Notre route nous mène maintenant à Labná, mot qui signifie « maison ancienne » en Maya du Yucatan. Les bâtiments sont sur la « route Puuc », aussi nommée « route blanche » ou « Sacbe », une voie pavée de pierres blanches bâtie par les Mayas pour traverser la forêt et relier les édifices d’un site à l’autre : Kabah, Labná, Sayil et, au final, Uxmal, nous offrant un magnifique panorama.
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Un dindon indigène | L'arc de Labna, à l'entrée du site |
Ces cités, associées, constituent un remarquable exemple de la structure socio-économique de la société maya à la fin de son règne (soit entre les VII° et IX° siècles, on a d’ailleurs trouvé sur le palais une date correspondant à l’an 862 de notre calendrier).
Une surprise amusante nous attend dans le bois qui mène à l’entrée : des dindons en liberté glougloutent et font la roue à notre passage, nous rappelant que le dindon est un volatile indigène.
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Nous passons de l'arc d'entrée... | A l'arc de la sortie du site ! |
Lorsque les conquistadors espagnols sont arrivés au Mexique en 1519, ils ont découvert qu'ils étaient déjà domestiqués depuis l’an 200 avant J.-C. dans la région de Tehuacan au Mexique. Leur nom scientifique est Meleagris gallopavo ou méléagride gallinacé, (gallus pour coq, et pavo pour paon, puisqu’ils ont la même façon de faire la roue…) Quant à son nom populaire, au début « poule d'Inde (occidentale)» il a donné « dinde » et « dindon »…
L’entrée et la sortie de la cité sont gardées par deux "Arcs de Labna", des portes monumentales en forme d’arcs de triomphe très ornés, dans le style Puuc de la période classique tardive : frises de serpents stylisés, grecques, niches alternant avec des grillages de pierre, comme des moucharabieh arabes
Outre les voûtes, le site, d’une taille assez réduite, abrite deux groupes de constructions, celui du Palais au nord, et du Mirador, au Sud.
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Le décor des frises en croisillons | Le palais de Labna |
Comme dans les autres sites de la région, un des dieux les plus représentés ici est Chaac (le dieu de la pluie), certainement en raison du problème d'approvisionnement en eau dans la région, qui dépend des eaux pluviales, puisqu’on n’y trouve aucune source. On reconnaît sa trompe dans les mascarons disposés aux angles du palais.
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Le temple du Mirador | Détail des mascarons du dieu Chaac |
Le Temple du Mirador repose sur une base pyramidale qui était partiellement restaurée lors de notre passage. Un passage intérieur permettait auparavant d’accéder à la partie haute du temple.
Il est orné d’une crête à claires-voies de 4 m de hauteur, formée de 5 files verticales d’orifices rectangulaires.
Comme il ne reste que cette crête et une pièce intérieure, l’ensemble est émouvant, de même que tout ce site qui baigne dans une sorte d’atmosphère mélancolique : est-ce dû au fait que nous y soyons seuls, sous un ciel un peu gris ?

