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Entre le port et la ville, la citadelle monte la garde. En effet,au XIVème siècle, Mogdoura, comme la nommaient au début les Portugais qui s'y sont installés, était devenue un important comptoir commercial.En 1506, ils y avaient construit un petit port et plusieurs fortins.
Le nouveau port de Cornut attendait un grand fort : il a construit,à l'entrée du port, un bastion circulaire, le Borj El Bermil.Sa tour d'angle,carrée ne permettait pas de voir l'horizon de tous les côtés, c'est pourquoi des échauguettes, aux 4 points cardinaux, ouvrent la vue par leur étroites meurtrières...
Un escalier en colimaçon, dans l'épaisseur des murs, nous permet de déboucher sur la plate-forme du Fort : la vue sur la ville, la mer et le port est magnifique. On ressent un grand sentiment de puissance,face à l'Océan et ses vagues tumultueuses, qui viennent frapper les remparts, même par temps clair.
Au loin, l'île de Mogador, premier site habité de la cité, semble à portée de la main : On y voit un autre fort de la même époque, le Borj El Assa ( bastion de surveillance ).
Outre l'aspect défensif, les fortifications avaient pour but de stopper l'ensablement de la ville...
Le long de l'ancien chemin de ronde, la Sqala du Port, une plate-forme longue de 200 mètres, s'alignent les canons d'une batterie fabriquée en Espagne : ils peuvent tirer jusqu'à 2000 m, et atteindre ainsi les îlots de la rade, pour éviter que pirates ou envahisseurs n'y trouvent refuge !
Nous verrons, d'ailleurs, beaucoup d'autres canons dans la vieille ville,témoins de son histoire guerrière !
Parmi les monuments les plus prestigieux d'Essaouira, la Porte de la Marine, Bab el Marsa, construite en 1769, permet d'accéder ensuite à la ville, en suivant les remparts du quartier de la Sqala.
Sur le fronton triangulaire très classique, les sculpteurs ont célébré les trois religions du Livre qui vivaient ici en paix : la coquille de saint-Jacques des Chrétiens,le croissant arabe et les inscriptions arabes et juives.
Et toujours, les mouettes et les goélands nous entourent et nous escortent, tournoient en un superbe vol de pente, ou prennent complaisamment la pose devant le photographe, sentinelles attentives et bruyantes. C'est ainsi que j'ai appris la fonction du point rouge qui orne le bout du bec jaune des goélands, marins ou argentés adultes : c'est l'endroit où le jeune doit frapper,s'il veut que son parent ouvre le bec et le nourrisse... Sans point rouge, pas de repère, et le jeune sera condamné à mourir de faim !
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| | Une fois rassasiés de tant de majesté, nous prenons le chemin de la vieille ville par la rue de la Sqala qui longe les remparts :nous avançons vers la cité blanche qui semble nous attendre. Le ciel, bleu jusque-là, se couvre de nuages et prend une teinte plombée.Notre guide, à qui nous demandons s'il faut revenir prendre nos manteaux dans le car, nous rassure : non, la journée sera belle...Nous lui emboîtons donc le pas, confiants, pendant qu'il nous raconte la naissance de sa ville. |