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La ville d'ESSAOUIRA | ||||
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Nous pénétrons dans la ville,composée de trois quartiers, séparés par de petites murailles intérieures et de grandes portes : la Médina, la Kasbah et le Mellah,. Essaouira,"la bien dessinée", mérite alors son nom : elle est la seule ville de l'ancien Maroc à suivre, grâce aux plans de Cornut, un plan d'urbanisme précis avec une Médina aux rues larges et rectilignes. La ville a longtemps brassé une population, marocaine, constituée à 50% de musulmans et à 50% de juifs, dont on retrouve des signes distinctifs dans l'architecture des maisons et sur les ornements des portes et fenêtres. |
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Du Port, on arrive sur la Place Moulay el Hassan, vaste et dégagée, bordée de grandes maisons blanches aux volets bleus, et de cafés comme une ville du Midi... Les couleurs sont fortes : le blanc vibrant des murs, le bleu intense des portes et volets, le jaune ocre des soubassements. De hautes bâtisses, de larges fenêtres... Mais les volets s'ouvrent avec réticence, par quartiers, protégeant leurs habitants comme des musharabieh : nous sommes bien en Orient ! On est dans le plus ancien quartier, la Kasbah, la partie résidentielle du Mahkzen, qui abritait les dirigeants de la ville et les consuls étrangers. On y accédait par des portes qui existent encore, qu'on fermait à la nuit : « Bab Sbaâ » « Bab Doukala »,« Bab Marrakech » ... Les maisons sont des riyad : fermées sur la rue, elles vivent autour de leur patio intérieur, puits de lumière et centre de la vie familiale. |
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On suit la rue principale, en commençant à admirer la richesse et la diversité des portes privées : à part quelques-unes,elles sont bleues, de tous les nuances du même bleu : neuves ou passées, fraîches ou délavées... Ce qui en fait la diversité, ce sont les encadrements de pierre : brute, taillée, gravée, ornée,peinte... Une richesse que nous décidons illico de photographier,pour en faire une jolie collection ! Une porte monumentale, où veillent deux canons, ouvre sur la sqala de la kasbah : la vieille ville... et la magie continue ! La petite rue qui borde le marché ouvre sur un ancien caravanserail : là se tient le souk des bijoutiers, ainsi que quelques beaux étals de dinanderie en argent... Ensuite nous visitons le Mellah, qui abritait les juifs, dont la plupart étaient commerçants, intermédiaires économiques et politiques ou représentants des puissances étrangères. La pluie nous a rattrapés, et nous nous abritons sous les porches en encorbellement pour écouter notre guide, imperturbable sous 2 orages : celui du ciel, et celui des touristes qui, muoillés, ont froid et râlent.D'autres groupes, tout aussi trempés, nous croisent, l'air résigné : que ne ferait-on pas au nom de la culture ?... Nous revenons au rivage par la rue de la Sqala, bordée de boutiques d'ébénistes dans les anciens entrepôts de munitions : ils travaillent le thuya, bois dur,odorant, aux tons chauds et mordorés : nous admirons meubles et objets précieux, dont quelques-uns sont incrustés d'argent, de nacre, de citronnier ou d'ébène : nous en profitons pour faire le plein de cadeaux ! |
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L'artisanat est riche et varié, témoin du brassage des cultures. Ainsi les Souiri sont-ils maîtres en orfèvrerie, en marqueterie et ébénisterie... Pour nous réchauffer, nous filons dans une pâtisserie odorante boire un thé à la menthe, assorti de quelques douceurs orientales, si réconfortantes ! Malgré la pluie, qui refuse de se calmer, nous continuons à nous promener,à visiter les galeries d'art, les magasins de souvenir, de vêtements ou de tapis... Essaouira ne vit pas que dans un passé nostalgique : cette ville attachante attire les artistes, peintres, cinéastes (Orson Welles y a tourné Othello)... Les ateliers d'art y sont nombreux : c'est un des centres les plus actifs de l'art contemporain du Maroc. Un courant artistique y est né, sous la dénomination "d'art tribal", une peinture aux couleurs vives, qui mèle les influences islamique, africaine,l'art brut, l'art aborigène australien... Les artistes sont des amateurs passionnés qui peignent pendant leurs moments de liberté.Ils dressent des cimaises sur les murs des remparts si le temps le permet, mais nous avons aussi vu leurs oeuvres dans l'ancienne Mairie, devenue le Musée Sidi Mohammed ben Abdallah, qui se consacre aux arts et traditions d'Essaouira, et dans de nombreuses galeries : c'est là que s'est réfugié le soleil qui n'est plus dans le ciel ... Entre temps, nous sommes allés déjeuner au Chalet de la Plage, sur le boulevard Mohammed V, mais nous n'avons guère été convaincus par le repas, dédié aux produits de la mer : si la soupe de poissons réchauffait bien, les fritures qui suivaient avaient eu le temps de se déssécher... Une fausse note, déjà signalée dans Le guide du Routard, dans une journée bien diversifiée ! Heureusement, pour nous réconforter, des musiciens Gnaoua sont venus chanter sous notre terrasse et nous apporter un peu de la chaleur qui nous manquait.... | ||
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