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7h30 : départ. Le plein est fait (au passage, on réussit à mettre 113 litres en deux réservoirs pour 7000 ksh, les shillings kényans. Les automobilistes français apprécieront !)
Le ciel est bleu, uniformément. Nous faisons route au Sud, vers Njoro, Egerton, Mau Narok, Enanjipen et Narok. Les terres sont belles, les cultures riches. On monte en altitude, longeant des fermes d’élevage, vaches et moutons, et de petits champs.
Sous serre, fleurs et légumes. Parfois, de grandes exploitations aux grands tracteurs, sinon des parcelles familiales plus petites où travaillent encore des paysans à houes et à binettes…
Nous passons dans des paysages de montagnes douces très exploitées, en terrasses pentues bloquées par des murs de pierre sèche. C’est bucolique et reposant…
Quelques sommets de plus de 3000 nous dominent de leur masse : le Mont Mau, 3124, le Narok, 3045.
Mau Narok est une jolie ville. ses maisons en bois ou en pierre ont des toits de tôle brillant au soleil.
Au fond d’un vallon champêtre, entre les ocres de la terre travaillée et les verts des petites haies ou des nouvelles cultures, deux silhouettes rouge vif cheminent, harmonie des contrastes !
Une surprise : après Mau Narok, la route devient piste. Terre et cailloux, trous et bosses : 50 km dans le tambour d’un lave-linge, un avant-goût d’autres pistes à venir !
Les ânes ont remplacé les véhicules. Bâtés, portant de lourdes charges, de l’eau ou des hommes, ils sont omniprésents dans le paysage.
Nous passons un col à 2743m. Nous croisons quelques rares voitures, de façon aussi hasardeuse que sportive, c’est que la piste n’est pas très large !
30 km avant Narok, le goudron réapparaît : « hourra ! »
Depuis quelques temps, nous avançons en pays Masaï. Cela se voit dans le nom des villages, quelques bergers sont drapés dans le shuka traditionnel, ce plaid écarlate qui se distingue de très loin dans la savane.
Narok est un grand marché. Fouillis de gens, d’ânes, de voitures, de tracteurs, de vaches, de moutons, de couleurs, de cris et d’odeurs… il a plu, il reste des flaques sur le bord des rues. Ca a fait tomber la poussière, ce qui est fort agréable.
A la sortie de la ville, on reprend une partie d’autoroute, toute neuve, vers Olungu, puis, au bout d’une cinquantaine de km, on tourne vers la gauche. Cap à l’Ouest.
Nous sommes sur une piste en plein pays Masai. A l’infini, de grands champs de blé, vert tendre, se déroulent sur des ha et des ha, entrecoupés de quelques champs de maïs. Au milieu, de grands acacias ou des euphorbes candélabres en rompent l’harmonie horizontale.
Des cases en torchis au toit de chaume, rondes ou carrées, d’autres en ½ rondins accolés, au toit de métal. Bien que plus « modernes » ces dernières doivent être plus chaudes, sous le soleil ardent, que les précédentes !
La nature réclame. Nous faisons un « arrêt-pipi » folklorique, sur le bord de la piste, sous le nez et l’œil intéressés de deux gamins, vite chassés par notre vigilant Simon.
Nous traversons le Parc masaï des Loita Plains. Entre deux troupeaux domestiques, gardés par leurs Masaïs rouges au long bâton et à la lance bien affutée, voici les premiers troupeaux sauvages. Gnous et bébés d’un mois à peu près, zèbres, gazelles de Thomson, quelques cigognes noires au plastron blanc…
Mais il est midi, nous arrivons à notre camp par Musiara Gate. Une petite pause avant de faire plus ample connaissance avec notre nouvel environnement.

