Sur la route, à 43 km de Oaxaca, nous visitons Mitla, fondé vers le X° siècle, lorsque Monte Alban fut délaissé pour des raisons encore ignorées...
Mitla, qui signifie " lieu de mort " en langue Nahuatl, est pourtant bien paisible. Le lieu, connu pour ses curieux palais, était jadis le grand centre du pouvoir et du culte des morts des Zapotèques et des Mixtèques.
Cinq complexes de bâtiments ont été dégagés dans cette vaste zone archéologique, très différents des autres sites que nous avons déjà vus par leur forme et leurs motifs ornementaux.
A Mitla, sur les bâtiments qui restent, on ne voit que des ornements de géométrie pure, jamais de figure humaine ou de représentation des dieux, et pourtant ces motifs stylisés symbolisent le Serpent à plumes.
C'est un appareillage de pierres taillées, en forme de tuiles de longueurs différentes, qui sont assemblées pour former 16 motifs abstraits traités en bandes continues, grecques, méandres, losanges et scalaires.
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Le Palais des Colonnes, à Mitla | Des grecques magnifiques |
Nous trouvons que le corridor du Palais aux colonnes contient les plus beaux motifs du site. Pour réaliser cette mosaïque de pierre, on a compté que les artisans avaient employé 100 000 pierres taillées…
C'est aussi un des rares bâtiments à avoir été construit avec des fondations anti-sismiques !
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Lecorridor du Palais | De magnifiques motifs |
Comme Monte Alban, Mitla a aussi été abandonné par ses occupants pour des raisons toujours inexpliquées…
A la sortie du site, le marché artisanal de Mitla nous attend, au pied de l’église San Paolo, qui a utilisé pour son édification un certain nombre des pierres mixtèques !
Le marché, tenu par des descendants de ces fiers indiens, nous offre, en plus des tee-shirts habituels, des tissages aux motifs traditionnels, des broderies, et aussi de jolies poupées en coton ou laine de couleurs vives, les "rebozos".
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A Mitla, que de tentations ! | L'arbre millénaire de Tulé |
Nous continuons notre route en car, longeant toujours les plantations d’agaves, et nous arrêtons au ranch Zapata, qui fabrique le Mezcal à partir de l’agave du même nom. Explications, dégustation. Et là, surprise : notre hôte nous fait servir un mets apprécié en ces lieux à l’apéritif : des sauterelles grillées ! C’est plutôt craquant qu’autre chose, et à notre avis, le goût vient plus du piment dans lequel on les a roulées que de la bestiole elle-même, mais enfin, c’est plein de protéines, donc bon pour la santé…
A quelques km de là, à Téotitlan, sur la place, l’élément remarquable est l'arbre de Tulé, un Sabino (une sorte de cyprès) de 2000 ans, haut de 40 mètres, sa ramure atteint 52 m. de circonférence, et son tronc 15 m de diamètre. On dit que c'est le plus gros arbre du monde...
Nous poursuivons notre voyage vers Oaxaca, capitale de l'état du même nom, à 530 km au Sud-Est de Mexico, toujours dans le pays montagneux des Zapotèques et des Mixtèques, qui y ont créé une grande civilisation entre les années 500 et 1500.
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Le ranch Zapata et ses tentations | L'alambic du Mezcal, Mmmm ! |
Oaxaca, située à 1 550 m d’altitude, est nommée aussi la ville de jade à cause du ton verdâtre des bâtiments, comme la Cathédrale Santo Domingo (1550 -1740), qui témoigne d’un style colonial baroque, avec une façade très ornée et deux tours massives.
Nous flânons au hasard des rues alanguies, à l'heure de la sieste. Quel contraste entre les trottoirs écrasés par le soleil, vides, et ceux à l'ombre, où cheminent indigènes et touristes.
Aux balcons, quelques surprises : lors du carnaval ou de la fête des morts, les fenêtres sont souvent ornées de gais squelettes bien vêtus, et les pâtisseries regorgent de bonbons-squelettes en sucre filé !
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La façade de Santo Domingo | Des rues écrasées de soleil. |
Pour les Indiens du Mexique, qu’ils soient Tzeltals du Chiapas, Chols, Mixes de Oaxaca, Chantals de Tabasco ou Mayas du Yucatan, la broderie traditionnelle, dont nous avons vu des exemples au marché de Mitla, représente «l’Art des 4 points cardinaux de l’univers».
C'est un univers qui est matérialisé par des losanges disposés en forme de maïs, de couleuvre, de dindon, de papillon, de plante à 5 épines, de la trace d’un coyote, d’un saint ancien… La broderie peut symboliser les lieux sacrés, la communion avec la nature : l’eau, les arbres, l’air, la Terre, l’héritage et la culture des ancêtres.

