de musique, lorsque tous piaillent, crient, caquètent ou se défient.
Aux alentours, les mammifères aussi se font entendre, ajoutant leurs grognements, halètements, appels d’alerte ou autres marques de territorialité au concert ambiant…
La fin de la saison sèche est l’époque des naissances.
Bébés babouins, autruches, rhinos, phacochères, vervets, zèbres et antilopes diverses, on verra tous les bébés, gais, fantasques et attendrissants, tant à Nakuru que, plus tard, dans les autres réserves que nous visiterons.




