| |
Essaouira, proviendrait de "Al Souirah", c'est-à dire la "petite forteresse entourée de murailles"... La ville,blottie au bord de l'Atlantique, au Nord d'Agadir, a bien été obligée de se protéger contre les corsaires ou les pirates de tous bords : elle s'est donc abritée derière une muraille érigée pour être inexpugnable... Une autre éthymologie la nomme "la bien dessinée"...
L'histoire
de la ville est longue, au travers des avatars qu'elle a subis.Déjà, au VIIème siècle avant JC, les Phéniciens faisaient escale dans les îles de la baie, l'antique Thamusida, des poteries l'attestent... Juba II, roi de Mauritanie, y a ensuite installé une fabrique de pourpre, alors
très recherchée par les Romains, puis le site a été occupé tour à tour par les Portugais et les sultans Saadiens,qui en ont fait le port de Tombouctou : on y échangeait les produits manufacturés en Europe contre l'or, le sel, le sucre du Haouz, et les plumes d´autruche si prisées....
C'est au XVIème siècle que les Portugais ont donné à la ville le nom de Mogador, probablement une traduction du Portugais de Amogdu (le "bien gardé"). Ils y ont construit une forteresse que Moulay Abdelmalek a restaurée pour son usage en 1628.
Mais ce n'est qu'au XVIIIème siècle que la ville moderne d'Essaouira a été fondée sur les plans d'un captif Français, Théodore Cornut,un élève de Vauban, pour le sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdellah.
|
| |
On l'aperçoit, blanche et orgueilleuse derrière ses remparts roses qui rappellent Saint-Malo !
Le sultan voulait créer là un port ouvert sur l'Occident : port franc, carrefour commercial, cité d'échanges et de culture.
Quand on arrive de Marrakech par la route, d'un seul coup la mer se dévoile à nos yeux, dès qu'on franchit la dernière colline qui nous la cachait : à perte de vue, elle est là, se confondant à l'horizon avec le ciel, en un camaïeu de bleus aux tons intenses...Dans la baie, les îles Purpuraires s'égrennent et fixent le regard.
Puis on descend vers le port : l'activité principale d'Essaouira est la pêche. Pendant de nombreuse années ce port a été le premier port sardinier du monde !
Les bateaux emplissent les rades : on y reconnaît des formes de boutres arabes, de chalutiers, de trémailleurs, de senneurs ou autres palangriers ; les barques bleues, posées au garde-à-vous dansent effrontément sur l'eau ; les chantiers navals en pleine activité retentissent du bruit des charpentiers ou radoubeurs...
Des vagues se brisent sur l'arête de la jetée, et déversent d'énormes gerbes d'écume au pied des remparts. Les mouettes et les cormorans,omniprésents, tournent en criant au-dessus de nous.
L'impression générale est celle d'une intense activité, mais aussi de calme,de sérénité : chacun vaque à ses occupations sans hâte, tranquillement...On attend l''heure de la criée qui réveillera les énergies. Une fois par semaine, les transactions achevées, le capitaine réunira son équipage, assis en rond sur la jetée, et lui remettra sa part.Les épouses des marins morts ne sont pas oubliées : on leur donne,en poissons, une part de la pêche : elles les revendent ensuite,directement sur le port, et peuvent ainsi assurer la subsistance de leur famille...
|
|