L'huile d'Argan



L'huile d'Argan
 
L'huile d'Argan

L'huile d'Argan (ou d'argane), nous l'avions déjà croisée lors de notre circuit. L'arganier. Mais aujourd'hui,en quittant Essaouira, nous allons visiter une coopérative de femmes qui en assurent l'exploitation. En effet, dans les collines d'Essaouira pousse un arbre épineux qui ne se rencontre qu'au Maroc : l'arganier. Il fait partie de la famille des Sapotacées. Au Maroc, on le nomme aussi "l'arbre de fer" ou " l'Olivier du Maroc "...

L'huile d'Argane était traditionnellement préparée artisanalement dans tous les foyers par les femmes.Toutes les parties de cet arbre précieux sont utilisées, le bois pour le chauffage, les feuilles et les noix pour pour les chèvres, le noyau pour l'huile, comme celui de l'olivier.Aujourd'hui, la coopérative féminine que nous visitons exploite cette richesse : la création d'emplois rémunérés les a valorisées et favorise de façon durable le reboisement de l'arganier.

Toujours à la recherche de nouveautés, les laboratoires pharmaceutiques et cosmétiques se sont mis à en étudier les propriétés... depuis, on n'arrête pas de trouver à cette huile de nouvelles vertus :elles sont cosmétiques, pharmaceutiques et alimentaires !


En cosmétique, elle est huile de soin et de beauté, réhydratante et raffermissante par sa richesse en vitamines A et E.En pharmacie, elle prend sa place dans le traitement des problèmes de peau, car elle permet une meilleure cicatrisation ; ses "insaponifiables"  sont importants par leur action anti-inflammatoire et leur capacité de restructuration la rendent utile en cas de rhumatismes.

Dans l'alimentation, sa finesse de texture et son goût de noisette en font une huile prisée pour aromatiser les salades, les oeufs, les tagines ou le couscous. "L’Amlou Beldi", composé d’amandes, de miel et d’huile d’argan, est une délicieuse pâte à tartiner, (aussi réputée pour ses vertus aphrodisiaques), qui se déguste sur du pain.

La dame qui nous accueille, après nous avoir présenté les femmes au travail, accroupies sous un auvent, actives et affairées, nous amène dans la boutique de la coopé : là nous dégustons le produit,l'essayons sur le dos de la main, qui devient douce, douce... Evidemment,chacun "craque" et contribue, par ses achats, à l'essor de l'entreprise !

 

 


 

 

Le travail effectué par ces femmes est remarquable : en effet, il faut 1 hectare d'arganiers pour produire 800 kg de noix mûres qui ne donneront que 40 kg d'amandons. Avec ces 40 kg, on extraira 18 litres d'huile d'Argan... Les femmes écrasent manuellement les fruits arrivés à maturité,entre juin et août, en otant l'écorce et la pulpe (qui serviront de nourriture aux chèvres) pour  ne garder que les noyaux.Ils sont alors brisés en deux afin de retirer les amandes que l'on doit torréfier avant de les moudre et de les presser pour en extraire l'huile.

Et c'est une chercheuse marocaine, une universitaire de la Faculté des Sciences de Rabat, Madame Zoubida Charrouf, qui, en travaillant sur l'arganier, a décidé d'en valoriser les produits en impliquant la population locale. Elle a développé un projet  financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), l'Agence canadienne de développement international (CIDA),ou l'ambassade Britannique pour l'achat des équipements de la coopérative "Ama", du nom d'"espoir" en arabe.

Les dames qui travaillent dans cet endroit, et les autres qui ont été créés peu à peu, sont des femmes seules, veuves ou divorcées...Cet emploi leur a permis de sortir leur famille de la précarité : en plus d'une formation aux techniques d'extraction, de conditionnement, de gestion, d'organisation et de marketing, la coopérative leur donne deux heures par jour pour suivre des cours d'alphabétisation...

C'est ainsi que l'activité économique a repris dans la région en même temps que la valorisation de ses habitants.