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La Casamance, à l'extrême sud du pays, est beaucoup plus verte et plus irriguée que le Nord.
Elle s'organise autour du fleuve Casamance, long de 300 km, et de son delta, dans un dédale de ruisseaux, marigots, canaux, qui constituent souvent, d'ailleurs, la seule voie de communication possible entre les différents villages des îles du fleuve...
Les Sénégalais nomment la région "verte Casamance". Fait curieux, elle est séparée du reste du territoire sénégalais par la Gambie, ce qui donne l'impression d'un pays différent géographiquement...
Ziguinchor est la capitale de la Casamance. La ville, gaie et vivante, est composée de larges avenues bordées d'arbres longeant des maisons basses à colonnades, souvenirs du comptoir colonial ancien.
Chef-lieu de région, son marché et son port sont des centres d'activité animés et importants.
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Le marché et le port de Ziguinchor, très animés. | |
Le marché de Saint-Maur-des-Fossés, qui doit son nom à la ville française avec laquelle il est jumelé, possède un centre artisanal fameux pour ses bijoux en or, vendus au poids, quel que soit le travail réalisé sur le métal : martelage, gravure, ciselure...
On y rencontre, comme c'est étrange, une grande concentration de dames, Sénégalaises ou Européennes, qui communient dans le même amour de la parure !
Marie-France y trouve un pendentif ravissant : un petit baobab stylisé, aux lignes épurées, tout à fait contemporain.
On y trouve aussi des pagnes, tissés par les Mandjaks ou les Toucouleurs, ou des poteries en argile, travaillées par les artistes Diola : un paradis pour les acheteurs ! En cas d'achat, la discussion sur le prix se fait entre femmes, à l'abri du parasol, à voix basse... Une cérémonie secrète ponctuée de grands éclats de rire...
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Les discussions sont aussi animés entre humains qu'entre vautours, ici ! | |
Mais, en limite de la ville, une assemblée de vautours attendant les déchets dans un espace vierge et desséché par le soleil nous rappelle que nous sommes bien toujours en Afrique !
Nos incursions dans l'intérieur sont représentatives de la difficulté de voyager : nous avons dû circuler en pirogue, le long du fleuve, ou en 4x4, sur des pistes improbables en brousse, à travers la savane et les baobabs. L'île de Kachouane, par exemple, est à 50 minutes de Ziguinchor, mais ne s'atteint qu'en pirogue.
Nous y visitons l'école. Les enfants nous accueillent debout, récitent des leçons et des poèmes et nous montrent leurs travaux. Moment d'émotion devant leur soif d'éducation et la foi dans le progrès transmise par leur instituteur, malgré le peu de moyens dont il dispose.
De retour en France, nous lui enverrons des fournitures de base. Une jolie lettre et un dessin nous en remercient : les cadeaux sont passés dans les deux sens !
Nous déjeunons, au restaurant "Bocuse" (si, si !) d'un repas froid que nous avons apporté, et allons sacrifier à la nature comme les villageois, dans un trou en plein air, cachés (très sommairement) par 4 nattes de fibres tressées, pendant que les gamins du village, bien installés sur une proche éminence, commentent en gloussant la vue de nos derrières roses...
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Après le repas chez Bocuse (!), une petite danse digestive. | |
Ensuite, la détente : Les villageois se réunissent sur la place centrale du village, les musiciens apparaissent... Dans de grands éclats de rire, les femmes apprennent à Marie-France et à Michel une danse de la fertilité.
Nous quittons le village comme nous y sommes arrivés : à bras d'homme. Notre canot ne pouvant accoster, par manque de fond, on a voulu nous éviter de patauger dans l'eau stagnante et nous éviter ainsi tout risque de bilharziose. Une belle attention !
Une balade en 4x4 nous emmène en brousse, à la découverte d'autres horizons, tout aussi étonnants.
Pendant que leurs épouses travaillent aux champs ou à la maison, les hommes se réunissent pour palabrer sous les fromagers, arbres majestueux que nous avons retrouvés plus tard au jardin botanique de Rio de Janeiro. C'est avec ce bois qu'on fabrique de superbes portes sculptées.
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Au pied de son fromager, le Marabout nous attend. | |
Nous rendons visite au marabout qui nous offre, installé sous son arbre, prédictions, bénédictions et vin de palme après une ascension sportive de Michel "pour voir" la technique de récolte !
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Au pied de son fromager, le Marabout nous attend. | |
Mer tiède, air frais, soleil éclatant, le Sénégal offre dépaysement, diversité, chaleur et pittoresque. Les peuples qui s'y sont croisés lui ont apporté la richesse de leurs cultures et de leurs traditions.
Pays de dialogue et d'échange (de palabre, n'oublions pas la palabre !), on y a toujours été reçu avec gentillesse et attention. "Na delou si, diaram Sénégal !" (= "je reviendrai, vive le Sénégal", en wolof)

