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Nous allons aujourd’hui pénétrer dans l’intérieur des terres et visiter, le lac sacré de Grand Bassin et Chamarel aux 7 couleurs, puis, au sud extrême de l’île, le Cap Gris-Gris, face à l’Océan.
En plus de ses paysages riches et luxuriants, un des enchantements de l’Île Maurice réside dans la variété de sa population, due à l’arrivée successive de peuples divers. Ici se mêle l’Orient à l’Occident. Afrique, Europe, Indes, Chine… au fil du temps les populations ne se sont pas succédé, elles se sont accumulées.
L'ancienne "Isle de France" est un arc-en-ciel de communautés : Créoles (descendants des premiers colons blancs), Chinois, "Zarabes" (Indiens musulmans de Bombay), Cafres (descendants d’esclaves africains) et Malabares (Indiens catholiques et hindouistes), aux langues, coutumes et religions différentes.
Les visites se font entre temples hindous ou tamouls, pagodes chinoises, églises catholiques, de la ville trépidante aux monts sauvages ou aux jardins exubérants.
A 600 m d’altitude, dans son écrin de verdure, le Temple de Grand-Bassin (Ganga Talao) est reconnu par les Hindous originaires de Calcutta comme étant le lieu le plus sacré de Maurice.
Ils ont fait du lac, qui emplit le cratère d’un ancien volcan, un lieu de pèlerinage, puisqu’ils considèrent que son eau est une résurgence du Gange sacré. C’est Shiva lui-même qui l’a consacré, en y faisant tomber quelques gouttes de l’eau du Gange qu’il transportait lorsqu’il a survolé l’Île Maurice avec Parvati, sa femme.
Une fois par an (en février ou mars, suivant la Lunaison) des milliers de pèlerins marchent de chez eux aller et retour, pour la grande cérémonie du Maha Shivaratree à Grand-Bassin. Vêtus de blanc, ils posent sur le lac des offrandes de fleurs qui dérivent avec leurs prières.
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L'arrivée au temple de Grand Bassin | Le lac sacré de Grand Bassin |
On sent ici une ambiance très mystique.
Lorsque nous y sommes passés, un prêtre officiait dans un des temples : il bénissait des fleurs que des pèlerins avaient posées sur l’autel. Nous accueillant avec chaleur, il nous a conviés à partager ses prières et nous a consacrés en apposant un point rouge sur notre front.
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Le prêtre et les divinités hindous accueillent chaleureusement les touristes | |
Dans un autre sanctuaire, des femmes allumaient des bougies qu’elles allaient ensuite déposer sur le lac, d’autres chantaient des cantiques avec ferveur…
Aux alentours, de nombreux singes macaques vivent de la nourriture des offrandes et escortent les visiteurs.
Plus à l’ouest en allant vers la côte, Chamarel est un petit village accessible par la route depuis Case Noyale ou à travers la magnifique route de Plaine Champagne.
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Les terres volcaniques de Chamarel, aux couleurs chatoyantes | |
Un officier français s’établit ici à l’époque où l’on y cultivait le cacao, la vanille, le poivre ou le café. C’était Antoine Chazal de Chamarel qui a donné son nom à la région. Depuis, de ces cultures, seul subsiste le café, fort renommé, d’ailleurs.
La terre des sept couleurs est un phénomène naturel constitué d’un lot de petits monticules de cendres volcaniques de teintes différentes, dues à différents oxydes minéraux, allant du rouge au jaune, de l’ocre au violet ou au bleu.
Somptueux dégradés de couleurs qui ne se mélangent jamais : même après une tempête, ces camaïeux se reforment spontanément !
Sur le chemin qui mène aux terres de couleurs on peut admirer des paysages magnifiques cascades, dans les gorges de la Rivière Noire, un des très beaux parcs naturels de l’île.
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Les cascades de la Rivière Noire, où volent les paille-en-queue | |
Les oiseaux "paille-en-queue" (Phaeton lepturus), joyaux emblématiques de l'île, tout blancs, nous survolent. On les reconnaît facilement aux deux plumes très allongées de la queue qui leur ont valu, autrefois, le surnom de "paille-en-cul".
Cet endroit peut être le départ de nombreuses randonnées vers la vallée, à condition d’être bien chaussé : la pente est parfois raide. Mais la végétation décline tous ses tons de vert, du plus foncé au plus tendre. Vert amande, épinard, olive, pistache, tilleul. Vert absinthe, vert bouteille, vert bronze, vert wagon ; vert émeraude, vert jade… suivant l’éloignement et la variété des essences.
Et l’oeil ne se lasse pas de les contempler !
Notre route nous mène enfin au cap Gris-Gris, face à l'Océan Indien. La vue, du haut des falaises, est splendide, car c'est la pointe la plus méridionale de l'île. La mer, devant nous, s’étend à l’infini.
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Au cap Gris-gris, l'Océan Indien s'étend jusqu'aux terres australes. | |
Le récif est tout proche et la plage, parsemée de coraux, est dangereuse, car les lames se brisent avec violence sur les rochers noirs. En effet, cap au Sud, à part quelques îles de plus en plus désolées, comme l’archipel des Kerguelen, s’étend jusqu’à l’ultime Antarctique
Mais les pêcheurs disent y trouver les plus beaux homards et les plus belles langoustes de l'île dont nous ferons nos délices !