Vous êtes ici > Carnets-et-voyages > Kenya > Safari 2009 en 4x4 > De Crater Lake à Amboseli
Départ 8 h, à 10h nous passons par Karen, juste au pied des Ngong Hills.
Cette ville, autrefois éloignée de la capitale, s’en est tentaculairement rapprochée au cours du temps.
C’est là, au lieu-dit Langata, « l’endroit où s’abreuve le bétail », en masaï, que se trouvait autrefois la ferme et les plantations de café d’Isak Dinesen, la baronne Karen Blixen, à qui la ville doit maintenant son nom.
Hommage au livre (La Ferme africaine), à son adaptation cinématographique (Out of Africa), à Meryl Streep et Robert Redford qui ont rendu ce lieu universellement célèbre.
Nous nous arrêtons au Karen Shopping Center, luxueuse galerie marchande où se retrouvent expatriés et Nairobiens aisés. Nous faisons quelques courses au Nakumatt, une grande surface où l’on trouve nécessaire et superflu, puis nous prenons un café terrasse et en famille.
En effet, la femme et les deux enfants de Simon, dont la maison est proche, nous ont rejoints ici pour un petit moment.
Après la route, la joie des petits de retrouver Papa est rafraichissante !
Mais il faut repartir. Nous passons devant un marché de plein air, très animé, puis traversons les quartiers chics de Karen. De grandes demeures à l’architecture coloniale, de grands parcs devant lesquels se pressent de petites échoppes bien animées.
Au milieu de jeunes kikuyus vêtus de jeans et ti-shirts, des askaris masaï marchent, toujours vêtus de leur shuka rouge. Décalage des lieux et des temps…
Entre deux domaines de grandes cultures, des cultures maraîchères et potagères familiales.
Beaucoup d’églises évangélistes de toutes confessions se succèdent : « Our Lady of Fatima, Jésus life Center, Kenya assembly of God… ». quelques beaux toits en tôle aux couleurs ardentes : bleus, verts, orangés, rouges, bien fluo sous le soleil.
Nous passons par Kiserian (la C 58) et faisons route vers l’A 104. cap au sud.
Le paysage devient de plus en plus sec. Petits acacias parasols poussiéreux, terre jaune et caillouteuse, arbustes rabougris qui se raréfient.
La route nous offre vibrations, poussière, défonce. Simon nous annonce que depuis le début de notre périple, nous avons fait 1675 km en terre africaine… quelques troupeaux, vaches et moutons, broutent l’herbe rare et rase.
A Isinya, la route « neuve » est coupée pour réfection. On prend une déviation par la piste parallèle, pendant plusieurs kilomètres, et à plusieurs reprises, au grand dam de nos pauvres dos.
La végétation reprend avec le retour de la riche terre rouge d’Afrique. Les termitières s’élèvent, nous sommes revenus en pays Masaï. Voici Kundu Hills.
Un petit « arrêt santé » en pleine nature, nous en profitons pour photographier le paysage et des pommes de Sodome (Calotropis procera). Mais pourquoi un nom aussi sulfureux ?
C’est que ses fruits verts ressemblent à de petites pommes ovales, en forme de testicules (d’où le nom assez vulgaire de « roustonnier » que lui avaient donné les légionnaires, en Afrique du Nord, nous dit Wikipédia…). Poésie, quand tu nous tiens !
Pour en finir avec sa réputation, sachez que toutes les parties de l’arbre sont toxiques, mais qu’il a néanmoins quelques applications médicinales.
Nous nous arrêtons pour grignoter dans un « curios », un restaurant-boutique de souvenirs. Evidement, pendant que notre déjeuner se prépare, nous investissons la boutique. C’est l’heure de penser aux souvenirs qu’on rapportera en Europe dans quelques temps.
Si, dans l’ensemble, nous restons raisonnables quant aux proportions de nos cadeaux, Magali se prend d’amour pour un totem imposant qui représente les big five. Tous !
Comme il n’est pas question d’embarquer ça dans le 4x4 ppour le moment, un accord est trouvé : on le reprendra au retour. Il est donc soigneusement mis de côté et Magali le photographie pour mieux s’en souvenir.
Nous arrivons ensuite à Namanga, poste frontière entre Kenya et Tanzanie. Après avoir dépassé plusieurs troupes de dromadaires bâtés, nous longeons la frontière sur plusieurs kilomètres, sur une piste desséchée et caillouteuse, avant de pénétrer dans le parc d’Amboseli, notre dernière destination.
Le parc est très sec depuis longtemps, il attend la pluie et la savane retient son souffle. Elle est jaune, sèche et rase, la vie se concentre autour des marécages, verts toute l’année grâce à l’eau qui coule de la fonte des neiges du Kilimandjaro.
Au début du parc, nous passons sur un lac asséché, plat à l’infini, d’où n’émergent que quelques arbres morts et blanchis, et profitons des mirages. Ce qu’on voit briller au sol en ondes bleutées n’est pas un miroitement de l’eau mais un reflet du ciel.
Nous croisons beaucoup de cadavres encore entiers, les charognards sont débordés.
Le sommet du Kili, dans les nuages auparavant, se découvre peu à peu, beau à couper le souffle.
Sa calotte d’argent brille au soleil, peut-être moins abondante qu’auparavant, fonte des neiges oblige, mais toujours présente sous nos yeux éblouis.
Juste pour la photo, un éléphant passe, pour rejoindre le point d’eau d’un pas majestueux.
La population éléphantine est étudiée depuis 27 ans, dans les 390 km2 du parc, qu’elle partage, nous indique une pancarte à l’entrée, avec une soixantaine d’autres sortes de mammifères et 380 espèces d’oiseaux.
Joie des jours à venir : rien que pour rejoindre notre camp, nous rencontrons quelques figures exemplaires. Grandes aigrettes, buffles au bain, couples de lions endormis ou d’autruches en plein repas, familles d’éléphants avec leurs bébés, que de plaisirs en perspective !
Dans un écrin de verdure, juste au pied du Kili, les voici, nos dernières tentes. Le confort a l’air plus sommaire qu’au Flamingo Hill, mais les tentes sont grandes, les équipements généraux agréables et, cerise sur le gâteau, une piscine reflète le grand sommet mythique voisin.
Nous dînons dans la grande salle de restaurant à la décoration masaï : sur les murs tissus de kikoï rouge rayé jaune, drapé par des bracelets masaï sur fond vert, peintures et objets traditionnels pendus ça et là…
Demain, nous commencerons à sillonner le parc.

